Scarborough Fair : en quodlibet, fais ce qu’il te plait

Scarborough Fair : en quodlibet, fais ce qu’il te plait

20 juin 2022 0 Par Olivier - Ride Your Life
Temps de lecture estimé : 8 minutes
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« Scarborough Fair » est l’un des nombreux succès du duo légendaire formé par Simon & Garfunkel, une magnifique opportunité pour démarrer la série « Songs From the Attic » (« Les Chansons du Grenier »).
Et de placer un jeu de mots qui – si j’avais un soupçon de dignité – me pousserait à aller me cacher sous le tapis. Je suis heureusement dépourvu de cet embarrassant attribut quand il s’agit de placer des calembours.


– Youtube | Simon & Garfunkel / Scarborough Fair + Canticle –

Sommaire :


1- J’en viens à mon quodlibet
Tout tout, tu sauras tout sur le quodlibet.

2- Quelques mots sur la chanson
Oui tout de même.

3- Un exercice de style
Et un style d’exercice.

4- Parsley, Sage, Rosemary and Thyme
Where have you gone, young people?

5- Épilogue : Quodlibet ou pas ?
Ça s’appelle mettre la face B.

6- Happy Log
Oui je sais, c’est très fin.

7- Bonus track

Scarborough Fair : en quodlibet, fais ce qu'il te plait
– Ceci est une berceuse | Source : Image par Anne-Onyme de Pixabay –

1- J’en viens à mon quodlibet


Si je fais référence à un «quodlibet » (et ajoute « fais ce qu’il te plait » afin de sortir un de ces calembours dont j’ai le secret – parce que Wikipedia m’indique que quodlibet signifie « ce qu’il [te] plait » en Latin, langue que je parle couramment quand je ne dors pas assez), c’est parce que du temps jadis, la version de l’album – qui mixe deux chansons : « Scarborough Fair » et « Canticle », comme tu as pu le constater avec jubilation en l’écoutant.


Et là je cite l’ami Wiki :

« En musique, un quodlibet est une composition musicale combinant différentes mélodies en contrepoint. ».
– source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Quodlibet#Musique

Bon ben en matière de musique, le contrepoint c’est du contrepoint, point virgule ; et c’est une des bases de la musique occidentale dite savante.. J’suis pas musicologue, mais à un moment, appelons un chat un chat.
Ce mot (chat, pas les autres) est un indice concernant un prochain numéro de cette série, mais je ne t’en dis pas plus, teasing oblige. Allez, si, encore un indice : la chanson date de 1969, ce qui réduit fortement le champ des possibles.

Ce que j’avais appris, du temps jadis, c’est que cette version (proposée sur l’album et en 45 tours, je crois bien, mais en concert ça dépend, ça dépasse) était un quodlibet. Belle occasion d’apprendre un mot nouveau, moi qui en suis friand, presque autant que des M&M’s.

Et là, patatras, je vérifie sur Wiki, et bim, querelle de musicologues avec édition du truc et râles qui vont bien + conversations auxquelles je ne bite rien. Truc de sachants, tu vois.


J’m’en Fous

Alors au début, je me suis dit « eh merde, mon jeu de mots absolument savoureux tombe à l’eau ».
N’en étant pas à une forfanterie près, j’ai passé outre cette merditude et persiste en conséquence : c’est un parfait exemple de quodlibet, ainsi en ai-je décidé en solo (sans contrepoint).


2- Quelques mots sur la chanson Scarborough Fair


Enfin LES chansonS, puisqu’il y en a deux qui convolent en justes noces : Scarborough Fair et Canticle.


Scarborough Fair

Il s’agit – dixit Wiki – d’une reprise d’une ballade traditionnelle britannique, elle-même adaptée d’une chanson encore plus ancienne – The Elfin Knight, ballade écossaise du XVIIème siècle, nous emmenant en balade avec un seul L au pays des elfes, des lutins et des hobbits.

La chanson relate les défis lancés par un belle à son prétendant-beau, des défis similaire à la quête du pied de l’arc-en-ciel (en langage quelque peu grivois et familier, ça signifie qu’elle lui fait comprendre qu’il risque fort de se la mettre derrière l’oreille).

Paul Simon adapta l’adaptation (non, ça n’est pas lourd, c’est factuel) d’un certain Martin Carthy, et le crédit porté par ce bon Paul à sa propre intention agaça d’ailleurs Martin.
Ne nous mentons pas, le Paul se comporta tout de même sur ce coup-là comme un vil plagiste, y a pas à tortiller.
C’est courant dans le milieu de la musique, et pas que, mais voilà, Paul, je te le dis, t’as déjà une p’tite réputation de gars qui a le melon (enfin ça c’est quand tu étais jeune, nous allons dire), et là tu as péché, vil garnement.

Je t’absous de tes péchés en vertu de tes immenses services rendus à la chanson et à mes cours d’Anglois en 3ème, ma professeure de ta langue ayant eu la merveilleuse idée afin de nous éviter les sempiternels – et, osons bien le dire, chiantissimes – « where is Biran / Brian is in the kitchen » (et non pas is in the chicken, ça c’est autre chose, et répréhensible aussi bien par la moral que par la loi) – de nous faire étudier des textes de chansons modernes, notamment The Sound of Silence, chanson dont le texte provoqua en moi des vibrations qui m’agitent aujourd’hui .

Lecteur chéri, je sens bien que je nous éloigne tous deux légèrement du sujet, j’y reviens donc.

Passons donc à la seconde partie / chanson.


Canticle

Sur ce coup-là, Paul Simon n’a plagié que lui-même puisque ce p’tit bout de chanson qui tombe à contrepoint nommé est une adaptation d’une des ses propres compositions, cette fois-ci, à savoir la chanson The Side of a Hill, un hymne à la paix sur terre, la tolérance et l’amour universel entre les peuples (ok, je brode, c’était une chanson – disons-le clairement – résolument anti-guerre, ce dont nous ne saurions le blâmer), parue au sein de The Paul Simon Songbook, l’album que Paul Simon écrivit alors qu’il était parti gambader dans la campagne anglaise, trompant lâchement à cette occasion le pauvre Art Garfunkel. Qui ne lui en voulu point, puisqu’à son retour au pays des Ford Mustang, il réenregistra une bonne partie de son songbook avec son compère à la voix angélique au sein des albums The Sound of Silence et Parsley, Sage, Rosemary and Thyme. Nous reviendrons ultérieurement sur ces 4 jolis prénoms désuets.

Mais quel malin tu fais, Paul, en plus d’être un génie musical.


3- Un exercice de style


Paul Simon est un musicien dans le sens assez classique du terme, c’est à dire qu’il est un « technicien », amateur de recherche de compositions élaborées.

Autrement formulé, il a cette caractéristique qui m’emmerde profondément lorsqu’elle atteint son point paroxystique dans la musique classique.

Je suis un amateur de musique, simplement, ni musicien, ni musicologue, ni mélotruc. J’apprécie ce qui plait à mes oreilles, donc les exercices de style et l’intellectualisation de la musique, ça ne m’intéresse pas en tant que finalité.

Pour autant, quand cela donne un résultat qui plait à mes oreilles, j’apprécie, probablement sans le processus intello-analytique de la chose. Ça me plait, mon cerveau fait « youpi », et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Dans le cas qui nous intéresse – Scarborough Fair / Canticle – il s’agit bien d’un exercice de style, et il se trouve qu’il plait à mes oreilles, et pour tout te dire, lorsque j’écoutais la chanson auparavant, je ne prêtais pas attention au fait qu’il s’agissait d’un quodlibet (parce que c’en est un, right? :p).

Pour ce qui me concerne, c’est là qu’un exercice de style prend tout son intérêt (en tant qu’amateur de musique) : la finalité artistique et réfléchie n’empiète pas sur mon plaisir.


4- Parsley, Sage, Rosemary and Thyme, les héros de Scarborough Fair ?


Mais en voilà de jolis prénoms.
Me suis-je naïvement dit en écoutant la chanson.

En Français, cela donne :

Persil, Sauge, Romarin et Thym

Certes.


Comprends bien qu’au moment où j’ai réalisé cela, je me suis trouvé fort dépourvu quand la traduction fut venue, sans la moindre bise, d’ailleurs.

Moi qui en entendant le vers « Parsley, Sage, Rosemary and Thyme » m’imaginait 2 jeunes filles et 2 garçons qui gambadaient dans les verts pâturages, me voilà avec un bouquet d’herbes aromatiques.

Je dois bien t’avouer que des états-uniens qui parlent herbes aromatiques, je ne l’imaginais point.
Mécréant que je suis.


5- Épilogue : alors, Scarborough Fair, c’est un Quodlibet ou pas ?


Je ne pouvais décemment pas rester sur un tel doute limite hamletien – to be a quodlibet or not to be – et ai donc consulté diverses sources, ce qui me permet de te délivrer mes conclusions.
Ceci et en premier lieu par respect pour toi, cher lecteur, et également afin de ne pas subir les quolibets des musicologues.


Contrepoint, Medley et Quodlibet

Parce que dans une discussion organisée par des contributeurs de Wikipedia (si tu n’en as jamais lues, fais-le, parfois ça tourne à la baston verbale, mais sinon c’est assez enrichissant dans le domaine de la démystification et du traitement des idées reçues, des approximations et souvent des propos apocryphes), j’ai retrouvé tous ces termes. Et forcément, les contributeurs n’étaient pas d’accord entre eux, tu penses bien, histoire d’en ajouter à ma confusion.

Le contrepoint, j’ai capté le concept il y a un moment, mais disons que dans le cas qui nous intéresse (mais si ça t’intéresse aussi, si tu as lu jusqu’ici… nan ?), il s’agit d’une forme particulière de contrepoint, dans le sens où celui-ci est basé sur deux pièces musicales hétérogènes, qui n’étaient initialement point destinées à être mariées.

Ensuite, rustre et inculte que je suis, quand il y en a un qui a commencé à causer de medley, je me suis dit « pauvre sot, tu confonds tout, c’est pas ça un medley ».

Vérification faite, il se trouve que – historiquement parlant – si, c’est aussi une définition qui peut convenir, et j’ai été induit en erreur par l’acception moderne donnée au medley, à savoir des bouts de chansons (généralement de « tubes ») sont posés à la queue-leu-leu.
Je bats ma coulpe et fais acte de contrition, et suis bien content de n’être jamais intervenu dans ce genre de fil de discussion, ce qui aurait pour effet, pauvre fou que je suis, de me couvrir de ridicule, comme ils disent.

Donc, pour conclure ce chapitre : c’est un quodlibet, parce que voilà.


J’ai tenté ma chance en abreuvant de correspondances orales & écrites les conservatoires et école de musique de mon beau département afin d’avoir confirmation de mon point de vue sur la question.

Alors entre les mails qui tels un David Vincent en quête de raccourci ne trouveront jamais réponse puis la dame qui m’a gentiment répondu « bonjour, je suis Madame je-sais-plus-qui, directrice de mon état, que puis-je pour vous mon bon Monsieur ? » et qui ignorait tout du terme (et pas que), j’ai donc consulté un mien ami – Joris, vrai musicien qui ne se présente pas comme directrice – lui ai expliqué l’affaire, et il m’a dit « vas-y fonce, t’as bon » tout en m’expliquant qu’au cas où je me ferais pincer, il nierait l’existence même de notre conversation.

Tu l’auras compris, j’ai bon, c’est bien un quodlibet, et crois-moi bien que j’en ai chié pour en arriver à cette conclusion tout à fait triomphale.


6- Happy Log


Tu vas rire – j’en suis convaincu – mais j’aurais pu tout autant titrer cet article ainsi : en Medley, fais ce qu’il te plait.

En plus, phonétiquement, ça passait crème.


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7- Bonus track


– Youtube | John Miles / Music –

Me concernant, mon premier amour, ça a été ma Moman, comme pour beaucoup d’entre nous.
Et puis est arrivé mon Fiston.
Aucun n’a détrôné l’autre. C’est juste la vie qui nous enrichit.

Mais la musique, pfiou… c’est ma maîtresse. Sûrement la première ; pour ce qui est d’être la dernière, j’suis encore trop jeune à mon goût pour dire cela, mais elle le restera toujours…


Voilà mes Loulous, The time has come / A fact’s a fact, ça n’est pas de moi, c’est d’un chanteur ex-ministre de l’écologie au pays des kangourous.

Bisous 🙂

Olivier, depuis son grenier.

(clique sur le lien, il y a une superbe photo de grenier et tout plein d’explications ainsi qu’une jolie chanson qui me rappelle un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître).


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Crédits :

Illustration principale : Image par David Mark de Pixabay
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Aucun quodlibet n’a été maltraité à l’occasion de la rédaction de cet article


Sources documentaires :

Wikipedia



Auteur de l’article :

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