Cherchez le Garçon de Taxi Girl

Cherchez le Garçon de Taxi Girl

21 septembre 2022 0 Par Olivier - Ride Your Life
Temps de lecture estimé : 5 minutes
Bookmark

No account yet? Register

« Cherchez le Garçon » de Taxi Girl : le plus grand succès du groupe en matière de ventes de singles, et chanson signature du groupe. Ce titre est assimilable à un One-Hit Wonder.

Retour sur la chanson et sur un groupe qui fut une belle promesse, gâchée par les aléas parfois dramatiques de la vie et du show-bizness.


Sommaire :


1- La chanson

2- Taxi Girl
L’histoire d’un groupe précurseur de la new-wave française, et ne nous mentons pas, très chat noir.

3- L’album Seppuku
Taxi Girl peut donc se targuer d’avoir eu un single one-hit wonder, et un album one-hit wonder.

4- Bonus tracks


1- La chanson Cherchez le Garçon


– Source : Youtube | Taxi Girl / Cherchez le Garçon –

Et voilà LE plus gros succès de l’un des tous premiers – si ce n’est LE premier – groupe français de New-Wave.

Tout y est : une ligne mélodique (simple – surtout en apparence – mais redoutablement efficace) à coups de synthétiseur, pas de fioritures instrumentales, de solo de guitare alambiqué, de flonflon et un texte énigmatique (ça rime avec magnétique, tiens).

Un très joli succès à la clef, avec 300 000 copies écoulées, et en outre, une grosse diffusion à la radio et une présence à toutes les boums (ne te moque pas, ça s’appelait ainsi de mon temps) de l’époque.


2- Taxi Girl : le groupe de New-Wave façon chat noir


Si je parle de « chat noir », c’est parce que Taxi Girl a connu pas mal d’aléas et son lot de drames, à commencer la mort très précoce de son batteur, Pierre Wolfsohn, réduisant l’effectif à 4 personnes au bout de 2 ans d’existence.

L’histoire du groupe et de ses membres me semble assez sombre, et pour tout te dire, m’évoque dans une certaine mesure celle de Joy Division, à cela près que les « suicides » du chanteur – Daniel Darc – et du compositeur et claviériste – Laurent Sinclair – auront été bien plus longs (voir Daniel Darc sur scène les dernières années était – je l’avoue – une douleur, probablement autant pour lui que pour le public, resté fidèle malgré tout), là où Ian Curtis aura malheureusement pris un raccourci, en mettant fin à ses jours avant même d’avoir 24 ans.

Pourtant, Taxi Girl comptait de nombreux atouts dans sa manche : une collaboration avec Andy Scott – grand complice artistique de Daniel Balavoine (attends de découvrir le bonus track de cette page pour voir comment j’retombe sur mes pattes) et ayant collaboré avec Jean-Michel Jarre – et Jean-Jacques Burnel (le bassiste karatéka franco-anglais de The Stranglers).

Et de vraies qualités de musiciens tournés vers l’efficacité, très à l’aise avec les technologies émergentes et la production de son efficace (cf. la carrière de producteur de Mirwais).


3- L’album Seppuku


Autre point remarquable dans l’histoire de Taxi Girl : l’album Seppuku du groupe s’est écoulé à 50 000 exemplaires.

Sur la fiche Wikipedia, je peux lire « ce disque ne connaîtra pas de véritable succès (à peine 50 000 exemplaires) ».
Mmmmm… « 50 000 exemplaires », cela va tout de même bien au-delà du succès d’estime et le « à peine » me semble assez mal venu, en fait (et aurait souvent fait la joie des maisons de disques de certains artistes plus en place).

Une belle performance, d’autant qu’il n’y a eu qu’un single extrait de cet album – Les armées de la nuit – et que celui-ci n’a pas bénéficié d’une promotion importante, ni d’une diffusion radio comparable à celle de Cherchez le Garçon.

Plus qu’honorable, je trouve, surtout pour un disque autoproduit par le label du groupe (même s’il y avait derrière le géant Virgin). Ça nous fait tout de même un demi disque d’or (ben quoi, ça n’existe pas le demi disque d’or ?), et concrètement un disque d’argent (selon la certification établie ultérieurement).

Ce disque a d’ailleurs trouvé une reconnaissance (tardive, peut-être) de la part du milieu musical : « Seppuku est classé 5e meilleur album français de tous les temps d’après le magazine Les Inrocks » (merci pour l’info, Wikipedia).

Un titre et un album assez révélateurs de l’état d’esprit du groupe, et j’en reviens une fois encore au parallèle avec Joy Division : sous des airs parfois brillants voire guillerets, Taxi Girl a proposé une vision sombre de son époque et de notre monde. Pour ne pas dire désespérée.
À tort ou à raison, à chacun d’interpréter si le verre de notre Humanité est à moitié plein ou à moitié vide.


4- Bonus tracks


Une interview de Laurent Sinclair, l’âme créative de Taxi Girl.

– Source : Youtube | Interview de Laurent Sinclair par Alain Maneval (1982) –

Il avait à peine 21 ans et avait déjà – avec ses copains du groupe – créé un label indépendant et était en outre vachement lucide et malin, en sus de ses talents de compositeur et de musicien.

Les dissensions entre Mirwais et Laurent mèneront malheureusement ce dernier à prendre la porte (tout poussé qu’il y a été par les 2 derniers membres de la formation d’origine), ce qui ne fera que précipiter la fin du groupe (oui, artistiquement parlant, c’est plutôt parti en yecou après son départ, ne nous mentons pas).

Entre ça et la came, voilà encore une triste histoire de gâchis au sein d’un groupe pourtant prometteur et non dénué de talents individuels (poil à la litote).
Mais le collectif était tout aussi important et avait malheureusement déjà commencé à prendre l’eau suite au décès de Pierre Wolfsohn. Le reste, c’est the fuckin’ history.

Sometimes, shit happens, so badly


– Source : Youtube | Taxi Girl / Paris –

J’ai parlé de texte énigmatique (pour la rime avec magnétique) concernant le tire Cherchez le Garçon.

Là nous changeons de galaxie, avec un texte qui peut être lu et relu de nos jours, avec notamment ce passage :

« Hé ! mec !
Mec, comment t’épelles Paris ?
Paris ? P-A-R-I-S
Non, non, non, non, non
Paris, ça s’épelle M-E-R-D-E
»

qui nous rappelle l’insalubrité croissante au sein de notre belle (pour combien de temps encore ?) capitale (que les rongeurs invasifs soient des rats ou des campagnols) notamment en raison des problèmes récurrents liés à une gestion calamiteuse de la collecte de déchets (bon courage pour les JO de 2024 – s’ils ont lieu).

Taxi Girl aborde également les problèmes de la drogue (le crack en l’occurrence) tellement facile à trouver (certes, ça ne se limite pas à Paris, mais là, la chanson parle de Paris, donc voilà), de la zone (au sens de zoner, faute de mieux), du désœuvrement d’une partie de la jeunesse, de la pollution…

Tableau assez sombre de notre belle capitale, mais finalement tristement réaliste (ou prophétique) en 2022 (sauf sans doute dans les quartiers ultra-bobos – mais n’ayez crainte, ça va arriver sous vos fenêtres également), texte très « no future » – on sent la filiation punk.

Comme quoi, même s’ils avaient hélas succombé aux tentations de la came, ils n’en étaient pas moins lucides et avaient envoyé ce message qui nous revient tel une capsule temporelle.

Fuckin’ brilliant, les gamins, tout de même.


Verdict :

One-Hit Wonder ou titre signature du groupe ?

J’ai bien envie de répondre : les deux.

Si tu ne connaissais pas Taxi Girl et que cette découverte t’a plu, n’hésite pas à le faire savoir via un commentaire (descends encore un moment, tu verras, c’est presque tout en bas de l’article).


Bisous mes chéris, et à bientôt 🙂

Olivier



À lire également sur RYL :



La Série Songs From the Attic :

Pour voir tous les articles, c’est par ici >>



Crédits :

Illustration principale : Image par lisa runnels de Pixabay
Musique et vidéos : Youtube et les ayants droit
Les sociétés, personnages et marques cités demeurent l’entière propriété de leurs détenteurs respectifs


Sources documentaires :

Wikipedia



Auteur de l’article :

Cherchez le Garçon de Taxi Girl
Les derniers articles par Olivier - Ride Your Life (tout voir)