Billy Idol | Sweet Sixteen | AdUC | Épisode 2

Billy Idol | Sweet Sixteen | AdUC | Épisode 2

19 novembre 2021 0 Par Olivier - Ride Your Life
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Billy Idol | Sweet Sixteen : parce que derrière cette chanson sucrée du rocker peroxydé, il y a une belle histoire.


Coucou mes Loulous,

Pour ce qui concerne la Musique, c’est la même que pour le manger : j’apprécie aussi bien le salé que le sucré.

Au travers de ce billet, nous allons donc causer de sucré, mais également d’un château mystérieux bâti par un amoureux éconduit.

ATTENTION : si tout comme moi, tu es une âme sensible, tu risques d’avoir envie de faire l’amour tout nu en lisant ce billet, et/ou de chouiner.


Sommaire du Billet Billy Idol | Sweet Sixteen | AdUC | Épisode 2 :


1- Billy Idol | Sweet Sixteen : la vidéo officielle

2- Billy Idol | Sweet Sixteen : la vidéo live qui en dit plus…

3- Billy Idol est-il un mytho ?

4- Le Château de Corail / The Coral Castle

5- Le(s) mystère(s) du Coral Castle

6- Au-delà des supputations autour des méthodes utilisées par Edward Leedskalnin


1- Billy Idol | Sweet Sixteen : la vidéo officielle


Parce que s’il y a une histoire autour de la chanson… ben il y a une chanson.

Peut-être ne la connais-tu pas, et comme RYL est un webmag’ (over-pété) culturel, action magnéto !


– Source Youtube | Billy Idol / Sweet Sixteen –

2- Billy Idol | Sweet Sixteen : la vidéo live qui en dit plus…


Si tu as écouté & visionné la vidéo officielle – postée juste précédemment – tu as un petit indice concernant l’histoire autour de la chanson. Au tout début de ladite vidéo.

Histoire d’en remettre une couche, je te propose une version live à l’occasion de laquelle Billy explique ce qui l’a motivé à écrire cette chanson, et nous raconte une jolie histoire.


– Source : Youtube | Billy Idol / Sweet Sixteen –

Billy consacre près de 3 minutes à discuter de la chose : le Coral Castle (Château de Corail en bon François), bâti à la main par Edward Leedskalnin durant près de 30 ans.


3- Billy Idol est-il un mytho ?


Vers 2m15s, Billy parle des visites guidées organisées par Ed (Edward Leedskalnin), le grand architecte et unique ouvrier, puis il enchaîne sur une formule (à la Billy, avec toute la palette de mimiques qui réjouit son public), une question qu’il aurait posée à Ed himself :

« Hey hey, what the fuck did you build this place for?! »

Ce qui signifie sensiblement : « Mais mon bon Monsieur, une question me brûle les lèvres : pour quelle raison mystérieuse avez-vous bâti ce superbe château, qui – vraiment, croyez-moi – est tout à fait magnifique ? »…

Bon ok, c’est plus « Mais bordel, pourquoi as-tu construit cet endroit ?! », mais Billy est un poète timide, timidité qu’il surpasse en usant d’un langage fleuri.

Ce à quoi, toujours selon ses dires, Ed himself lui aurait répondu (en le regardant droit dans les nyeux) « It’s for my sweet sixteen ».


Il y a cependant un léger bug…

Billy est né en 1955… et Ed est mort en 1951.

D’où ma question : Billy Idol serait-il – à l’instar de l’inénarrable Steven Seagal – un gros mytho ?

La réponse est simple : en aucun cas.

Non, je ne vais pas t’expliquer un truc bidon quantique à la Interstellar.

Il se trouve que Billy est un poète, et donc qu’il embellit (légèrement) ses histoires. Tel un Tom Carbone (je t’en causerai un de ces jours – PAF ! C’est fait – voir lien).

Alors oui, il arrange l’histoire à sa sauce. Et on s’en cogne, ça passe très bien.
Moi j’suis fan, pas historien :p


4- Le Château de Corail / The Coral Castle


Oui, c’est la vedette bis de ce billet.


Edward Leedskalnin | Le créateur du Coral Castle

Ed est un citoyen Lituanien né en 1887 parti s’installer aux USA en 1912, à l’âge de 25 ans (environ, hors-taxes – les éléments de sa bio ne sont pas très clairs à ce sujet) puis naturalisé États-Unien par la suite (ou par la sweet ? Ok, je sors).

Si ce bon Ed a quitté son beau pays pour poser ses valoches chez les buveurs de sodas, c’est suite à une douloureuse rupture sentimentale.

Contrairement à ce que chante MC Solaar dans « Caroline » – « Mais à la suite d’une douloureuse déception sentimentale / D’humeur chaleureuse je devenais brutal », Ed ne devint pas brutal, mais il s’en trouva dévasté.

Il était en effet fiancé à une jeune compatriote – il avait 25/26 ans, elle en avait 16, mais la veille du mariage, la belle a comme qui dirait oublié de se rendre à la cérémonie.
Pas un mot, pas un SMS, pas une carte postale, kedale.

Le cœur brisé, Ed quitta donc son pays natal, afin de se donner le courage de surpasser cette épreuve en commençant une nouvelle vie, dans un nouveau pays.

Oui je sais, c’est beau. Je t’avais prévenu que tu allais peut-être chouiner en lisant ce billet.

Son aventure états-unienne eut 2 conséquences principales : la contraction d’une tuberculose sévère, dont il se serait remis spontanément, et la construction de l’œuvre de sa vie : le Château de Corail / The Coral Castle.


Billy Idol | Sweet Sixteen | AdUC | Épisode 2
– Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Edward_Leedskalnin,circa_1910(cropped).jpg / Photo d’Edward Leedskalnin –

La construction du Château de Corail / Coral Castle

Cet étonnant – et magnifique – édifice a connu plusieurs phases.

Tu pourras lire çà et là que la construction a duré de 1923 à 1951 (année de la mort de son créateur).

L’histoire veut que la construction ait débuté en 1923, en Floride (Ed avait choisi de quitter le nord des USA pour la Floride, en raison d’un climat plus clément, moins défavorable à son état de tuberculeux), plus précisément à Florida City.

En 1936, en raison d’un important développement urbain de cette ville (Ed voulait plus de tranquillité), Ed décide de… déménager son château. Rien que ça.

La seconde destination fut Miami, très précisément au 28655 South Dixie Highway.

Ah ben non, faut pas accepter un poste de facteur aux USA si on te dit « c’est facile, t’as qu’une route à parcourir. En vélo »…

Ne va pas croire qu’Ed a pris son annuaire téléphonique et a contacté les déménageurs du coin.

Déjà, il n’avait pas le téléphone, et puis déménager un château, ça ne rentre pas trop dans le champ des possibles d’un déménageur.

Nous allons maintenant aborder la question du « mystère » entourant la construction (et le déménagement) du Coral Castle.


5- Billy Idol | Sweet Sixteen | Le(s) Mystère(s) du Coral Castle


T’as vu ça ? Tel un John McEnroe ou un Stefan Edberg, j’te fais un enchaînement service-volée comme qui rigole…

Oui, le Coral Castle est entouré d’un mystère, un genre de brouillard à l’image de celui de la rase campagne angloise.


Mais quel est donc le mystère mystérieux qui enveloppe de son halo magnifique le Coral Castle ?

Si tu trouves qu’avoir consacré près de 30 ans à la construction – et à l’embellissement – d’un château, ça fait beaucoup, voici…


Quelques chiffres et données complémentaires :

  • Ed a construit le Coral Castle tout seul.
    Il a tout mis en oeuvre pour que personne ne puisse assister à la construction, même si la légende veut que certains témoins aient assisté à des opérations. Ces témoins ont contribué à la légende, expliquant qu’Ed semblait manipuler les roches avec une grande aisance.
  • Le poids total des éléments qui constituent l’édifice avoisine les 1 000 tonnes.
    Tu pourras lire – notamment sur le site officiel « 1 100 tons », mais il s’agit en fait d’une unité anglo-saxonne – la « short ton », qui correspond à 2 000 livres (l’unité de mesure de poids, pas la monnaie des mangeurs de fish’n’chips), ce qui correspond à moins d’une tonne, en fait.
    Je sais, tu es content d’apprendre tout cela :p

Oui, les anglo-saxons ont du mal à passer au système métrique et aux unités de mesure de poids européennes…
Mais ça arrive, petit à petit…

  • Malgré un nom trompeur, le Coral Castle n’est pas fait… de corail.
    Il est essentiellement constitué de roches calcaires et d’Oolithe assemblées à l’aide de mortier.
  • Le Château de Corail ne s’est pas toujours appelé Coral Castle.
    Au tout début, Ed l’avait tout simplement appelé « Ed’s place », puis « Rock Gate ».
    Le nom de « Coral Castle » sera finalement attribué par les exploitants (l’histoire de la succession et des rachats successifs est délicate) actuels, qui en ont fait un genre de parc d’attraction, d’ailleurs nommé dans un premier temps le Rock Gate Park.
  • Billy évoque les visites guidées pour 25 cents.
    Au départ, Ed demandait une participation de 10 cents. C’est suite au déménagement du château qu’il demanda 25 cents. Somme dont ils dispensaient les visiteurs qui disaient ne pas avoir d’argent.
    Il était comme ça, Ed. Désintéressé.

Pour en savoir plus, voir les Sources Documentaires.


Et ce(s) mystère(s), alors ?

Je comprends, tels la compagne qui s’envole et l’enfant chantés par Jacques Higelin dans « Pars », tu es impatient.

C’est drôle, quand il joue, il est comme toi…. Impatient…

Il y a une aura de mystère entretenue par certains autour de la construction – et également du déménagement – du Coral Castle.

La raison en est simple : Ed a transporté, manipulé et assemblé environ 1 000 tonnes de minéraux afin de réaliser l’œuvre de sa vie. Tout seul.


Edward Leedskalnin maîtrisait-il la lévitation ?

Non mais ne rigole pas ainsi steuplé… La question a été soulevée (tout comme les roches)…

« In fact, there’s a story that Ed used to levitate the blocks […] », nous dit Billy, vers 1m23s durant la vidéo live.

Il faut en revenir une fois encore au volume et au poids des roches manipulées par Ed.
Forcément, cela interroge, et amène certains à envisager que ce bon Ed ait pu faire appel à des techniques pas vraiment reconnues par les observateurs rationnels (concept assez subjectif).

Bien entendu, l’explication peut sembler fantaisiste, et cela n’a pas manqué, il y a eu de la démystification autour de ce sujet.

Moi j’aime pas les démystificateurs, ce sont des briseurs de rêves…

Les explications rationnelles remontent à l’enfance d’Edward.
Son père lui aurait enseigné les rudiments de la maçonnerie (n’oublie jamais la cédille du c quand tu écris ce mot), et Ed aurait été un enfant et un adolescent très curieux, dévorant de nombreux ouvrages abordant des thèmes divers.

En outre – pour entretenir la légende, il s’est intéressé de près au magnétisme ; il prêtera d’ailleurs sa guérison spectaculaire de sa tuberculose à l’utilisation d’aimants, à des fins curatives.


Edward a-t-il contribué à cette légende ?

Donc. En fait. Précisément.

De ce que j’ai pu lire, rien n’atteste du fait qu’Ed ait directement mentionné avoir fait appel à la lévitation.

Il a plus simplement entretenu un certain secret autour de la construction de son édifice.

Quand certains l’interrogeait concernant la manière dont il avait manipulé tous les blocs constituant son ouvrage, il avait l’habitude de répondre « I understand the laws of weight and leverage and I know the secrets of the people who built the pyramids » – en Français : « Je comprends les lois de la pesanteur et je connais les secrets des bâtisseurs des pyramides égyptiennes » (le « laws of weight » fait notamment référence aux travaux de Newton autour de la gravité, et les lois en découlant, autour du thème « Poids, Masse et Gravité »).


Et Billy Idol et la « Sweet Sixteen » dans tout cela ?

Oui, revenons un moment à notre rocker blond peroxydé.

Le texte de la chanson est empli de lignes qui évoquent l’histoire d’Edward – et de sa rupture avec sa dulcinée, Agnes Skuvst (ou – selon les sources – Scuffs).

Concernant lesdites paroles, tu peux les trouver aisément à l’aide de ton moteur de recherche préféré.

Ce n’est pas faute d’avoir voulu te poster un lien convenable avec 2 versions (VO en Anglois et traduction en Français), mais il se trouve qu’au niveau des traductions proposées, c’est… comment te dire… the fête of the slip, vois-tu.

Un morceau choisi :

« Someone built a candy brain / And filled it in », qui devient « Quelqu’un a construit un cerveau en bonbon / Et l’a fourré »
– Source : https://muzikum.eu/en/billy-idol/sweet-sixteen-2-lyrics-french-translation –

L’a fourré ?! Chenapan !

T’es sérieux ?! « L’a rempli », ça prêterait beaucoup moins à confusion, vu le contexte de la chanson, enfin je trouve…

Fin’ bref, les traductions littérales (plus le choix des mauvais mots) aboutissent à des œuvres d’art absolument énormes.
Donc si tu ne maîtrises pas l’Anglais, sache que je décline toute responsabilité quant aux traductions proposées que tu ne manqueras pas de trouver…

Alors oui, je me moque, mais je ne t’en propose pas une de mon cru pour autant…
C’est parce que je me suis mis un instant dans la peau d’un critique, et t’sais ce qu’on dit des critiques…

Mais voilà, le texte ne laisse aucune ambiguïté : Billy relate l’histoire de l’amoureux éconduit.


Agnes ne s’appelait pas Agnes

L’amoureuse éconduite, Agnes Skuvst / Scuffs, eh bien figure-toi qu’il semblerait qu’elle ne s’appelait pas vraiment ainsi.

En fait, elle s’appelait Hermīne Lūsis. Semble-t-il, une fois encore.
J’ai appris cela en menant une enquête velue de chez velue, j’te dis pas, un truc de ouf.

C’est l’excellent Wikipedia version angloise – plus fourni sur le sujet – qui me l’a appris, en fait :p

Alors pourquoi donc Edward aurait-il mentionné un « faux nom » en parlant de sa dulcinée ?
Sans doute afin de préserver son anonymat… ainsi qu’un certain secret.

La légende, encore la légende. Ou pas.


6- Au-delà des supputations…

autour des méthodes utilisées par Edward Leedskalnin.


Qu’Edward ait bâti son château en utilisant des moyens tout à fait conventionnels ou en utilisant des moyens tels que la lévitation, c’est s’intéresser à un mystère qui cache le véritable prodige.

Nul doute qu’Ed ait en partie contribué à sa propre légende en répondant parfois vaguement aux questions qui lui étaient posées, sans pour autant – et aucunement, d’ailleurs – explicitement parler de lévitation.

Ceux qui ont parlé par la suite de lévitation, de télékinésie et autres moyens non conventionnels et non reconnus par la science du visible (résumé : « j’vois pas, j’comprends pas, donc ça n’existe pas ») ont peut-être été poussés par leur poésie (oui j’ai envie de parler de poésie à gogo au sein de ce billet), et plus encore par le besoin de croire en l’extraordinaire, dans la transcendance.

Le XXème siècle, plus que tout autre, a connu – notamment en Occident – son lot d’éloignement de toute croyance en l’invisible, incluant la religion et une partie importante de la spiritualité (à part les trucs du genre conneries new-age*).
Cette mise au rebut par les milieux autorisés du monde de l’invisible induit des dérives bien plus terribles que celles qu’elle était supposée combattre, au passage.

Pour beaucoup d’entre nous, souvent à notre insu, cette tendance nous a laissés en quelque sorte orphelins, nous privant de l’idée de quelque chose de plus haut.

Toujours est-il que l’univers ne supportant pas le vide, voilà, donc, hein, faut pas chercher plus loin.


Digression sur le thème des Conneries New-age

* Les conneries new-age, consistent dans l’adoption plus ou moins spontanée et un brin wizzzzzzzz de croyances & pratiques venues d’ailleurs par des hordes de bobos en mal de transcendance.
Croyances et pratiques exotiques qui deviennent sexys à leurs yeux, d’un coup, sous l’impulsion d’un gourou en mal de vente de ses livres magnifiques sur l’incroyable éveil des esprits suscité par la découverte émerveillée du lamaïsme tibétain, du tantrisme à la sauce occidentale, de la vénération de divinités qui lavent plus woke que le woke lui-même etc..
Enfin j’te développerai tout cela un de ces jours, selon la formule consacrée…
Puisque je te dis que l’univers ne supporte pas le vide…

*** Fin de la digression ***


Je te le concède, je me suis quelque peu éloigné du sujet de ce paragraphe qui est donc : le vrai prodige accompli par Edward.

The fuckin’ true prodigy behind the story !

Billy lui-même n’aurait pas mieux dit :p

Parce qu’à mes yeux, le vrai prodige dans tout cela, ça n’est pas d’avoir utilisé telle ou telle méthode de construction.

Le vrai de vrai, de prodige, de miracle, si dérisoire qu’il puisse sembler à certains, c’est qu’Edward, depuis sa rupture avec sa Sweet Sixteen, a passé l’essentiel de sa vie à concevoir, créer, bâtir et étendre cet incroyable édifice.
Près de 30 ans de vie austère et simple pour élever son Taj Mahal à lui, tout seul, à la gloire d’une princesse qui ne devint donc jamais sa reine.

Et ça, que veux-tu, je le dis sans hésiter, ça me remue.


La zebi mes Loulous 🙂

Olivier



Crédits :
Illustration Principale : Image par Michelle Raponi de Pixabay

Vidéos & Musique : Youtube et les ayants droit
Et, une fois encore, l’ami Wikipedia, le site qui est au web ce que Nelson Montfort est au commentaire sportif : il cause beaucoup, et dans tout plein de langues


Sources documentaires :

https://coralcastle.com/. Il s’agit du site officiel des exploitants actuels
Et Wikipedia, bien entendu.


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