Marie de Cat Mother

Marie de Cat Mother

20 août 2022 4 Par Olivier - Ride Your Life
Temps de lecture estimé : 7 minutes
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En 1969, les états-uniens de Cat Mother & the All Night Newsboys (oui, j’ai raccourci leur blaze pour le titre sinon y a Google qui couine et me dit que c’est trop looooooonnnnnng…) proposent leur premier album studio : The Street Giveth… and the Street Taketh AwayLa rue donne… et la rue reprend »), dont est issue cette pépite que je propose aujourd’hui à tes oreilles qui en seront tout émerveillées : Marie.

Mais si…


Sommaire :


1- La chanson
Voui, c’est tout de même mieux de te la proposer (t’sais, rapport à l’émerveillement de tes oreilles délicates & gourmettes).

2- Le texte de la chanson
En quasi exclusivité mondiale.

3- De quoi qu’ça cause ?
De Marie !
C’est qui Marie ? Celle qui ne prend pas l’taxi mais qui fricote avec les soldats.

4- Bonus track
L’adaptation en Français par Joe Dassin.

5- Joe Dassin & family
Parce que sans Joe, pas d’adaptation en Français.
Et que le bonhomme était exceptionnel, en outre.

6- Remerciements
(Et ingratitude de ma part).

Ci-contre, la pochette de l’album « The Street Giveth… and the Street Taketh Away », dont est extraite la chanson du jour.

Marie de Cat Mother
– Source : capture d’écran Youtube –

1- La chanson Marie de Cat Mother & the All Night Newsboys


Ouaip, sans plus attendre…

– Source : Youtube | Cat Mother & the All Night Newsboys / Marie –

J’vais pas te raconter d’histoire, j’adore.

Le piano bastringue, la guitare jazzy et tout le toutim, ça envoie du bois.

D’un autre côté, si ce n’était pas le cas, ben y aurait pas cet article sur RYL, nous sommes d’accord.

L’album The Street Giveth… and the Street Taketh Away dont le titre Marie est extrait a été co-produit par un certain Jimi Hendrix, le groupe et le guitariste overpété ayant à l’époque le même manager.

Au niveau background, Roy Michaels – l’un des 2 co-fondateurs de Cat Mother – avait notamment joué avec Stephen Stills. Ouaip, rien que cela.

Donc, nous avons affaire à du lourd, pour un groupe qui me semble assez peu connu au sein de not’ beau pays.


2- Le texte | The damn lyrics of Marie by Cat Mother


IMPORTANT / DISCLAIMER:
RYL n’est pas détenteur des droits liés à ces paroles et nous ne diffusons celles-ci qu’à des fins artistiques et de divertissement.

Et pour le bien-être de l’humanité, cela s’entend…

Auteurs / compositeurs : William David Chin, Larry Packer & Bob Smith.


Paroles de la chanson Marie de Cat Mother :

Have you seen Marie?
As she walks through the streets of the city
She’s pickin’ flowers
She’s passing hours
And she laughs with the solders in the square

Well have you seen Marie?
As she walks through the streets of the city
She’s wearing flowers
She’s passing hours
And she flirts with the soldiers in the square

Have you seen Marie?
As she walks through the streets of the city
She’s selling flowers
She’s begging chocolate
And she bargains with the soldiers in the square

Have you seen Marie?
As she walks through the streets of the city
She’s old and worn
Her dress is torn
And she laughs with the soldiers in the square


Merci à Karine, Théophane et Claire pour leur aide précieuse 🙂

J’en recause au sein du chapitre Remercietudes.


3- De quoi qu’ça cause ?


De Marie, donc.

Mais que lui arrive-t-il à cette (petite) Marie, hein, d’abord ?

Au premier degré, nous entendons (ou lisons) l’histoire abrégée d’une femme, d’abord toute jeune, qui déambule dans les rues et fréquente avec assiduité des soldats.

La petite Marie vieillit, si bien qu’à la fin, ça donne She’s old and worn / Her dress is torn | Elle est vieille et flétrie / Sa robe est déchirée. Mais elle continue encore et encore (c’est que le début, d’accord, d’accord…) à voir les soldats et à batifoler avec eux.

Jusque là, ce portrait citadin d’une femme à travers différentes époques de sa vie, c’est bien gentil, mais hein, bon, voilà quoi…

Alors en lisant entre les lignes, disons que la Marie, elle peut-être une femme aux mœurs légères, pour ne pas dire qu’elle vend comme qui dirait son cul aux soldats.

Je sais, dit ainsi, ça n’est pas très élégant.


Une version de Cendrillon à mi-chemin entre le conte de Charles Perrault et la version de téléphone

Son histoire tient en effet plus de Cendrillon version Téléphone que du conte de Charles Perrault (qui se serait inspiré de Giambattista Basile, me susurre Wikipedia), mais c’est tout de même moins hardcore.

Après, il y a un détail qui me titille, pour ne pas dire qui suscite ma plus grande curiosité, à savoir le fait que pour la chanson, c’est la graphie « Marie » qui est retenue, et non pas « Mary », sa version anglo-saxonne.
Pourquoi ce choix ?
Ben tu sais quoi ? J’en sais rien.

Mais y a un truc qui me laisse penser que les gaziers, ils parlent peut-être d’une certaine Marie-Jeanne, AKA Marijuana en Español en el texto.
J’sais pas trop, ça doit être le truc des fleurs et du chocolat, c’est pas clair c’t’affaire.


4- Bonus track


Comme indiqué au sein du sommaire (tu lis le sommaire, hein ?), le bonus track du jour, c’est l’adaptation de cette chanson en Français par Pierre Delanoé pour Joe Dassin : « C’est la Vie, Lily ».

– Source : Youtube | Joe Dassin / C’est la Vie, Lily –

Eh oui, résultat de l’adaptation, Marie est devenue Lily. Probablement pour des raisons euphoniques, parce que « C’est la vie ma Marie », ça pouvait coincer…
Fin’ bref, peu importe, l’adaptation est fidèle au texte originel. J’veux dire c’est la même histoire, ça ne change pas du tout au tout (ce qui arrive parfois, et ça n’est pas une critique).


5- Joe Dassin & family


Le Joe, il était franco-états-unien, et avait donc un pied (et au moins une oreille) dans chacun de ses 2 amours de pays : La France et les USA.
Les USA ont mal rendu cet amour à la famille Dassin, qui a dû fuir le pays à la fin des années 1950 en raison de l’ambiance délétère qui régnait durant la période du maccarthysme, Jules Dassin ayant été pointé du doigt par le réalisateur Edward Dmytryk, qui en a dénoncé pas mal d’autres afin de sauver ses fesses, ce qu’une grande partie d’Hollywood ne lui pardonnera jamais vraiment.

Si j’te dis tout cela, c’est notamment pour te dire que Joe Dassin est issue d’une lignée de réfugiés / exilés (son grand-père Samuel – papa de Jules Dassin et donc grand-p’pa de Joe – était un immigrant Russe juif arrivé aux USA à la fin du XIXème siècle.

Ça fait beaucoup pour une seule famille, mais les grandes âmes se développent souvent face à une forte adversité.

C’est là que nous en revenons à Joe et ses 2 pays. Toujours à l’affût de ce que les USA pouvaient produire comme bonne musique, il a jeté son dévolu sur cette pépite, et avec l’aide de Pierre Delanoé, son plus fidèle (et prolifique : près de 5 000 chansons au compteur) parolier (avec Claude Lemesle).


Une famille d’artistes

Papa Dassin – Jules – est acteur, réalisateur, scénariste et producteur (la totale, pour ainsi dire) de cinéma, maman Béatrice (Launer) est musicienne (violoniste).

De cette union d’artistes nait une fratrie… ben d’artistes : Joe, donc, Richelle AKA Rickie, compositrice & arrangeuse, avec notamment une activité intense pour son frère de 1968 à 1972 et qui est également auteure, et enfin Julie, actrice.


Pour en revenir à la chanson…

Et nous voilà donc en 1970, quelques mois après la sortie de « Marie » aux USA, avec un joli succès à la clef.

Et sans Joe, pas d’adaptation, et donc pas d’article. Alors merci Joe 🙂

Il y aurait beaucoup à dire sur Joe Dassin, son intelligence, son éducation de haute volée, ses interviews franches (mais toujours mâtinée d’une grande politesse). Si la question t’intéresse, tu peux chercher des interviews de lui sur Youtube.
Tu peux par exemple écouter celle-ci. C’est un format court, mais suffisant pour confirmer les qualités susmentionnées.

Je te dirais bien que « c’était mieux avant », parce que je deviens sans doute un vieux con, mais en fait, même à cette époque, Joe sortait du lot, à bien des égards.

Pour ce qui concerne la période actuelle, je ne vais pas m’en prendre aux artistes en particulier, même si j’avoue qu’en dehors de quelques personnes sensées, notamment quelques rapeurs (MC Solaar et Kerry James, par exemple) pour rester dans le domaine de la chanson, le niveau est édifiant tellement ça sent le gnangnan réchauffé et préparé par un agent ou un attaché de presse.

En fait, je crois que nous sommes collectivement en train de devenir très cons, mais j’ai bien envie de dire que ça n’est pas totalement de notre faute. L’humanité dans les pays dits développés est entrée dans une phase involutive.
À force de détournement d’attention, nous sommes progressivement en train de perdre le sens du réel, comme si nous vivions dans un genre de réalité augmentée (et de pensée appauvrie). Ready Player One…

C’est éducationnel et sociétal.

Comme si la (soi-disant) intelligence collective qu’on nous vend en permanence prenait le pas sur l’intelligence individuelle. D’ailleurs, c’est un fait naturel, l’intelligence collective (enfin intelligence… j’me comprends – disons la réflexion proposée et la direction donnée par un petit groupe aux aut’s fourmis) se développe forcément au détriment de l’intelligence individuelle.

« Le collectif s’occupe de toi, t’inquiète, ça va bien se passer, nous gérons tout pour toi »

Quoi qu’il en soit, ça fait du bien de se rappeler d’une époque où le formatage façon nivellement vers le bas n’était soit pas en place, soit n’avait pas encore fait de ravages.


6- Remerciements


En raison du manque patenté de confiance en mes oreilles et du doute limite existentiel qu’elles induisent parfois en moi, j’ai demandé de l’aide afin de confirmer ce que j’avais compris des paroles.
Pour certains passages, ça a été une purge, j’ai passé plusieurs fois la chanson à vitesse 0,5 – merci Youtube pour cette fonctionnalité – voire à 0,25 ; ne te moque pas, ça n’est pas drôle… si ?

Je remercie donc Karine et Théophane (qui comprennent bien mieux que moi l’Anglois parlé, puis là c’est pire, c’est de l’Américain chanté par des New-Yorkais – heureusement qu’ils n’étaient par Texans ou du Middle-West) qui ont apporté quelques corrections, mais m’ont fait également part de quelques zones de doute.

J’ai donc eu recours aux services gracieux de Claire, une jeune Anglaise qui réside dans notre joli village.
Nous avions presque tout bon, à quelques pétouilles près que seule une personne de langue maternelle anglaise pouvait à mon avis distinguer aisément.

Ah, Claire…

Parfois, nous la voyons passer devant le bar de notre village, à bicyclette, comme dirait Yves Montand.

Et là, je pense à cette chanson, précisément, même si notre jolie cycliste ne s’appelle pas Paulette, mais Claire, comme tu l’auras compris.


Et donc, bonus track² :

– Source : Youtube | Yves Montand / À Bicyclette (live @ l’Olympia) –

Encore merci à tous les trois 🙂


Moment d’ingratitude :

Envers mes oreilles.
Mes parents déclinent toute responsabilité quant à leurs lacunes, et m’ont livré en état.


Prochain numéro de Songs From the Attic : suspens (insoutenable)…
Mais ça sera du bon, assurément.

Bisous mes chéris 🙂

Olivier



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Crédits :

Illustration principale : Image par Enrique Meseguer de Pixabay
Musique et vidéos : Youtube et les ayants droit
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Auteurs / compositeurs de la chanson « Marie » de Cat Mother : William David Chin, Larry Packer & Bob Smith


Sources documentaires :

Wikipedia



Auteur de l’article :

Marie de Cat Mother
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