Norton : des bugs à répétition

Norton : des bugs à répétition

6 octobre 2022 0 Par Olivier - Ride Your Life
Temps de lecture estimé : 7 minutes
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« Norton : des bugs à répétition » : non, cet article ne traite pas de la marque phare d’un éditeur de logiciels, mais bien du mythique constructeur britannique de motos.

Moi qui ne publiais plus rien sur la moto depuis des mois (Pascal en a fait la remarque via le CdL), voilà que ce matin je reçois l’un des messages que je préfère recevoir : une notification de nouvel article sur Black Bonnie.

Si le titre m’a fait penser à un western, j’ai cliqué de suite, parce que quand Patrick publie, ben j’me jette sur l’article, comme un mort de faim.

Du coup – hein qu’t’aimes pas quand on dit « du coup », Patrick :p – j’ai commenté l’article en question, infligeant quelques jeux de mots dont j’ai le secret (toujours pleins de raffinement, de poésie…), et là, tel un autosatisfait que je suis, j’me dis que mon jeu de mots « Ah ben si ça bugue chez Norton, où va le monde ? » est vachement drôle et qu’il mérite d’être amplifié / déformé.

Je confesse que je ne suis rien qu’un enfoiré qui pique un sujet à mon ami Patrick, lequel – j’en suis certain – me donnera l’absolution après m’avoir mis une tape sur les fesses.
Oui, c’est un signe d’affection entre nous.


Sommaire :


1- Histoire de Norton
En mode accéléré.

2- Stuart Garner : le nouveau Christophe Rocancourt ?

3- Après les bugs à répétition, quel avenir pour Norton ?

4- Bonus track

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1- Histoire contemporaine de Norton


Sans revenir sur sa grande Histoire passée, ce qui revient plus ou moins à la méthode moderne utilisée par les mass médias pour traiter ce qu’ils nous présentent comme étant l’Information…

Car oui, tout brave web magazineur que je sois, je ne saurais m’attaquer à un tel morceau sans risquer de me noyer, et de raconter tout plein de choses pas forcément ultra… ultra j’sais pas quoi.


La marque Norton a été fondée par un certain James Lansdowne Norton (mais alors voilà donc d’où vient ce nom).

{saut dans le temps]

Quelques belles aventures et moult péripéties plus tard, la marque sombre en 1976 (c’est là qu’intervient mon accélération digne d’un dragster – mais tu peux lire le détail ici >>).


I Will Survive

Après une première reprise en main non concluante entre 1995 et 2006, le beau Stuart Garner arrive dans le game, et là ça va être épique.

Il est jeune, il est beau (j’peux pas te dire s’il sent bon le sable chaud, mais il a mis des légions de nerfs à pas mal de monde) et il a du bagout.

Après avoir tapé le gouvernement et les banques, fort d’un business plan comme ce genre d’institution en raffole, il se lance dans diverses opérations – principalement de prestige, pour ne pas dire exclusivement immobilières – et là ça sent carrément José Garcia dans « La Vérité si je Mens » en mode « « Serge Benamou va pécho Shoshana ».

Quelques modèles de rêve jamais commercialisés, investissements dans des fonds douteux, problèmes mécaniques en série et autres modèles non livrés, l’année 2020 – année de la pandémie de pangolinite, comme l’histoire future retiendra cette cuvée – voit l’entreprise être placée sous un statut proche du redressement judiciaire en notre pays.
C’est la fin de l’odyssée Stuart Garner.

Stuart a été par la suite condamné, incarcéré, relâché… et doit raser les murs en ce moment.

Et là la question fatidique s’est posée : mais que va devenir Norton ?

Parce que tout cela fait tout de même passer la saga des diverses renaissances de Buell pour un long fleuve tranquille, tout de même.

Eh bien là – au moment le plus fatidique de l’histoire de la marque éternelle, revanche d’une ancienne colonie de l’Empire : c’est une société indienne – TVS Motor Company– qui rachète la marque mythique en avril 2020.

Et comme tu le sais, « Indien vaut mieux que deux tu l’auras ». Les autorités britanniques en charge du dossier ont donc accepté le rachat.
Vu le passif laissé par Stuart, nous leur souhaitons bon courage.

Le Stuart, parlons-en, d’ailleurs.


2- Stuart Garner : le nouveau Christophe Rocancourt ?


Si tu as bien suivi le résumé de l’histoire contemporaine de Norton (façon fiche de lecture du gazier qui n’a pas vraiment lu le livre mais connait le site Wikipedia) proposé ci-dessus par ton serviteur, tu auras vu que je cause de Stuart Garner, et qu’en raison des développements consécutifs au rachat de la marque anglaise par ses soins, la question peut se poser.


Qui est Stuart Garner ?

Alors là, autant te dire qu’une fois n’est pas coutume, les infos glanées sur mon Wiki d’amour sont maigrichonnes.

En fouillant à droite, à gauche et au centre (ne va pas en déduire que je parle de loi du milieu) – à tel point que je ne me souviens même plus où je suis allé – il ressort que le beau Stuart (sans déconner, il est beau gosse) est décrit comme un « businessman » autodidacte (il aurait quitté l’école à 16 ans – moi aussi je la quittais tous les soirs à 16 ans, d’ailleurs – vois le résultat).

Je peux témoigner du fait que je me suis parfois retrouvé dans des caves de HLM pour voir des mecs habillés en pingouins (et peinant à gagner 2 ronds) décidés à te vendre une adhésion à des business totalement foireux et se faisaient présenter à l’audience par l’un de leurs larbins (tenu par le couilles via un procédé pyramidal) comme des businessmen, et qu’en conséquence, businessman, ça ne veut parfois pas dire grand chose.

Toujours est-il qu’il semble (oui, j’t’ai dit, c’est la misère pour trouver une bio potable) qu’il ait exercé divers jobs (notamment garde forestier), qu’il soit passé par la case trader (ah ben ça explique bien des choses alors…) et également eut le talent très envié de bonhomme qui sait vendre du rêve.

Là encore, il m’a été difficile d’avoir des détails sur son parcours, mais il ressort dans ce qui est relaté par diverses sources ce point commun à nombre de businessmen borderline : un brin mytho, un brin mégalo, vachement charmeur.
Si tu regardes bien, ces caractéristiques se retrouvent chez plusieurs capitaines d’industrie, qui rencontrent plus ou moins de réussite. Ça ça dépend de pas mal de critères, dont la capacité à nager en eaux troubles ainsi qu’un vrai talent de gestionnaire – parce que même en étant affublé de certaines caractéristiques peu flatteuses, tu as aussi le droit d’être hyper compétent.

Ses plus hauts faits d’armes durant cette épopée furent ses tonitruantes opérations immobilières dont, ne nous mentons pas, le pinacle fut le rachat du Donington Hall en 1973, qui devint à cette occasion le QG de la société Norton. Une usine fut même construite dans le parc adjacent. Très classe pour recevoir des investisseurs qui ne reverront jamais leur mise et des clients qui ne se feront jamais livrer leur moto.
Il enfonça le clou en 2016 en rachetant le Priest House Hotel (je n’ose même pas savoir ce qui s’est passé là-bas).

Après t’avoir dit tout cela, je précise que je ne suis ni analyste de haut vol, ni fan d’histoires médiatico-financières, et surtout que je n’ai pas envie de dresser plus que cela un portrait à charge d’un bonhomme que je ne connais pas du tout (mais que je ne te recommande pas en tant que financial adviser).

Mais tous ces éléments croisés me rappellent le profil (le mot est lâché) de notre compatriote Christophe Rocancourt. Un beau gosse charmeur, malin, autodidacte et avec beaucoup de culot, qui a su soutirer du brouzouf à tout plein de monde. Ça fonctionne un temps jusqu’au jour où les plumés de service demandent des comptes.
L’une des différences étant que Christophe a détroussé des individus, là où Stuart a obtenu des fonds (considérables) de la part du gouvernement britannique et de banques, puis d’investisseurs malheureux.


Parce que là où l’histoire est nettement moins cocasse (j’avoue que le mytho qui enfume des institutions, même si c’est légalement et moralement répréhensible, ça a un côté limite jubilatoire – si si, ne nie pas, ça nous fait tous ricaner), c’est que le Stuart a créé des fonds d’investissement (totalement foireux) et ainsi ruiné nombre d’investisseurs.
Forcément, cela pose une vilaine tâche sur le CV du bonhomme et en fait un bien sinistre Arsène Lupin.


3- Après les bugs à répétition, quel avenir pour Norton ?


Excellente question que voilà.

Je précise une fois encore que je ne suis pas un analyste de haut vol, donc ceci n’est que l’interprétation digne de ma catégorie – les gens qui ne sont rien. Oups, je m’égare.

Toujours est-il que TVS Motor Company, c’est un trust à l’indienne, et que ce genre de sociétés s’y connait aussi bien dans le domaine industriel que dans celui de la finance.
Alors j’ai bien envie de te dire que je suis plutôt confiant. Ce qui n’engage que moi, qui n’ai pas commandé une Commando que j’attendrais depuis plusieurs mois ou années.

« Time wil Tell », comme chantait naguère (en 1966 pour être plus précis) not’ Michel Polnareff national.


4- Bonus track


– Source : Youtube | Jacques Dutronc / Gentleman Cambrioleur –

J’ai recherché – en vain (pour le moment) un extrait d’un reportage sur mon Jean-Claude, qui après avoir entortillé un policier désireux de lui infliger un PV, avait dit au journaliste quelque chose du genre « si Christophe Rocancourt n’est pas parvenu à me soutirer du pognon, c’est pas un policier qui va y arriver ».

Love you JC <3

PS : si quelqu’un me retrouve la vidéo, merci de penser à moi et de nous envoyer le lien.


Voilà mes chéris, c’est tout ce que j’avais à dire sur l’histoire récente douloureuse et compliquée d’une marque qui reste un joyau pour tous les amateurs de belles anglaises à 2 roues.

Pascal, cet article t’es dédié.

Si nos lecteurs le trouvent naze, je rejetterai la faute sur toi. Dans le cas contraire, toute la gloire me reviendra.

Et merci mon Patrick pour ce starter du matin qui m’a remis le pied au kick !


Bisous mes chéris 🙂

Olivier



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Crédits :

Illustration principale : Image par marcart de Pixabay
Musique et vidéos : Youtube et les ayant droit
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Sources documentaires :

Wikipedia
Black Bonnie



Auteur de l’article :

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