Motos : Bobbers, Café Racers, Scramblers…

Motos : Bobbers, Café Racers, Scramblers…

5 septembre 2019 0 Par Olivier - Ride Your Life
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Motos Customs : Bobbers, Scramblers, Café Racers, Choppers, Flat Tracks : que se cache-t-il derrière ces noms ?


Motos Customs : un exemple de Bobber Harley-Davidson
– Source : Image par Gil Michely de Pixabay

Un exemple de Bobber Harley-Davidson Sporster 1200 Forty Eight.


Salut les Loulous,

Vous avez l’esprit Ride Your Life, je le sais :p

Donc, vous avez forcément lu, ou entendu parler, voire vu de vos beaux yeux des Motos au look délicieusement Vintage.

Certaines de ces motos prennent des noms parfois mystérieux : « Bobber », « Café Racer », « Flat Track », « Scrambler » ou encore « Chopper ».


Ces noms représentent autant de styles de customisation

Parce que oui, tous ces noms là sont des noms de « Customs ».

Que signifient ces noms ?
Quelle histoire ce cache derrière ces noms ?

Nous allons étudier ensemble quelques bases à ce sujet.

Mettez votre plus beau cuir, vos lunettes de play-boy ou de play-mate, et installez-vous confortablement.

C’est parti pour un panorama des différents types de Customs.


Sommaire du billet « Motos : Bobbers, Café Racers, Scramblers… » :


1- Au départ >>

2- Motos Customs : Les Bobbers >>

3- Motos Customs : les Flat Tracks >>

4- Filiation en compétition des Flat Tracks >>

5- Motos Customs : Scramblers >>

6- Motos Customs : Café Racers >>

7- Motos Customs : Choppers >>

8- La Chanson et les Customs >>

9- L’Industrie de la Moto et les Customs >>

10- Motos Customs : l’Industrie a pris le pli >>

11- Les Préparateurs de Motos Customs >>

12- Motos Customs : et si la France… >>

13- Une Idée, comme ça… >>

14- Créer une Industrie de la Moto Custom en France >>

15- Remerciements >>


Au départ


La customisation des motos est un phénomène ancien. Parfois très ancien.

Customiser signifie modifier / personnaliser un produit afin de l’adapter à une demande spécifique d’un client.

Dans le cas qui nous intéresse, customiser une moto consiste dans le fait de la modifier / personnaliser afin d’en faire une moto plus ou moins unique, et qui ressemble à ce que son propriétaire souhaite.
Il peut s’agir de modifier la partie-cycle, la peinture et, dans certains cas, le moteur.

Cette customisation peut être faite par le propriétaire de la moto – seul ou aidé par des camarades, par un préparateur – amateur ou professionnel, et – nous le verrons en fin de billet – par les marques de motos elles-mêmes.

Car en effet, le terme de « Custom » désigne de nos jours un style de Motos – issues des différents types de customisation – mais ne signifie pas nécessairement qu’il s’agit d’une Moto personnalisée.

Nous allons ci-après considérer l’historique des types de customisation de motos qui font l’objet de ce billet : Bobbers, Café Racers, Scramblers, Flat Tracks et Choppers.


I- Motos Customs : Les Bobbers


Motos Customs : une Triumph Bonneville dans sa très belle finition Bobber
– Source : Image par jandebock de Pixabay – Une Triumph Bonneville Bobber de série –

Histoire du Bobber :

Ce qu’en dit l’ami Wikipedia :

« Le bobber a été la toute première forme de simplification et de dépouillement de moto personnalisée, faite maison par des individus ayant des compétences mécaniques. Ce style de moto personnalisée, qui a pris forme dans les années 1940 et les années 1950, est généralement imaginé par des militaires américains de retour de la Seconde Guerre Mondiale sur des ex-motos militaires et inspiré par des motos européennes plus légères qu’ils avaient vues et avaient conduites. Quand les bobbers ont été d’abord créés, l’intention n’était pas d’imaginer un nouveau type de moto ou de sous-genre, l’idée était d’améliorer les performances des motos de façon aussi bon marché que possible. »
– Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bobber –

Je ne suis pas tout à fait d’accord concernant le fait qu’il s’agisse de « la toute première […] ». J’y reviendrai plus loin – genre à l’occasion de l’histoire des Flat Tracks.


Les Bobbers selon Ride Your Life :

Père Ridor vous raconte l’histoire légèrement romancée des Flat Tracks

A la fin des années 1930, aux USA, plus précisément en Arkansas, un bricoleur de génie – Bob Edwin Richards de son nom complet, s’enferme une semaine dans sa grange.

Il en ressort triomphant, au guidon d’une superbe Harley Knucklehead qui venait de subir une cure d’amaigrissement assez draconienne.
Son look pète des lucs ; il le sait et il va montrer sa belle.

Partout où il passe avec sa belle, les regards se tournent vers eux.

Il croise un jour la route d’un certain Johnny Proxo, qui, émerveillé par le design de la machine, lui tint à peu près ce langage :

« Hey Bob, ta bécane elle est trop de la balle, tu peux t’occuper de la mienne steuplé ? »
« Ok Johnny… Ça va te coûter le prix des pièces + 4 hamburgers / frites chez Wimpy. Ah, et aussi, tu devras dire à tout le monde que c’est moi qui ai fait le taff »
« T’inquiète Bob. Tiens j’ai une patin d’idée. Tes bécanes, tu devrais les appeler des Bobbers – pour Bob | Bob Edwin Richards. Comme ça, ton nom restera dans l’histoire »
« Patin trop d’la balle, je kiffe le nom. C’est énorme, je vais me faire des yecous en or. Limite je t’en dois une »
« Tu fais bien de le dire : tu achètes les pièces pour ma moto, et les Wimpy c’est pour toi. Tu vas te faire des yecous en or sur mon dos, mais ça me fait plaiz’. Tu me fileras juste 50% des bénéfices »

Ça, c’est donc l’histoire des premiers Bobbers selon Ride Your Life.
Légèrement bidonnée, mais tellement plus romanesque.


Principe :

Oui, un bobber, qu’est-ce que c’est en fait ?

Une moto allégée, à grands renforts de coups de scie circulaire, de limes diverses, de scie mécanique et d’une bonne dose d’héroïsme & d’ingéniosité.

Parce que oui, le but premier, c’était d’alléger les motos qui pesaient un âne mort, et si possible, de leur donner une gueule d’enfer.
Si l’on s’en réfère à l’illustration ci-dessus, c’est une réussite totale.

Si les Bobbers sont nés dans les mains et l’esprit de bricoleurs de génie, qui réalisaient des créations artisanales, l’industrie de la moto s’est penchée sur cette question. Nous verrons cela ultérieurement.

Pour résumer : un Bobber, c’était à l’origine une version allégée, à renforts de pièces raccourcies ou elles-mêmes allégées, de motos de série, afin de leur faire gagner de la performance (moins lourdes = plus péchues) et de l’esthétique.


II- Motos Customs : les Flat Tracks


Motos Customs : la très belle Mash 650 Dirt Track de Mash Motors
– Source : Mash Motors http://www.mash-motors.fr/fr/ – Mash 650 Dirt Track –

Je ne propose pas cette photo uniquement parce que je bavouille à chaque fois que je la vois. Mais tout de même.


L’histoire :

La crise de 1929, qui a d’abord sévit aux USA, a indirectement induit la naissance des Flat Tracks.

En effet, alors que certains malheureux faisaient du base jump sans parachute à Wall Street et que la misère se répandait aux USA (et n’a pas tardé à se répandre ailleurs), certains passionnés voulaient continuer à rouler à moto pour se faire plaisir, et ceci dans le cadre de compétitions.

Ainsi, en 1932, l’AMA (American Motorcyclist Association) lance une nouvelle catégorie de motos de courses – d’abord réservée aux constructeurs – puis une seconde, en 1933 – quant à elle ouverte aux professionnels comme aux amateurs chevronnés en mécanique moto.
Les catégories Class A Dirt Track et Class C Dirt Track sont nées, et elles allaient contribuer à la légende des 2 marques phares de l’époque : Harley-Davidson et son grand rival Indian.

La Class C Dirt Track est à la moto ce qu’est le stock-car à l’automobile : une compétition ouverte à des machines dérivées des machines de série.

– Source documentaire : https://fr.universalriders.com/flat-track.html –


Filiation en compétition des Flat Tracks


L’histoire du Flat Track est en route, et elle aura même un bébé très énervé, façon « Mad Max IV : Rodéo Mécanique sur les Glaces » : L’Ice Racing, ou Ice Track.
Née en URSS et dans les pays de l’est de l’Europe, rapidement suivis par les pays nordiques, cette discipline et les compétitions afférentes voient s’affronter des cascadeurs fondus (pour la glace, c’est amusant, j’en conviens) chevauchant des motos monocylindres 4 temps gavées par un mélange chelou de vodka et de nitrométhane (oui, j’en rajoute pour le folklore), puis garnies de pneumatiques dotés de pointes en acier. Histoire d’accrocher sur la glace. D’où le côté graphique à la Mad Max.

Bilan : un avion de chasse de 50 à 70 ch à boîte mono.
Durée de vie des moteurs : environ 1 course (rapport au carburant utilisé).
Durée de vie des pilotes : très dépendante de leur capacité à ne pas chuter, afin de ne pas se faire transformer en steack-haché par les concurrents.

La marque emblématique et quasi monopolistique est Jawa.

– Sources documentaires : mon copain finlandais Timo Pösö, qui m’avait fait découvrir les courses d’Ice Track –

Pour résumer : un Flat Track, c’était à l’origine une moto customisée afin d’en réduire le poids (tiens donc…) et éventuellement de lui permettre de tourner autour d’une piste en herbe, en boue, ou pour quelques gladiateurs, en glace.


III- Motos Customs : Scramblers


Jusqu’à il y a une dizaine d’années, je connaissais juste le Scramble, pour y avoir joué dans des salles de jeu et sur la Vectrex de mon frère aîné.

Scrambler : Capture d'écran du jeu d'arcade Scramble
– Source : https://www.retrogamesnow.co.uk/grandstand-scramble-handheld/ – Jeu d’arcade Scramble –

J’ai depuis découvert les motos de type Scrambler.

Une superbe moto Ducati 800 en version Scrambler
– Source : https://scramblerducati.com/fr/scrambler800 – Ducati Scrambler 800 –

Elle est belle à se damner, hein…


L’histoire :

J’ai trouvé un article très intéressant au sein du site de Moto Classic.

J’y ai notamment lu ceci :

« « To Scramble » : s’arracher, sortir de, avancer péniblement, bousculade, cafouillage, le verbe et son substantif « scrambler » a plusieurs significations en anglais. Pas étonnant que le vocable « scrambler » fut attribué à des machines hybrides, initialement routières, qui furent les premières à sortir volontairement du bitume dans les années 1960. Un « genre » qui fait encore rêver aujourd’hui, pourquoi ?
– Source : https://www.lamotoclassic.com/reportage/scramblers-la-liberte –

En 6 lignes, nous obtenons beaucoup d’informations qui nous permettent de comprendre la nature des Scramblers, au sens de leur vocation – sortir du bitume – et l’origine du terme.

Nous apprenons également au sein de cet article vraiment très riche que Steve McQueen aurait joué un rôle non négligeable dans le cadre de cet histoire.
Ce qui n’est pas si surprenant quand on sait combien il était passionné par les sports mécaniques.


Le principe :

On allège (il faut toujours alléger), on met des pneumatiques à crampon, un guidon large, on relève la ligne d’échappement (ça serait ballot qu’à la première bosse, elle reste sur le chemin, et en plus, ça réchauffe les gambettes) et éventuellement un sabot de protection moteur (parce que dans le désert, il y a des cactus ET des caillaisses).

Parce que l’idée, elle est tout de même super transgressive :

« Je vais t’emmener mon twin 4 temps dans les dunes, mais avant, je vais faire en sorte que je puisse en revenir. Et je ne veux pas m’acheter de moto de tout-terrain, parce que je kiffe les twins »

Marde, on ne va pas se laisser tenter par les vils appels de l’industrie européenne.

Le Scrambler, c’était donc au départ une moto de route qui était customisée afin de pouvoir sortir du bitume. Et de pouvoir revenir de son trip off-road.


IV- Motos Customs : Café Racers


Motos Customs : Honda 900 Bol d'Or préparée façon Café Racer par l'atelier Moto Concept en Bretagne
– Source : https://www.bretagne-motoconcept.com/portfolio/honda-900-bol-dor/ – Honda 900 Bol d’Or préparée Café Racer –

L’histoire :

Une fois encore, je me réfère à mon grand savant Internet : Wikipedia, et m’intéresse à ces passages :

Le but de la plupart d’entre eux [NDRL : ceux qui préparaient des motos à la sauce Café Racer] était d’être capable d’atteindre 100 miles à l’heure (soit environ 160km/h, également appelé « the ton ») le long d’un itinéraire où le motard partirait d’un café, roulant jusqu’à un point prédéterminé et revenant en arrière au café de départ avant qu’une chanson ne puisse être complètement jouée sur le juke-box. Ce type de course est également appelé « record-race » . Ces motards ont été associés à la musique Rockabilly et leur image reste aujourd’hui attachée à cette même culture.
– Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Caf%C3%A9_racer –

Comme la vitesse primait sur le confort, les motos recevaient des selles monoplace et des guidons bas et droits, montés directement sur les tubes de fourche, pour un contrôle plus précis mais aussi pour échapper au vent. La moitié ou parfois la totalité des carénages et les réservoirs, faits-main, en aluminium, étaient fréquemment laissés bruts et non peints.
– Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Caf%C3%A9_racer –

La customisation de type « Café Racer » seront donc née dans la patrie de Shakespeare, des Beatles et du pudding.

L’industrie de la moto britannique était déjà vivace, avec notamment les marques légendaires Triumph et Norton.
Certains modèles de des marques mythiques allaient servir de cobayes dans le cadre des expérimentations de fondus de mécanique.


Le Principe :

Se tirer des bourres entre 2 cafés, si possible en faisant fumer la gomme.

Les Café Racers de l’époque originelle étaient des motos allégées ET dont les moteurs étaient gonflés.
Le but n’était pas d’aller chercher le pain ou de promener sa chérie : il s’agissait bien de se tirer des bourres entre fadas, d’un café à une autre, donc. Notamment.
Au détriment du code de la route, et des notions élémentaires de survie.

Le Café Racer était donc, à l’origine, une machine de série transformée en machine – pour ainsi dire – de course.


V- Motos Customs : Choppers


Motos Customs : Peter Fonda conduisant une réplique de la Harley-Davidson « Captain America » qu'il utilisait dans le film mythique « Easy Rider »
– Source : Brian Snelson [CC BY 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0)] – Photographie issue de l’article https://en.wikipedia.org/wiki/Chopper_(motorcycle) de Wikipedia –

L’histoire :

Une nouvelle fois, je fais appel à Wikipedia :

Les choppers sont nés dans les États-Unis d’après-guerre. De jeunes Américains, avides de sensations et de puissance, cherchaient des motos rapides. Or, les Harley-Davidson étaient certes rapides pour l’époque mais trop lourdes. Ils se mirent donc à « chopper », à enlever toutes les parties non-nécessaires au bon fonctionnement de la moto. Cela incluait le garde-boue avant, l’arrière (découpé), le frein avant, les sacoches, les phares additionnels, les pare-brises, les grosses selles… Ainsi naquirent les bobbers. Les choppers avaient, en plus de la susdite longue fourche, un cadre rigide (pas de suspensions), un embrayage « suicide » (au pied) et un levier de vitesse à la main.
– Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chopper_(moto) –

Nous apprenons ainsi que les Choppers seraient des « enfants » des Bobbers… avec notamment une longue fourche. Et quelques autres détails réjouissants ; j’avoue que l’embrayage suicide, ça laisse songeur.


La Chanson et les Customs


Parce que Chopper, pour ma part, ça me fait forcément penser au film mythique – Easy Rider – et également à ceci (probablement mon premier souvenir d’enfance lié au mot « chopper ») :


William Sheller – Rock’n’Dollars :

Source : Youtube – William Sheller / Rock’n’dollars –

Cf. à 30 s ou encore à 2 m 08 s.
Une fois encore, je pense que ce sont mes frères, ou la Mamma, qui m’avaient expliqué ce qu’était un chopper.

Et, forcément :


Steppenwolf – Born to Be Wild :

– Source : Youtube – Steppenwolf / Born to be Wild –

Pas possible de ne pas mentionner cette chanson, surtout après avoir montré une photo de Peter Fonda chevauchant une réplique de la moto qu’il pilotait dans ce film.


Le Principe :

Si je m’en fie à cette définition, un chopper serait donc un bobber un peu tape-cul, avec une longue fourche.

Un pur et beau produit pour l’asphalte et les grandes lignes droites.

Le chopper était donc à l’origine un genre de bobber à grandes pattes avant. Un peu comme les mantes, mais destiné à tailler la route, et non à tailler la tête des mantes mâles.


L’Industrie de la Moto et les Customs


L’Industrie de la Moto est souvent créative, innovante, brillante etc…
Comme elle a aussi des yeux et des oreilles, elle sait également être pragmatique, et vivre avec son temps.

C’est ainsi que de nombreux constructeurs ont lancé leur propres modèles – voir gammes – de Bobbers, Flat Tracks, Café Racers, Scramblers et autres Choppers.

L’industrie, et également des sociétés souvent plus artisanales : les préparateurs.

Le préparateur est à l’industrie mécanique ce que l’Apprenti Schtroumpf est à ses potes : un sorcier.
Dans le sens positif du terme, bien entendu. Il ne transforme pas les motos en citrouilles (quoi que, j’hésite à effectuer la recherche… je risque de trouver quelques contrexemples…).


Oops, I did it again

http://themotolady.com/wp-content/uploads/2014/10/pumpkin-triumph.jpg
– Source : http://themotolady.com/motorcycle-pumpkin-carvings/ –

[note : me fier à mon instinct…]

Blague à part : jolie réalisation toutefois.
Ne sert vraiment qu’une fois par an, à l’occasion de la fête de Halloween.


Des dernières années, nous assistons sur le marché de la moto à une explosion de l’offre de ces customs sous la forme de séries, limitées ou non.
Il y a un engouement grandissant pour ce type de motos.


Motos Customs : l’Industrie a pris le pli


La Moto, c’est encore plus beau et tellement plus classe quand c’est Vintage.

Des formes souvent rondes – moins pour les Café Racers, j’en conviens – et un design soigné, alliés à des mécaniques modernes (je parle aussi bien du moteur que de la partie-cycle : freinage puissant, ABS, suspensions et tutti quanti) caractérisent la plupart des modèles modernes.


Pourquoi cet engouement pour les Moto Customs ?

Parce que nous entrés dans l’ère du Vintage roi, en premier lieu.

L’industrie moto, à l’instar de l’industrie automobile, c’est environ 1 siècle d’innovations techniques (moteurs de plus en plus performants, mono-amortisseur arrière etc…), de génie, de recherches, d’apports d’éléments de sécurité (freinage de plus en plus efficace – demandez à ceux qui ont connu la mythique Kawasaki H2 ce qu’il en pensent – ABS, Airbag etc…) et notamment d’amélioration du coefficient aérodynamique.

Au niveau du design et de la performance, cela a donné des motos au look parfois agressif, aux lignes acérées, aux performances parfois démentielles.
Tout cela – peut-être à l’exception des performances démentielles, avis personnel – a permis à la moto d’évoluer dans le bon sens de sa performance globale.

Mais voilà, peut-être sommes-nous arrivés à une ère de la raison, teintée d’une volonté de renouveau dans l’esthétique, pour un certain nombre de motards.
On renouvelle souvent fort bien en créant du neuf avec du vieux.

Aux lignes acérées et aux looks parfois agressifs sont en train de succéder des lignes plus rondes, des designs souvent plus roots.
On en revient au génie des bricoleurs et du design, qui se sont échinés à faire du beau, souvent avec les moyens du bord : de l’imagination, du génie, de solides connaissances dans les domaines de la soudure et de la dynamique des corps, et enfin de la transpiration.

C’est aussi une autre manière de voir la Moto : la promenade en mode pépère, la sortie entre potes qui ne sont pas nécessairement des maniaques de l’essorage de la poignée droite.
Il y a sans doute du mythe de la Route 66 et des marques d’outre-atlantique en à cela.

La moto peut-être utilitaire, tout comme elle peut montrer qui l’on est, ou qui l’on voudrait être.

Notamment un biker qui a atteint l’âge de raison, celui de l’hédonisme et du plaisir de rouler. Tranquille. Seul ou avec des potes.

Si l’industrie de la moto semble avoir parfaitement perçu et saisi ce virage, elle peut remercier les précurseurs : les bricoleurs habiles, et leurs descendants : les préparateurs.
Nous allons y revenir.

L’Industrie de la Moto a ainsi su repérer des codes graphiques souvent anciens et issus de préparation artisanales, et a semble savoir de mieux en mieux les intégrer à des machines modernes de par leurs performances.
Cette appropriation me semble bien être graphique, c’est à dire de l’ordre du design.
Il s’agit donc d’une appropriation d’une des conséquences – une certaine esthétique – et non pas de la finalité – faire de sa moto un avion de chasse pour l’asphalte… ou le tout-terrain.


Les Préparateurs de Motos Customs


Les Préparateurs :

Ces Sorciers de la Mécanique, se sont organisés, et ont créé des ateliers professionnels ; ils ne vont plus préparer « juste » leurs motos : ils vont proposer aux motards d’apporter une touche personnalisée, parfois de douce folie, à leurs motos.

Il s’agit bien souvent au début d’amateurs très éclairés, qui finissent par devenir des professionnels.

Au travers d’un autre billet, j’ai évoqué un préparateur français à la renommé grandissante : Baak Motocyclettes.

Il en existe bien d’autres, plus ou moins artisanaux, plus ou moins connus. En France, comme en Europe, et bien entendu aux USA, leur pays de naissance – ou tout du moins de prédilection – et finalement sur tous les continents.

Le but d’un préparateur de motos customs est donc pour l’essentiel de proposer au propriétaire d’une moto de série de lui donner une apparence plus Vintage, plus rétro.
Le préparateur ajoute ainsi la touche de rêve à une machine souvent déjà fort bien conçue ; mais moins vintage, au départ.


Motos Customs : et si la France…


… prenait une place légitime sur ce marché ?

Le segment de marché florissant qu’est celui de la Moto Custom, pour être précis.

Dans un billet précédent – que vous pouvez lire en cliquant ici >> – j’évoquais une situation paradoxale du marché français, à savoir qu’il s’agit d’un des marchés – si ce n’est LE marché – le plus dynamique au monde concernant la moto.

Mais que…

L’aspect paradoxal, à mon sens, c’est que – sachant qu’il s’agit du marché le plus dynamique du monde – l’histoire des marques françaises de motos est quant à elle pour le moins chaotique et difficile.
Peu d’acteurs sont encore en place.

Et c’est bien dommage.

Sans réécrire ce billet, je pense que – en Francenous avons tout le potentiel nécessaire au développement d’une industrie de la moto.

Ce n’est ni la savoir-faire, ni la passion, ni les idées qui manquent.
Ce qui manque, c’est une facilitation de la vie des entreprises. Laquelle ne doit jamais se faire au détriment des salariés. Donc on oublie les « oui mais le coût du travail bla bla ».

L’obtention des subventions en France repose beaucoup sur deux axes : l’innovation et l’exportation.
C’est très bien, de penser à cela.
Mais là, nous nous trouvons face à une problématique technico-agricole connue : celle des places respectives de la charrue et des bœufs dans l’attelage.
« Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs », donc.

Si innover et exporter sont deux concepts à considérer, il faut penser à ce qu’un projet réponde en premier lieu à ce que j’appelle le principe SVP : ça Séduit, ça se Vend bien et ça Plait également aux autres.

Si c’est SVP, ça s’exportera très probablement. Sinon, ça risque de prendre l’eau après avoir englouti des subventions.
J’ai bien compris qu’il fallait risquer, mais je suggère en parallèle de revenir sur terre. Aux principes de base.
Et en attendant que cela s’exporte, ça se vendra déjà chez nous, et donc favorisera l’emploi.
SVP, si j’ose dire.


Une Idée, comme ça…


Nous entendons régulièrement parler de drames sociaux plus ou moins collectifs – je dis plus ou moins car il s’agit de la somme de drames sociaux individuels – par exemple à l’occasion de la fermeture de telle usine, dans le domaine de l’automobile – sous-traitants inclus – et même plus généralement de le domaine de la mécanique.

J’ai bien compris que l’on parle beaucoup de reconversion, par exemple de devenir serveur après avoir été horticulteur, mais cela me semble être pour le moins brutal et hasardeux. Pas que cela ne puisse pas fonctionner, mais il est à mon sens plus simple d’évoluer dans un domaine connexe / proche que de tout réinventer. Sauf s’il s’agit d’une volonté personnelle.

Donc, une usine ferme. Des humains vont se retrouver au chômage. Leurs familles vont en être affectées. Ainsi que nombre d’emplois indirects : les ex-salariés vont voir leurs revenus diminuer, et donc moins consommer.
Selon plusieurs paramètres, dont la médiatisation de l’affaire et les solutions éventuellement proposées, les chômeurs à venir vont se voir proposer des plans de reconversion.

Cela arrangera / conviendra à certains ; d’autres seront socialement asphyxiés, car moralement abattus.


Créer une Industrie de la Moto Custom en France


Imaginons – avant que ne surviennent certains drames sociaux – des programmes industriels de création de motos customs.

Les réunions sont à la mode ; les comités de réflexion également.
Donc surfons sur cette habitude.

Créons des – je n’apprécie pas le terme, mais il va bien dans le contexte – cercles de réflexion autour de projet concrets (créer de nouvelles industries de la moto dans le cas présent).
Réunissons des investisseurs – auxquels, pourquoi pas, des solutions intelligentes de défiscalisation partielle seront proposées – des ex-industriels du secteur (vu l’étendue du cimetière des marques françaises, il doit encore y en avoir en activité), des écoles de mécanique et de design et inventons / créons des projets.

Pour voir le jour, ces projets auront également besoin de main d’œuvre.

Ainsi, lorsque des fermetures d’usines seront annoncées, des solutions pourront s’ouvrir, certes pour une reconversion – une moto, ça a 2 roues, une voiture, ça en a 4, ça n’est donc pas tout à fait la même chose, mais les bases sont là – mais aidée par un avenir concret et tangible. Cela constituera un excellent réservoir de main d’œuvre, grandement qualifiée.

Après, je ne suis ni ministre, ni investisseur potentiel, ni génial. J’en conviens.
Je m’adresse donc aux personnes concernées, notamment.

Fin de l’aparté.
J’y reviendrai plus largement ultérieurement, au travers d’un autre billet.


Remerciements


D’une manière générale, à toutes les sources documentaires qui m’ont aidé à rédiger ce billet, dont :

– Mon grand savant d’Internet : Wikipedia.

Incontournable pour nombre de recherches documentaires.


– Mon copain finlandais Timo Pösö.

Qui m’a fait découvrir les courses d’Ice-Track.


Le site ouebe d’une société qui a eu une idée sympa : Universal Riders.

Universal Riders est une société française, créée par un couple de bikers passionnés, qui après avoir longtemps sillonné la Route 66 – et d’autres – aux USA a compris que l’Europe, et plus particulièrement la France, notre pays commun, n’offrait pas de solution de location de motos customs.

Avec beaucoup de passion, d’énergie et de persévérance, ils ont donc créé Alxia SAS et la marque Universal Riders afin de permettre aux Européens – et aux touristes d’autres continents – de découvrir la moto comme eux ont pu le faire aux USA : en les louant.


Vous pouvez visiter leur site :

https://fr.universalriders.com/

Encore bravo à Sophie et Jean-Claude, ainsi qu’aux passionnés qui les ont rejoints.


Nous voilà parvenus au terme de ce billet consacré aux styles principaux de motos customs.
Et d’une ébauche d’idée pour le lancement d’une industrie de la moto custom en France :p


La zebi les Loulous Ride Your Lifers 🙂


Ce billet vous a plu ?

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Crédits :
Illustration principale : Image par James Robert Klausner de Pixabay
Vidéo et musique : Youtube et les ayants-droit
Les marques citées sont la propriété des sociétés qui les exploitent

Motos : Bobbers, Café Racers, Scramblers...

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