Platine Disques Vinyles pour Voiture

Platine Disques Vinyles pour Voiture

18 octobre 2022 1 Par Olivier - Ride Your Life
Temps de lecture estimé : 9 minutes
Bookmark

No account yet? Register

Le disque vinyle ayant le vent en poupe, j’ai eu une idée absolument géniale : inventer une platine disques vinyles pour la voiture.

Mais bon sang, comment les fabricants qui vont bien n’y ont-ils pas pensé plus tôt ?!

Comme tu peux certainement l’imaginer, personne ne m’a attendu pour imaginer et même créer ce type de produit (hélas, trois fois hélas) D’ailleurs, la photo de couverture de cet article représente un lecteur Auto-Mignon, fabriqué par Philips… dès 1959.

Mais elle est tout de même magnifique l’idée.
Oui, l’idée. Le problème, ça reste tout de même la conception et plus encore la fiabilité & la viabilité.
Parce qu’une voiture, ben ça vibre. Surtout quand ça roule.


Sommaire :


1- Les contraintes liées au concept

2- L’Auto-Mignon de Philips : la première platine disques vinyles pour voitures

3- Y a-t-il un avenir pour les platines disques vinyles pour voiture ?
Question corolaire : y a-t-il un avenir pérenne pour la voiture ?

4- Bonus track

En Savoir Plus >>


1- Les contraintes liées au concept


Sans vouloir comparer ce type d’idée aux projets de centrales nucléaires à fusion (c’est pas de suite que ça va fonctionner, sans vouloir être mauvaise langue), il y a quelques contraintes techniques dans les deux cas.

Bonne nouvelle : les contraintes liées à la conception de platines disques vinyles pour la voiture sont vachement moins insurmontables, dans l’état actuel de nos technologies.
Mauvaise nouvelle : ça ne résoudra pas les problèmes énergétiques de l’humanité.


Les contraintes

En premier lieu, une voiture, ça vibre. Plus ou moins selon le modèle, la marque et le budget que tu peux injecter dans une calèche, ça vibre intrinsèquement, et en plus, quand ça se met en branle, tu subis les aléas de la route.
Pour pallier à ce léger soucis, il faut donc mettre en place un système d’amortissement (de la platine, parce qu’au niveau de la voiture, normalement, c’est déjà en place) qui évite à la cellule de lecture de faire du boogie-woogie ou d’imiter le gracieux déplacement du kangourou.

Ensuite, et ceci n’est pas la moindre des contraintes, ça prend de la place.
Et là, pas la peine de mettre la platine dans le coffre, sauf à avoir recruté les 7 nains de Blanche-Neige et de les affecter par roulement au poste de préposé au mange-disques dans ton coffre. Ce qui serait cruel, et coûteux. Et discriminant (mais plus pratique que d’y mettre des géants).

Eh bien les ingénieurs de Philips n’ont pas reculé face à ces contraintes, et c’est la merveilleuse histoire que je vais te conter à l’occasion du chapitre suivant.


2- L’Auto-Mignon de Philips : la première platine disques vinyles pour voitures


Dans les années 1950 et 1960, le principal support pour la musique commercialisée était le disque vinyle.
Et écouter de la musique quand on est en voiture, c’est bien agréable. Et tant qu’à faire, écouter la musique de ton choix.

Bien avant que les Minions de Gru ne deviennent célèbres, la société néerlandaise Philips a fait plancher ses ingénieurs sur le concept : créer une platine disques vinyles pour la voiture.
Un véritable défi technique, rapport aux vibrations pas good.

Et ils ont tout de même assuré, parce que leur Auto-Mignon, il fonctionne.

– Source : Youtube | Vidéo amateur / utilisation d’un Philips Auto-Mignon –

Tu noteras l’élégance du système qui permet d’empiler les disques, subtilement placé sur le siège passager. Excellent truc pour dissuader les auto-stoppeurs de monter dans ta voiture.

Sinon, passée cette considération ergonomique, ça fonctionne bien. Le plateau dandine avec entrain, mais le système de lecture ne saute pas. C’est beau comme une tulipe qui s’épanouit, ma foi.

L’Auto-Mignon a été commercialisé à partir de 1959 (sauf horreur ou commission de mon agent de change), et a connu un certain succès auprès d’une clientèle de gens aux goûts musicaux certains et au portefeuille convenablement garni.
Car voilà, la technologie qui fonctionne, ça coûte cher (remarque, parfois, même la technologie qui ne fonctionne pas coûte une blinde). L’auteur de l’excellent article du Blog Cobra a fait une conversion en euros de 2015 et évalue le coût à environ 800 euros.

Soit environ 50 000 euros en 2040, au rythme de l’inflation (han, j’déconne… y aura plus d’euro d’ici là).

Alors je sais, cher / pas cher, c’est une notion très relative.

Mais de mon point de vue, ça n’est pas tant la question du prix (si nous restons dans cet ordre d’idée) qui pose le plus de soucis, mais celle de l’intérêt d’écouter des disques vinyles à l’aide d’une platine située dans ta boîte à gants.

Si si, c’est une vraie question.

Parce que si je me réfère à l’utilisation des lecteurs de CD en voiture, ça m’a bouffé pas mal de disques.
Les nombreuses manipulations, les doigts gras posés à la va vite, les disques rangés n’importe comment, ben tout ça, c’est pas bon pour le karma des disques.
Je ne vois pas bien pourquoi les disques vinyles subissant ce traitement échapperaient à ce triste sort.

Une solution consisterait peut-être à n’emmener en voiture que ce type de disques
Ainsi, s’ils sont abimés, tu n’auras pas trop de peine.


Mais où est passé l’Auto-Mignon ?

Disons que si les ventes semblent avoir été honorables, il a subi les aléas des marchés (surtout technologiques).

Les lecteurs de cassettes audio, moins complexes à mettre en place et moins onéreux sont apparus. Et puis ensuite les lecteurs CD – et c’est bien là que le Compact Disc a eu un avantage concurrentiel déterminant : la taille (moindre dans le cas de celui-ci) et donc l’encombrement.
Et les pauvres disques vinyles connurent eux-même un certain désaveu de la part du grand public (sans jamais disparaître totalement).

Ainsi, en-dehors de l’habitacle de quelques nostalgiques, la belle création de Philips a cessé de séduire et d’entonner l’hymne de nos campagnes, ou de claironner Video Killed the Radio Star de The Buggles
Triste fin pour une invention tout de même bien ingénieuse et un développement industriel réussi, qui fut le fruit d’une lutte acharnée d’ingénieurs et techniciens visant à triompher face à l’adversité formée par des contraintes qui auraient sans doute fait reculer Indiana Jones ou MacGyver.

Ce que je ne sais pas, c’est si les disques vinyles survivaient longtemps à ce type d’appareil.

Car l’Auto-Mignon était une platine de type « mange-disques ».
Et ce terme n’était pas qu’une image : les mange-disques destinés aux enfants & adolescents consommaient littéralement les disques qui leur étaient offerts en pâture.
Ces appareils étaient de véritables prédateurs pour les vinyles.

Et un coup à te retrouver avec ta tête mise à prix si tu avais eu le malheur de ruiner les disques de tes frères éventuellement tyranniques.


Si l’avenir est incertain…

… il pose question.

Mais… mais… Nous sommes en 2022. Le marché du disque vinyle semble être en pleine forme (enfin au niveau de la production, c’est délicat rapport à des pénuries – sans doute de l’ordre du ressenti – en matière de pétrole).

Alors question : y a-t-il un avenir – sous la forme d’un revival – pour des platines disques vinyles pour voitures ?


3- Y a-t-il un avenir pour les platines disques vinyles pour voiture ?


Mais bien entendu !
Le bon goût, ça ne va pas disparaître comme ça, et je sais que tu y crois car tu ne t’es pas laissé impressionner par mon léger persiflage qui s’est parfois glissé subtilement au sein du chapitre précédent.

Après, la question à poser est tout de même celle-ci : qui va mettre beaucoup de sousous pour écouter des disques vinyles dans sa voiture, en-dehors de quelques coquets et geeks branchouilles ?

Et puis qui aura encore les moyens d’avoir une voiture dans quelques années (et surtout de la faire rouler) ?


Se pâmer ou conduire, il faut choisir

J’oublie les 7 nains de Blanche-Neige, même si tu ne les mets pas dans le coffre, mais j’attire tout de même ton attention sur le fait que l’un des intérêts du disque vinyle, c’est de savourer la pochette, ainsi que d’exécuter tout le rituel qui accompagne le fait de sortir le disque après s’être pâmé devant l’œuvre de cover art imprimée sur la fameuse pochette (reniflage compris).

Donc, de mon point de vue en expert auto-proclamé en marketing wizz, je pense qu’un avenir raisonnable pour ce type de platines sera… à l’arrière des grandes voitures des Princes des Villes (note la maestria avec laquelle le bonus track est amené).

Parce qu’à l’avant de nos calèches de gueux, même en faisant abstraction du porte-disques so fuck-friendly de la vidéo postée à l’occasion du chapitre précédent, avoir une platine disques vinyles de voiture, c’est en quelque sorte comme manger du (mauvais) fast-food dans la vaisselle en porcelaine de Limoges de ta grand-mère, et avec des couverts en argent (massif, ne soyons pas chiches).
Il y a un genre de contre-emploi dans cette affaire.

Sans compter le traitement calamiteux des disques chéris, résultant de manipulations hasardeuses.


Platine-disques-vinyles-pour-voiture Wars : Lexus, un nouvel espoir

Oui, ça ne sera pas le blockbuster de l’année : le titre est déjà trop long.

L’Auto-Mignon ayant cédé la place à des mange-CD puis aux lecteurs MP3 et l’univers ne supportant pas le vide, conjugué au principe du cycle construction / déconstruction / reconstruction, c’est reparti pour un tour (semble-t-il) grâce au constructeur automobile haut de gamme Lexus.

C’est ce que nous apprend l’auteur de cet article.

Le fabricant nippon de belles autos aurait ainsi conçu un prototype équipé d’un système moderne reprenant sensiblement le concept de l’Auto-Mignon de Philips.

Avec des images, c’est encore mieux :

– Source : Youtube | Spot publicitaire pour le Lexus IS – Wax Edition (prototype, n’appelle pas ton concessionnaire, il n’en a pas en stock ni en précommande) –

Ah ben oui, c’est très joli tout cela.

Comme cela fait un moment que je n’ai pas acheté de Lexus (gros mytho, t’en as jamais eu la moindre), j’ai eu recours aux services de Google et tapé « Lexus prix » afin de me remémorer combien coûte un modèle de cette prestigieuse marque.

Google m’a répondu : « À partir de 88 900 € ».
Mais oui, je me souviens, maintenant. Ça coûte un peu plus cher que ma voiture.

Après vérification sur le site du constructeur, je suis au regret de te dire – cher Google – que j’ai failli ne pas regretter de ne pas pouvoir m’offrir une Lexus, car tu m’as induit en erreur en écrivant en tout petit que le prix de 88 900 € (et plus si affinités), c’était pour le modèle RX (n’insiste pas, tu l’as écrite en petit, la mention « Lexus RX », petit filou, alors que moi j’avais bien tapé Lexus tout court – mais sans « tout court »), et moi ça m’a trompé.

La bonne nouvelle, c’est que la gamme démarre finalement à 40 990 €, et la mauvaise est que cela reste environ 40 990 € trop onéreux par rapport à mes moyens du moment.

Qu’à cela ne tienne, j’ai tout de même cherché le modèle IS, qui comme convenu, n’est pas disponible. Quant aux options, je n’ai pas trouvé la platine disques vinyles annoncée dans l’article, donc tout est conforme par rapport au plan.

Le prix de l’option qui n’est pas encore disponible sur ce modèle qui n’existe pas encore n’est donc pas spécifié. Sans être un renard des surfaces du Juste Prix, ça sera tout de même plus cher que des tapis de sol pour une Traban, à mon avis (voire qu’une Traban tout court).


Et les platines vinyles à lecture laser, alors ?

Une chose m’a étonné, toutefois. À savoir que la technologie choisie ne soit pas celle des platines disques vinyles laser.
Mais si, ça existe. Et le système présente de nombreux intérêts, dont la lecture de vinyles ayant pris quelques pets. Suis mon regard, rapport à ce qu’il adviendra probablement des disques chahutés par de multiples manipulations.

Certes, la solution est onéreuse : le coût d’une platine vinyle laser est de l’ordre de 8 000 à 15 000 euros. Et ça, c’est pour des modèles qui ne sont pas conçus pour faire du rodéo sur les nids de poule. Il faut sans doute prévoir un léger budget « adaptation aux milieux hostiles ».
Enfin cette histoire de prix, c’est toujours une question de moyens, tu me diras. Et pour le moment, nous parlons d’une Lexus, alors une option de ce type devrait coûter l’équivalent d’une option full cuir + peinture métallisée et jantes super jolies qui font rêver.

Quel est l’avenir des platines vinyles pour la voiture ?

Je laisse Daniel Pennac proposer une réponse :

« Rien ne se passe comme prévu, c’est la seule chose que nous apprend le futur en devenant du passé »
– Source : https://www.proverbes-francais.fr/citations-futur/

Paf, un p’tit coup dans les dents des amateurs de business-plans, tiens.


4- Bonus track


Michel Berger avec ses Princes des Villes :

– Source : Youtube | Michel Berger / Les Princes des Villes –

Alors là, j’insiste tout de même sur quelques extraits du texte :

« Vivre plus vite que les autres
Avoir un pied dans le futur
Vivre les rêves qui sont les nôtres
Et obéir à sa nature
»

Ça, c’est pour les rêveurs.

« Puisque rien ne dure vraiment »

Eh oui, l’impermanence des choses…

« Dans les grandes voitures
Les rêves sont faciles
Et leurs nuits de vinyl
e »
– Extraits du texte de la chanson « Les Princes des Villes » | Auteur : Michel Berger –

Ah ben là, y a pas plus explicite, les platines vinyles ont donc bien leur place dans les voitures. Préférablement grandes.

À quel prix, avec quelle qualité et quelle incidence sur la durabilité des disques, cela, l’avenir nous le dira.


Prochainement disponible au sein de ton web mag’ préféré :


Plein de belles choses, de belles chansons, d’envolées lyriques…


Bisous mes chéris 🙂

Olivier



À lire également sur RYL :



L’actu sur RYL :


Suivre RYL en toute simplicité :


En renseignant ton adresse mail dans le champ ci-dessous et en cliquant sur le bouton « Abonne-toi à RYL par mail », tu recevras une notification à cette adresse à l’occasion de la publication de chaque nouvel article. Nous ne te spammerons pas (en clair, nous n’utiliserons pas cette adresse mail pour t’envoyer de la pub, et ne la cèderons à aucun tiers) !





Crédits :

Illustration principale : Riki1979, Public domain, via Wikimedia Commons
Musique et vidéos : Youtube et les ayants droit
Les sociétés, personnages et marques cités demeurent l’entière propriété de leurs détenteurs respectifs

Texte de la chanson « Les Princes des Villes » | Auteur : Michel Berger


Sources documentaires :

Wikipedia
https://blog.cobrason.com/2016/04/les-appareils-insolites-disparus-2-lecteur-vinyle-pour-voiture/
https://jack.canalplus.com/articles/lire/oui-cette-voiture-possede-une-platine-integree-dans-la-boite-a-gants



Auteur de l’article :

Platine Disques Vinyles pour Voiture
Les derniers articles par Olivier - Ride Your Life (tout voir)