Films d’Animation des Années 1970

Films d’Animation des Années 1970

8 janvier 2022 0 Par Olivier - Ride Your Life
Temps de lecture estimé : 8 minutes
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Films d’Animation des Années 1970 : le Top 3 des créations franco-belges par Ride Your Life.

Ah, les films d’animation… Genre longtemps dédié aux enfants – et grands-enfants – il est devenu progressivement plus adulte – pour une partie – sous l’impulsion d’artistes qui y ont vu une excellente manière d’éclairer des sujets très divers d’une manière différente de celle des films traditionnels.
Et parfois de contourner la censure du politiquement correct, l’air de rien.


Coucou mes Loulous,

Eh oui, une fois encore, je retourne sur les traces de mon enfance, cette fois-ci dans le domaine des dessins animés & films d’animation, avec 3 films qui m’ont marqué à cette époque.

Deux d’entre eux sont des productions franco-belges, le troisième est une création essentiellement française, emmenée par René Laloux et le prolifique Roland Topor, notamment récompensé par le Festival de Cannes, qui lui a octroyé le Prix Spécial en 1973.
Ce film est un pur chef d’œuvre sur le plan graphique ainsi que sur celui de l’une poésie tirant vers la philosophie.

Action !


Sommaire du Billet « Films d’Animation des Années 1970 : le Top 3 des créations franco-belges par Ride Your Life » :


1- Le Contexte

2- La Sélection RYL

3- Tarzoon, la Honte de la Jungle

4- Le Chaînon Manquant

5- La Planète Sauvage

6- Une décennie qui a changé les films d’animation


1- Films d’Animation des Années 1970 | Le Contexte


Les années 1970 ont été riches de productions très diverses en matière de films d’animation.

S’il y a eu le lot des incontournables films Disney, l’Europe n’est pas en reste durant cette période, notamment la France, avec par exemple Les Douze Travaux d’Astérix et 2 épisodes de Lucky Luke – Daisy Town et La Ballade des Dalton. Les poids-lourds de la BD ont su briller sur le grand écran.

En parallèle, 2 genres plutôt nouveau ont émergé : les films d’animation satiriques et les films d’animation du genre Fantastique.

C’est à 3 pépites du genre que nous allons nous intéresser.


2- Films d’Animation des Années 1970 | La Sélection RYL


Oui, pas moins que cela : des pépites.

J’ai porté mon choix sur 2 créations franco-belges emmenées par PichaTarzoon, la Honte de la Jungle et Le Chaînon Manquant, et ce qui reste pour moi le chef-d’œuvre de cette décennie : La Planète Sauvage, de René Laloux et Roland Topor.

Ce dernier, j’ai eu la chance de le voir au cinéma à l’époque de sa sortie, et j’en avais été aussi émerveillé qu’impressionné.


3- Films d’Animation des Années 1970 | Tarzoon, la Honte de la Jungle


Picha – pseudonyme de Jean-Paul Walravens – s’est rapidement fait connaître en tant que dessinateur / illustrateur, principalement pour des périodiques satiriques, mais également pour des titres de presse bien plus classiques, notamment le New-York Times.

Ayant logiquement évolué vers la bande dessinée, il créé le film d’animation qui le mettra sur le devant de la scène pour plusieurs années : une parodie de Tarzan.


Qui ne connait pas Tarzan, le personnage mythique créé par Edgar Rice Burroughs, porté à l’écran à de nombreuses reprises au cinéma (les films avec Johnny Weissmuller et Maureen O’Sullivan restant – à mes yeux – inégalés) ?

Picha s’est attaqué à ce mythe en 1975, proposant une version type anti-héros et cousin très éloigné de Tarzan.


Le pitch de Tarzoon


Le film présente une jungle déjantée au sein de laquelle la pôv’ Shame / Tarzoon se débat tant bien que mal afin de sauver sa belle June, une version pénible et castratrice de Jane, enlevée par la reine Bazonga, despote adepte de manipulations génétiques (voir son armée de zoombits).

Films d'Animation des Années 1970
– Source : capture d’écran Youtube | Tarzoon, la Honte de la Jungle –

Le but recherché au sein du film n’est pas l’élégance, ne nous mentons pas. Et ça, je m’en tape.

Le résultat est un film drôle, assez orienté cul, donna volontiers dans l’absurde, et que d’aucuns qualifieront de grossier et vulgaire, là où la transition entre un sujet sur les enfants qui meurent de faim et le score du dernier match de rugby ne choquera pas. On place la barre de l’obscénité où l’on peut (avec ses moyens neuronaux)…

Une chose est certaine : c’est un film pour adultes, pas pour enfants.

Il y a des moments où il faut à mon sens savoir mettre son cerveau en mode détente et juste apprécier les délires d’une équipe créative qui a réussi un pari insensé : faire d’une parodie fabriquée avec peu de moyens un succès international.


Bande Annonce de Tarzoon

Tu peux la consulter sur Youtube >>

Je ne la propose pas ici, son visionnage étant soumis à la censure / protection des mineurs.


4- Films d’Animation des Années 1970 | Le Chaînon Manquant


Fort du succès de son premier long-métrage, Picha remet le couvert en 1980 avec Le Chaînon Manquant.
Cette fois-ci, ça n’est plus une icône qui trinque, c’est l »humanité entière.

Alors certes, 1980, ça n’est pas vraiment les années 1970, mais c’est ma sélection, alors je m’arrange avec la linéarité temporelle :p


– Source : Youtube | Le Chaînon Manquant de Picha –

Le Pitch du Chaînon Manquant

Durant une préhistoire légèrement revue et corrigée, un nouveau-né atypique nommé Oh voit le jour : contrairement à ses congénères, il ressemble à l’homo sapiens et est intellectuellement évolué.


Le pauvre Oh est éjecté de sa tribu – jugé comme étant une erreur de la nature, et se trouve ensuite une famille d’adoption en la personne d’Igua, un brontosaure, lui aussi rejeté par les siens, puis de Croak, un ptérodactyle taquin.

On retrouve dans cette famille recomposée une partie de la recette gagnante de la saga « L’Âge de Glace ».

Oh découvre le monde, sa faune, sa flore. Il apprend, grandit, accompagné par sa famille d’adoption, puis il devient adulte.
Il est alors devenu bien plus érudit que ses congénères – tout en conservant une grande candeur, et se lance à la recherche de ceux-ci : sa tribu d’origine.

S’en suit un périple aventureux, riche de nouvelles rencontres et d’autant de surprises, avec notamment les Grocons – caricatures de l’home moderne dans ses excès consuméristes.

La faune et la flore proposées au sein du film sont pleines de fantaisie, d’ironie et parfois d’une cruauté comique sur le plan visuel.
Cela donne un tout complètement barré et tout simplement jouissif.

Il y a également une satyre manifeste vis à vis de nos sociétés humaines modernes, représentées par les Grocons, des humanoïdes entièrement dévoués au cycle boulot / Miam-miam glouglou / Dodo.
Je serais méfiant, j’y verrais une légère charge contre notre modèle…


RYL fait son Cinéma



5- Films d’Animation des Années 1970 | La Planète Sauvage


Avec La Planète Sauvage, nous abordons un tout autre registre.
Pas de satyre de nos sociétés (quoi que…), mais bien plus une réflexion sur les relations inter-espèces ou inter-races.

Le film – réalisé par René Laloux et selon un scenario du même René Laloux et de Roland Topor, qui assure également la direction du dessin – sort en 1973.
Si le film est souvent crédité comme étant français, il a été produit grâce ) une collaboration franco-tchèque.

La Tchécoslovaquie (oui, avant le démantèlement du bloc soviétique, la République Tchèque et la Slovaquie ne constituaient qu’un seul et même pays) maîtrisait fort bien une technique d’animation dérivée de cella dite du Papier Découpé, à savoir l’Animation par Substitution.

Cette technique était souvent préférée à celle des dessins-animés classiques, utilisant des feuilles de Celluloïd, lorsque les budgets étaient plus serrés.

Le résultat obtenu est souvent moins riche en matière de décors et arrière-plans, la superposition autorisée par l’utilisation des cellulos n’étant pas possible.

Pour autant, le résultat obtenu dans le cas de La Planète Sauvage est magnifique, mais il peut déstabiliser – au début, durant les premières minutes – les habitués des dessins-animés classiques.


– Source : Youtube | Teaser La Planète Sauvage (en Anglais) –

Le pitch de La Planète Sauvage


Sur une lointaine planète – Ygam – les Draags, une espèce extra-terrestre géante (les adultes mesurent une douzaine de mètres) règnent en maîtres.

Leur degré d’évolution très élevé les a amenés à mener une grande partie de leur vie dans un état de méditation.

Leurs enfants, quant à eux, s’amusent principalement avec de petits animaux domestiques – les Oms.
Les parents, de leur côté, considèrent plus les Oms comme une espèce parasitaire et invasive, à laquelle ils ne prêtent aucune intelligence autre que l’instinct de survie.

Films d'Animation des Années 1970
– Source : Youtube | Capture d’écran du film d’animation La Planète Sauvage (1973) –

Tout amusés qu’ils sont par ces « animaux domestiques » plus ou moins savants, les enfants Draags peuvent aussi se livrer à des jeux cruels avec les Oms.
C’est ainsi que Terr, Om nouveau-né, perd sa maman, tuée à l’occasion d’un de ces jeux.
Il est recueilli par une Draag adolescente – Tiwa – qui le prend en affection, malgré la désapprobation de Sinh, sa maman, qui préfèrerait que sa fille s’adonne à des loisirs moins futiles.

Terr grandit, à la fois couvé et étouffé par Tiwa, qui le retient captif grâce à un collier magnétique qui lui permet de ramener Terr dès qu’il s’éloigne trop selon elle.

Terr apprend cependant beaucoup, notamment en empruntant un appareil d’éducation à l’usage des jeunes Draags – un genre de diadème émettant des impulsions directement dans le cerveau de celui qui l’utilise.

Cet apprentissage va donner à Terr l’envie de quitter les Draags afin de rejoindre les siens, et de les aider à s’émanciper de la tyrannie imposée par les Draags, qui – lorsqu’ils n’utilisent pas les Oms domestiqués – traquent leurs congénères libres.

Terr va alors œuvrer – tel un Spartacus – à libérer les siens.


Fable philosophique ou superbe film d’animation ?

Résolument, les deux.


La Fable Philosophique

Je suis souvent prudent, réservé, quand il s’agit de qualifier un film ou une œuvre quelle qu’elle soit de « fable philosophique ».
Pourtant, dans le cas de La Planète Sauvage, cela constituerait un oubli de taille.

Le parallèle peut aisément être établi entre les Draags et les civilisations humaines dites avancées, qui sous couvert de progrès technologique et/ou intellectuel oublient la spiritualité authentique, notamment celle qui consiste à considérer que le vivant constitue un tout. Qu’il n’y a pas d’espèce qui mérite plus qu’une autre de survivre, surtout si sa survie et son développement se font au détriment de nombreuses autres, sinon tout les autres.

Le thème de la paix entre les peuples est également abordé, car les Oms constituent un peuple au même titre que les Draags, malgré la réticence de ces derniers à leur reconnaître ce statut.

J’y vois aussi un tacle assez étonnant – pour l’époque – aux pratiques new-age (méditation et tout le baratin).
Pas que ces pratiques soient intrinsèquement mauvaises – bien au contraire – mais disons que je trouve souvent leur appropriation par des occidentaux en mal de croyances un brin wizz / prout-prout / élitiste (et cela m’évoque alors Maître Dong dans « Un Indien dans la Ville »). Cela conduit – entre autres choses – au phénomène du « hors-sol ».
Se considérer au-dessus de la mêlée, être en orbite géo-stationnaire. Pour finir par perdre le contact avec le réel, voire le mépriser.


Le superbe Film d’Animation

Parce que clairement, c’en est un.

À ce jour, je ne sais pas si la technique d’animation par substitution a été retenue par René Laloux uniquement pour des raisons économiques.

J’y vois pour ma part une possibilité de choix. Le choix d’une technique qui privilégie les gros plans, les visages, les expressions.

Personnellement, je trouve cela très réussi, et – si tu n’as jamais vu ce film – je t’invite vraiment à le découvrir. Et si tu l’as déjà vu, à le regarder de nouveau, car sa pureté laisse glisser le temps sans le rendre dépassé.


Pour quel public ?

Autant j’invite vraiment les darons & daronnes à ne pas faire voir les 2 films de Picha à de jeunes enfants, autant La Planète Sauvage peut convenir à un public plus large.

Certaines images sont déconseillées – enfin je trouve – aux très jeunes enfants, mais je pense qu’à partir de 10 ans, tu peux le regarder avec tes enfants sans induire pour eux 10 ans de psychothérapie.
À condition d’accepter de répondre à leurs interrogations éventuelles.
Mais voilà, je recommande vraiment ce film à un public large, familial ou pas.


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6- Une décennie qui a changé les films d’animation


C’est vraiment ce que je pense des années 1970, et ces 3 films illustrent parfaitement cela, que ce soit par le côté satyrique des 2 premiers ou le côté philosophique de La Planète Sauvage.

Les années 1970 ont rendu les films d’animation moins consensuels, plus variés dans leur approche, le public recherché, les thématiques abordées.

L’une des conséquences de cette évolution a été la sortie – en 1981 – du film d’animation Métal Hurlant.
Mais ceci est une autre histoire :p


Bisous mes Loulous 🙂

Olivier



Crédits :
Illustration Principale : capture d’écran depuis Youtube
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Sources Documentaires :
Wikipedia


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