Journalisme | Investigation | Rigueur

Journalisme | Investigation | Rigueur

11 janvier 2022 2 Par Olivier - Ride Your Life
Temps de lecture estimé : 8 minutes
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Journalisme | Investigation | Rigueur : oui, superbe titre, à peine énigmatique.

Je te briefe de suite afin de mettre fin au suspens éventuellement créé (totalement à mon insu) : ce billet fait suite à celui du 11/12/2021 sur RYL, concernant les encres de tatouage.


Oui, j’ai ruminé aujourd’hui. Tel un vieux cheval plus vraiment fougueux.

En cause : un tour d’horizon de ce que dit la « presse » (qui roule) concernant la mise en application du RÈGLEMENT (UE) 2020/2081 DE LA COMMISSION (Européenne, donc, pas de ma liste de courses) qui vise à interdire dans les encres de tatouage un certain nombre de pigments, et plus encore, pas moins de 4 000 substances, ceci en accord avec le principe de précaution.

Si tu n’as pas lu mon article cité en référence (celui-là, donc) et que tu n’es pas au fait des potins liés au tatouage, tu risques d’être perdu(e).
J’dis ça sans aucunement te forcer à le lire.

Mais tu vas vraiment être paumé(e) si tu ne le lis pas…


Sommaire du Billet « Journalisme | Investigation | Rigueur » :


1- Ma requête (Messire moteur de recherche)

2- Articles du Figaro et de LCI
Y a du level…

3- Article de 20 Minutes
Plus rigoureux dans la démarche intellectuelle…

4- On en a gros, Sire

5- Pour Conclure ce Billet…


1- Ma requête (Messire moteur de recherche)


Grand naïf que je suis, ou étourdi, je m’imaginais trouver des analyses de tatoueurs ou de personnes à même d’analyser la situation en tapant la requête « encre tatouage interdiction » (les moteurs de recherche se tamponnent de la syntaxe – ce qui contribue à épurer notre belle langue de ses fantaisies : articles, conjugaison, syntaxe… vive la novlangue V.2.3).

J’avais oublié ce qu’est le web en 2022 (et depuis quelques années), enfin ce qu’est le traitement du référencement, pour être précis : une foire qui prime les gros sites, même si la réponse est peu pertinente (merci qui ?).

Peu importe, j’ai finalement trouvé un sujet : le journalisme véritable part en couilles, et depuis un moment.


La jolie image ci-contre, c’est la première page de résultat suite à ma requête.

C’est tout violet parce que j’ai cliqué sur ces liens, et lu tout cela.
Histoire de ne pas faire que brasser de l’air sans sourcer mes propos.

Non, ceci n’est pas un tacle.
Bon juste un p’tit, mais réglo :p

Journalisme | Investigation | Rigueur

Qu’est-ce qui part en couilles mon bon Monsieur ?

Tout plein de choses.

Je t’invite vraiment à lire cet article de Wikipedia.
À l’issue de cette lecture, tu ne considéreras probablement plus jamais ce que tu lis dans nombre de journaux de la même manière, si tu en listes les points vs. ce que tu peux décrypter (notamment en croisant les sources, parce que si croiser les effluves, c’est dangereux, croiser les sources, c’est vital).

  • Ensuite, je constate de plus en plus souvent une fâcheuse tendance à donner dans les articles « à charge », sans la contrepartie « à décharge ».

Un son de cloche, un avis, une source : oui, pourquoi s’emmerder (mot à la mode) à faire le job alors qu’il suffit de donner au mieux dans le plaidoyer à sens unique, quand au pire tu ne fais pas du copier/coller (regarde le pourcentage annoncé pour la proportion de la population tatouée, ça va devenir le chiffre de référence pour plusieurs mois).

Tu me diras, ils sont marrants les gaziers de la Charte de Munich avec l’article 1 :

« Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité. »

La vérité, la vérité… si j’mens ? La vérité révélée par Grand Skippy ? Le consensus de la communauté scientifique (lol – pardon, c’est nerveux) ? La vérité du camp du bien (auto-proclamé) ? La vérité du moment ?

Ben sois rassuré : il y a des gens qui savent. Toi, moi, nous ne savons pas (puis faudrait surtout pas que nous tentions de savoir, y a des gens qui sont là pour nous expliquer que penser, que ressentir toussa toussa).

De toute façon, si tu diverges de la pensée imposée (et non pas unique), tu es complotiste / platiste / adorateurs de petits gris.

Ne discute pas, c’est le camp du bien qui décide, qui distribue les bons points, qui fait du fact-checking.


Le Fact-Checking

C’est un phénomène récent.


Journalisme | Investigation | Rigueur
– Source : Image par moho01 de Pixabay –

L’idée est vertueuse : vérifier les informations farfelues qui circulent sur le web et les réseaux sociaux, parce que tout ça, c’est rien qu’un nid de porte nawak et de conspirationisme.

Te disent des gaziers qui conspuent lesdits réseaux sociaux, puis qui twitent comme mon défunt caméléon gobait des mouches et autres insectes (ça ne t’a jamais fait rire, ce concept ? Bon ben moi, si…).

Je trouve donc l’idée intéressante, enfin s’il s’agit de vérifier en faisant le boulot sérieusement, en croisant les sources, et en mettant son opinion de côté (le boulot de journaliste, en fait).


La photo ci-contre représente des noix de coco, et en lisant la suite, tu comprendras pourquoi je te propose ce fruit exotique qui évoque un goût de paradis.

Mais une question me brûle les lèvres :

Qui assure le fact-checking du fact-cheking ?

Parce qu’une fois encore, si l’idée, c’est qu’il y a un camp (oh ben si, nous en sommes là…) qui détient la vérité et que le postulat est « tout ce qui dévie des tables de la loi n’est qu’hérésie », je me demande pourquoi nos sociétés se sont évertuées à mettre à bas les religions, si c’est pour en créer une autre, avec son clergé, ses inquisiteurs et ses potentats de la vérité absolue truffée d’OGM (Obligation de Gober les Mensonges).


2- Articles du Figaro et de LCI


L’article du Figaro

Le titre – tout un poème : L’Europe interdit des encres de tatouage dangereuses pour la santé.

Comme disait Coluche : « circulez, y a rien à voir ».
Heureusement qu’un titre, ça n’est jamais fait que pour attirer l’œil…

Je n’ai pas circulé pour autant, et je me suis infligé la lecture dudit article.

Et j’ai bien fait : je me suis demandé si je n’avais pas cliqué sur un lien putaclic, comme on dit sur Youtube.

Parce qu’autant le titre ne prête à aucun questionnement (encres de tatouage dangereuses pour la santé – oh ben j’me doutais que ça ne rendait pas la chaussée glissante, hein), autant le texte en lui-même est plus édulcoré.
En fait, ça m’a donné l’impression d’avoir bouffé une noix de coco entière : dure et rigide à l’extérieur, molle à l’intérieur.

Parce que dans l’article en lui-même, ça y va à coups de « selon la commission ».
On est plus dans l’absolu. Chic, on relativise.

Je te passe sur les assertions telles que « il pourrait en aller de même pour des effets plus graves tels que des cancers ou des lésions causées à notre ADN ou au système reproducteur ».

Ça, ça sort de nulle part.

J’veux dire que ça fait 2 ans qu’on nous explique qu’on a du recul sur les piquouses (parce que des milliards de piquouses ont été administrées… moi qui pensais que le recul, c’était dans le temps…), et ça fait bien plus longtemps qu’on tatoue, et qu’à ce jour AUCUNE étude scientifique n’a révélé une quelconque causalité entre le tatouage et une éventuelle inflexion à la hausse de cancers parmi les tatoués vs. le reste de la population.

Mais… principe de précaution.

Par contre, pour les néonicotinoïdes, le principe de précaution, malgré une littérature scientifique abondante visant à en démontrer les effets délétères (consulter également les notes de référence en bas de l’article), ben on s’en branle.


L’article de LCI

Le titre : Tatouage : Tatouage : l’UE interdit des encres dangereuses pour la santé.

Oh ben dis donc, rudement original le titre.

Loin de moi l’idée de vouloir balancer, mais si il y a eu copitage, c’est apparemment LCI qui a regardé par-dessus l’épaule du Figaro (si je me fie aux heures respectives de publication des 2 articles).

Sinon, c’est sensiblement la même : un genre de noix de coco.

Un morceau de bravoure a été ajouté à la noix de coco :

« Celles-ci peuvent être cancérigènes, entraîner des mutations génétiques, affecter les capacités reproductrices, causer des allergies cutanées ou d’autres effets nocifs pour la santé, a précisé une porte-parole de l’exécutif européen »

Ah ben carrément. Pas moins que ça. Des mutations génétiques (et ce sont les mêmes qui ricanent quand des gens s’interrogent sur la technologie ARNm ?).
Certes, ceci est une hypothèse (« celles-ci peuvent »).
Ben à ce compte-là, elles doivent également « pouvoir » permettre de léviter, d’être sujet à des combustions spontanées, ou encore provoquer une soudaine envie de « mal voter ».

Le jeu des hypothèse, c’est sans fin.

Et les néonicotinoïdes ? Ah oui, j’en ai déjà parlé… Va savoir pourquoi, cela m’interroge…


Ce condensé te permet de comprendre ce qu’est la diversité de la presse au sein des médias de masse, de nos jours.
Et donne également une idée du niveau d’investigation et de rigueur mis en œuvre. Puis permet un rappel de l’appauvrissement de la langue – et donc de la pensée – en utilisant le présent de l’indicatif en lieu et place du conditionnel (qui eut été plus… indiqué).

En fouillant bien, tu dois pouvoir trouver 5 ou 6 clones de ce type.

Et comme chacun sait, à partir de cyclone, c’est une zone de dépression.


3- Article de 20 Minutes


Au sein de ce panel, 20 Minutes, c’est le meilleur élève de la classe.

Le titre : Les encres de tatouage interdites à partir de janvier 2022 ? Prudence !

Alors certes, cela commence par l’inévitable séquence de fact-checking.
J’ai écrit que c’était le meilleur élève de la classe (de mon panel), pas qu’il avait été reçu à l’entrée de la meilleure école avec 20/20 aux tests.

À leur décharge, la séance de fact-checking est relativement rigoureuse, même si triviale et surtout s’il eut été à mon sens intéressant d’aller au bout du raisonnement (qui est le mien) : cette réglementation peut ressembler au phénomène dit de la première phalange mouillée, préalable à l’introduction de l’avant-bras.

Mais passons, ceci est un point de vue personnel, et nul dieu ne m’ayant oint de la vérité, j’en reste là sur ce sujet (de l’introduction, donc).

J’en viens à ce que j’ai apprécié dans cet article : la suite donne la parole à Karine Grenouille, du SNAT 5yndicat National des Artistes Tatoueurs).
C’est à dire que la parole « à décharge » est donnée à qui de droit.

Le truc magique, c’est que cet article de 20 Minutes date du 9/12/2021, soit presque 1 mois avant les 2 autres articles cités au sein de ce billet.

Ma conclusion, c’est que quitte à copier, autant copier sur le meilleur élève.


À lire également sur RYL :



4- On en a gros, Sire


Je me permets cet emprunt au génial Alexandre Astier.

Parce que j’en ai gros.

J’en ai gros parce qu’au travers de cet exemple, qui me concerne parce qu’il touche à un domaine auquel je m’intéresse et sur lequel j’ai écrit (en me documentant… et sans affirmer détenir quelque vérité que ce soit – je le précise clairement au sein de mon article sur les encres de tatouage), je mets le doigt sur ce qui me perturbe depuis tant d’années dans le domaine de l’information. Ou de ce qui est présenté comme tel.

Journaliste, je ne suis point. Officiellement en tout cas. Je n’en ai ni les qualifications professionnelles, ni la carte. Juste une vague ambition de faire le job, à mon niveau, officieusement.

Et le journalisme authentique, c’est une mission d’intérêt public.
C’est théoriquement un contre-pouvoir. Le plus puissant de tous.
Mais sans rigueur, sans respect absolu de la Charte de Munich, il ressemble à s’y méprendre à une entreprise de propagande. Un organe de publicité qui ne s’annonce pas comme tel.

Et cela, vraiment, ça me navre. Pire, ça m’inquiète.


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5- Pour Conclure cet article…


Alors le journalisme, l’investigation, la rigueur…

De nos jours, j’ai de plus en plus de questions, et de moins en moins de réponses.


Et pour conclure la conclusion, quoi de mieux qu’une chanson ? De circonstance.


– Source : Youtube | REM / Losing my Religion –

Bisous mes Loulous,

Olivier



Crédits :
Illustration Principale : Image par Steve Buissinne de Pixabay
Les sociétés, personnages et marques cités demeurent l’entière propriété de leurs détenteurs respectifs

Alexandre Astier pour l’une de ses punchlines


Sources Documentaires :
Wikipedia

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/l-europe-interdit-des-encres-de-tatouage-dangereuses-pour-la-sante-20220104
https://www.lci.fr/societe/tatouage-l-union-europenne-ue-interdit-des-encres-dangereuses-pour-la-sante-2206301.html
https://www.20minutes.fr/societe/3192903-20211209-encres-tatouage-interdites-partir-janvier-2022-prudence



Auteur de l’article :

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