Hommage au Cover Art | In Vinyle Veritas

Hommage au Cover Art | In Vinyle Veritas

13 janvier 2022 3 Par Olivier - Ride Your Life
Temps de lecture estimé : 10 minutes
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Hommage au Cover Art | In Vinyle Veritas par Patrick Betaille (notamment auteur de l’excellent et réjouissant blog Black Bonnie) : un livre exceptionnel avec 290 pages de kiff en couleurs, pour une approche maline et perspicace de l’histoire des pochettes de disques vinyles censurées, et plus encore, une exploration des coulisses du rock.


Ayant quasi-simultanément appris à lire autre chose que des BD & magazines puis ayant fait la connaissance d’un amoureux des bonnes choses de la vie, j’ai le très grand plaisir de vous présenter aujourd’hui ce livre que TOUS les amateurs de musique rock se doivent d’avoir dans leur bibliothèque ou sur leur table de chevet :

In Vinyle Veritas | Éloquence et désaveu du Cover Art


Sommaire du Billet « Hommage au Cover Art | In Vinyle Veritas » :


1- L’Auteur

2- C’est quoi le Cover Art ?

3- Teaser du Livre

4- La Censure au service de quoi ?

5- Te procurer cette merveille


1- Hommage au Cover Art | L’Auteur : Patrick Betaille


C’est Patrick Betaille – un nouveau camarade qui nous a déjà proposé sur RYL un superbe billet sur le Tourist Trophy de l’Île de Man, l’une des courses de moto les plus barrées du monde – qui anime également avec ferveur un blog de référence : Black Bonnie, pour les amateurs de musique, de motos, de pin-ups et des bonnes choses de la vie.

Une plume comme on aimerait en voir plus souvent.

Sa devise :

Rock’n’Roll Bordel !

Parce que tu sais qu’à une époque où plus que jamais nous avons besoin de prendre de la hauteur, nous avons beaucoup à apprendre des Auteurs.
Les passionnés et passionnants, pas nécessairement ceux des prix gallimarion et autres promus de l’entre-soi intello-mes-genoux.


2- Hommage au Cover Art | Mais c’est quoi le Cover Art ?


Le Cover Art – ou encore Le Cover Artwork – c’est l’Art d’Illustration de Couverture.

Pas la couverture de ton couvreur, mais bien celle d’une œuvre (un disque dans le cas du livre qui nous intéresse, une BD, un livre), ou même d’un produit de consommation courante.

Si tu es un(e) habité(e) de RYL, tu dois déjà le savoir, et si tel n’est pas le cas, je le rappelle encore une fois : je ne suis expert en rien.

Les experts, ils habitent sur les plateaux TV. Il y en a en à peu près pour tout sujet, de nos jours.
Je me souviens d’avoir vu un « expert en confinement » sur l’un de ces plateaux… en mars 2020. La vache, déjà expert.

Bref, si je ne suis expert en rien – notamment, donc, pas plus en matière de cover art qu’en matière de quoi que ce soit – il se trouve parmi les quelques domaines qui me passionnent celui de la Bande Dessinée. Notamment des Comics (Marvel, principalement).

Rien que dans ce domaine, je me souviens de noms de dessinateurs extraordinaires, notamment du prodigieux français Jean Frisano, qui fit les belles heures de la mythique revue Strange.
Mais également, pour ne citer que quelques autres dessinateurs d’exception, James P. « Jim » Starlin (ah, son travail sur Captain Marvel / Mar-Vell de son nom kree…), Giovanni Natale « John » Buscema – disparu il y a quelques jours à peine (le 10 janvier 2022 – repose en paix, tu as fait rêver tant d’entre nous) ou encore son frère Silvio « Sal » Buscema.

Si ces quatre-là ont énormément dessiné, ils ont livré de nombreuses couvertures absolument fascinantes, portant le cover art de la BD à un niveau probablement jamais égalé.
Je n’oublie pas leurs indispensables collègues, les encreurs, qui venaient parfaire les esquisses en leur donnant encore plus de vie, de beauté, de rayonnement.

Une belle couverture, c’est magnétique, parfois hypnotique


Les Couvertures de Disques Vinyles

Eh bien il en va de même pour les couvertures de disques, notamment vinyles.
Qu’ils soient très connus ou pas, de nombreux photographes, dessinateurs et illustrateurs ont rivalisé d’inventivité – et assez souvent d’audace et de provocation – afin de proposer des couvertures de disques accrocheuses, et donc parfois sulfureuses.

Parce que le format du disque vinyle autorisait des pochettes grand format, et que le contenant aide à vendre le contenu.

Mais voilà, la censure – dont le champ d’application et la sévérité fluctuent en fonction de l’époque, de l’évolution des mœurs, et peut-être plus encore des pouvoirs en place – a souvent frappé.

C’est une des choses que Patrick développe avec acuité et surtout une très grande culture musicale au sein de In Vinyle Veritas | Éloquence et désaveu du Cover Art.


3- Hommage au Cover Art | Teaser du Livre In Vinyle Veritas


In Vinyle Veritas | Éloquence et désaveu du Cover Art, c’est un vrai beau livre illustré, avec des textes fouillés.

Un voyage épique au pays de la musique rock et pop, de la censure selon le sens du vent, la lutte hystérique des aboyeuses, la main grassouillette des moralisateurs à sens unique.
Puis c’est aussi un vrai trip qui t’emmène dans l’histoire de la musique depuis les années 1950, avec son lot d’anecdotes, d’histoires cachées ou peu connues.

Ce livre est un résultat comme seul un passionné & érudit de la musique peut en proposer, sans se prendre pour un critique acerbe ; bien au contraire.

Pour ma part, le commander m’a rappelé de merveilleux souvenirs.
Ceux de l’époque où j’étais devenu un (assez) gros collectionneur de BD (+ de 2 500 comics et + de 500 BD diverses).
Il y avait celles que j’achetais dans les kiosques de presse, celles que j’allais dénicher chez les bouquinistes du Quai de la Tournelle, et puis – et c’est là le plaisir retrouvé – celles que je commandais auprès des éditeurs.

J’attendais mes colis comme un enfant choyé attend Noël, avec cette impatience chantée par Jacques Higelin dans « Pars ».

En allant chercher l’exemplaire commandé au Point Relais de mon choix, j’ai retrouvé le plaisir d’ouvrir cet emballage en carton, avec dedans un trésor : 290 pages de kiff sur la musique, les pochettes, l’audace.

Georges Clemenceau résumait ainsi les plaisirs sensuels : « Le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier ».
Pour ma part, j’ai toujours également beaucoup apprécié la suite.

Avec In Vinyle Veritas, cela s’est vérifié : si j’en ai effeuillé l’emballage avec une impatience certaine, j’ai savouré – et vais continuer à le faire – cet ouvrage, comme j’ai eu le plaisir renouvelé d’étreindre quelques belles qui ont bien voulu de moi.

Déjà dans ma voiture, sur le parking du bar / relais, j’en savourais la dédicace de Patrick, puis feuilletais l’objet de mon désir.


Quelques chiffres

  • 290 pages sur un beau papier couché de 170 grammes / m².
  • 170 chroniques : de vrais articles qui t’apprennent ou te rappellent plein de choses.
  • 275 photographies et illustrations : un travail documentaire titanesque.
  • Un beau format : 24 x 16,5 cm : ça n’est pas un livre de poche.
    Assez grand afin de mettre en valeur les photographies, pas trop grand afin de ne pas embarrasser les mains.
  • Une couverture presque aussi brillante que le contenu : c’est un beau bouquin, qui illuminera ta bibliothèque.
  • 35 euros – frais de port compris pour la France Métropolitaine.

Le cœur de l’ouvrage : un hommage au Cover Art

Et du cœur, il y en a !

Le paradoxe – très positif – est que le livre est structuré, sans pour autant être chapitré.

Cela commence par la dédicace à ses enfants – la marque de la compréhension de ce qu’est le sel de la vie, puis Patrick enchaîne sur un « avertissement au lecteur », prétexte à une première grosse note d’humour et d’autodérision.

Ensuite, une introduction de quelques pages, puis quelques pages présentant des pochettes de disques, sans plus de commentaire que les mentions de crédits.
Ces pages terminent en fanfare puisque Patrick propose la pochette de la compil’ d’un des groupes français qui m’a le plus fait rire (mais pas que, parce que ce sont de vrais bons musicos) : Le Très Meilleur des Bidochons (qui se sont également appelés les Beadochons ou les Rolling Bidochons, selon qu’ils reprenaient les Beatles ou les Rolling Stones – putain, Roger, ça m’avait cloué, la première fois que je l’avais entendue).

Et puis c’est tout ?

Certainement pas. Tout cela, c’est juste l’entrée.

La suite, c’est encore plus de 200 pages qui envoient du bois.

Plus de 40 années de musique pop-rock passées en revue, avec des textes léchés et des pochettes de disques de légende, puis d’autres moins connus.

Une pluie rafraîchissante de chroniques de l’hypocrisie ordinaire, mais aussi de provocation plus ou moins osée.
Au travers du livre, tu revis également les différentes époques et portées de la censure, de la culture, mais également de l’Histoire.

In Vinyle Veritas : 290 pages illustrées accompagnées de textes passionnants sur l'histoire des pochettes de disques vinyles censurées... et plus encore

Ainsi, tu apprends que la couverture du premier album de Massive Attack ne laissa finalement apparaître qu’une version tronquée du nom du groupe : Massive.
Mais pourquoi donc ?

Parce que tel un poisson – un exocet, si j’osais la blague – le disque est sorti le 1er avril 1991.

Outre cette date spécifique et propice aux blagues, la période correspondait à la fin de la guerre du Golfe, et à ce moment-là, l’intervention militaire n’était plus considérée de manière positive par une partie importante de l’opinion britannique.
Dans ce cas, nous avons à faire à un exemple de modération, plus qu’à un exemple de censure (car In Vinyle Veritas ne parle pas exclusivement de censure).

Il ressort de ce cas que ce qui est vrai pour l’histoire en général est vrai pour celle de la musique : le timing détermine bien des choses. Succès, échecs, décisions et autres.

À un autre moment, tu apprends comment Kurt Cobain a mené un bras de fer contre sa maison de disques à l’occasion de la sortie de Nevermind, et avec quelle belle paire de couilles – et une incroyable intelligence matinée d’aplomb – il l’a gagné, haut la main.

In Vinyle Veritas, c’est cela : 290 pages bourrées d’art, d’anecdotes et de tranches d’histoire.
Un authentique hommage au Cover Art.
Et nom d’une pipe, que ça fait du bien, et comme c’est intelligemment écrit et présenté.


4- La Censure au service de quoi ?


Je n’ai ni l’envie ni sans doute les capacités requises pour te proposer une analyse philosophique de haute volée.
Mais je me suis tout de même posé la question, et je te propose le fruit de mes réflexions (qui d’après mon estimation valent facilement celles de certains ministres).


Modération vs. Censure

Il faut à mon avis distinguer 2 choses : la modération et la censure.

La modération, qu’elle soit menée par l’auteur / l’artiste lui même ou par une tierce personne, c’est un exercice qui répond à des règles en vigueur, selon le contexte.

La censure, quant à elle, si elle s’habille de la même manière, est un outil politique ou tout du moins souvent hautement politisé, mis en œuvre soit par un pouvoir gouvernemental, soit par une autorité (religieuse ou autre).

La différence peut être considérable, en ce sens que le but poursuivi n’est pas le même : la modération vise à faire respecter des règles, la censure vise à mettre au pas. Différence de taille.


Mes réactions

Non, promis, je ne vais pas lancer une série façon « RYL reacts to… » en me filmant (déjà parce que j’suis pas photo-hygiénique) avec la langue qui pendouille ou une érection de la rétine.

Rien de cela.

Je veux simplement te dire que je me suis étonné moi-même en me disant – face à certaines pochettes « ah ben oui tout de même, ils voulaient y aller fort, là ».
Par exemple en voyant une pochette présentant une femme dénudée, les jambes écartées, pubis bien en évidence.

Mais bordel, depuis quand ça me choque, une choupinette de femme adulte ?

Alors je me suis posé suis posé la question, de manière plus réfléchie.

Dans le cadre de la vie intime, j’te jure que ce genre de vision m’a toujours fait frémir (de plaisir), et ne m’a jamais donné envie de jeter un drap pudique sur une dame.


Alors pourquoi cette réaction ?

Tu vois, par exemple, lancer des mots crus durant les galipettes, ce sont des choses qui se font – entre adultes consentants et avertis.
Mais au petit-déj’, tu vas changer de ton quand tu vas demander à ta chérie si elle veut des tartines, tu vois.

Non vraiment, n’essaye pas, c’est pas bon. «C’est un copain qui m’a raconté ça », et il est super fiable, j’le connais comme j’me connais moi-même.


Hommage au Cover Art | In Vinyle Veritas
– Source : In Vinyl Veritas | Extrait du livre –

Bon, tu t’en souviendras : les mots crus, si la dame est d’accord, oui, mais pas au petit-déjeuner, même s’il s’agit d’un Breakfast in America


Le timing, le contexte, le sens du vent et le changement de direction de la girouette

Alors j’en reviens à ma notion de timing, puis de contexte.

Mais quel contexte ?

Imagine un gamin qui déambule au milieu d’un rayon de disques et voit ce genre de pochette.
Selon le cas, c’est 10 ans de thérapie, ou alors il a déjà vu pire avec ses copains sur son smartphone ou la tablette de ses parents qui étaient en train de picoler.

Mais bordel quels parents responsables laissent leurs enfants circuler seuls dans les boutiques ?!

Blague à part, bien entendu qu’il faut veiller à ne pas choquer un public non averti.

D’ailleurs, Patrick évoque cela avec l’apparition des mentions « Explicit content » et autres « Explicit lyrics » (sans compter les ignobles versions « bippées »).

Alors oui, il y a une part de contexte, une part de juste milieu, une part de modération.
Mais la censure… ça reste un outil de contrôle des masses, un résultat de la bien-pensance et surtout un concept à géométrie très variable.

Voir récemment le dernier épisode de Sons of Anarchy qui avait déclenché un tollé parmi les autorités religieuses aux USA, parce qu’on pouvait voir le cul de Jax. Mon Dieu, quel outrage…
Par contre, tout au long des saisons, les centaines de morts, les flingues, la dope, les trahisons suivies de meurtres envers des copains… là… no fuckin’ problem.

Et puis surtout, finalement, la censure a souvent été un putain de vecteur de vente.
Cf. la chanson de Michel Sardou – Les Ricains – censurée par les autorités et… plébiscitée par le public.


Ma Conclusion

Finalement, mon questionnement à ce sujet m’a mené à cette réflexion, qui, je te l’avoue, m’est venue comme une envie de manger du pop-corn (qui est généralement issue d’une collaboration entre mon cerveau reptilien et mon néocortex) :

Le rock, ça reste globalement une pulsion adolescente.
Avec toute la part de rébellion et de provocation que cela sous-entend.
Et tu sais ce que l’on dit : « Il faut bien que jeunesse se passe ».

Alors tout ça, à quoi ça m’a mené ?

À la conclusion que Patrick a décidément raison :

Rock’n’Roll Bordel !


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5- Te procurer cette merveille


Parce que j’espère t’avoir donné envie d’acheter ce livre en hommage au cover art, tout à fait exceptionnel.
Et crois-moi, tu constateras tout comme moi que le plaisir voluptueux découlant de sa dégustation vaut bien plus que la montée des escaliers.


La page de commande sur Black Bonnie

Elle est là >>

Et Patrick m’a proposé un cadeau pour les lecteurs de RYL :

Si lorsque tu passes ta commande à l’aide du bon qui va bien (disponible par téléchargement sur la page indiquée juste au-dessus), tu ajoutes en commentaire « Rock’n’roll bordel », tu bénéficies d’une remise de 2 euros (que tu appliques toi-même en rédigeant ton chèque).

C’est pas un deal de beau gosse ça ? 2 euros de remise pour avoir copié 18 caractères, espaces compris.

T’sais ce qu’il te reste à faire 🙂


Bonus Track

Pfffffff, dans mon emballement, j’en ai presque oublié la chanson bonus.

Elle ne cause pas de censure, mais d’images, de photographies, alors voilà koa.

– Source : Youtube | The Cure / Pictures of You (version longue, avec intro jouissive) –

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Bisous mes Loulous,

Olivier



Crédits :
Illustration Principale : Image par Florian Kurz de Pixabay

Vidéos & Musique : Youtube et les ayants droit
Photographies : Patrick Betaille
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Auteur de l’article :

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