Come Join the Murder de The White Buffalo

Come Join the Murder de The White Buffalo

24 juin 2022 0 Par Olivier - Ride Your Life
Temps de lecture estimé : 8 minutes
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Come Join the Murder par The White Buffalo & The Forrest Rangers est une (superbe) chanson qui illustre le dernier épisode de la saison finale de la série Sons of Anarchy.


Come Join the Murder / The White Buffalo (live + un extrait de l’interview)

– Youtube | The White Buffalo / Come Join the Murder (Live at the Print Shop) –

Pour ce qui concerne le choix précis de cette vidéo / cette version : musicalement parlant, je préfère la version studio (notamment parce qu’il y a un bout de solo de guitare qui enchante mes oreilles), mais Jake Smith en live, c’est toujours l’occasion de savourer la voix très envoutante d’un chanteur remarquable.

Et au début de la vidéo proposée ci-dessus, il livre quelques précisions sur son histoire à lui par rapport à cette chanson.

Il explique qu’au tout début, il ne se sentait pas de chanter Come Join the Murder en public, parce qu’il n’en était pas l’auteur, ce qui est très inhabituel dans son répertoire, vu qu’il est auteur / compositeur / interprète.
L’auteur du texte est en effet Kurt Sutter, the godfather of Sons of Anarchy. Le daron de la série, en des termes plus français et moins religieux.

Un jour, quelqu’un – à l’occasion d’une autre interview – lui a dit « mais c’est égoïste en fait », ce à quoi il a répondu « euh ouais, en fait ».

Et depuis, il n’hésite plus à la chanter et ce faisant (avec un t) à nous enchanter, ce qu’il fait juste après cette explication en saisissant sa guitare.


Sommaire :


1- Quelques explications autour du titre Come Join the Murder

Et qu’est-ce donc que cette histoire de murder, d’abord ?
C’est comme Murder et Scully ?

2- De quoi qu’elle cause la chanson ?
Oui d’abord. Qu’est-ce que c’est que ce remake de Solsbury Hill en version hardcore ?

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3- Bonus track


1- Quelques explications autour du titre Come Join the Murder


Le titre de la chanson « Come Join the Murder » recèle un jeu de mots lié à un double sens accordé au mot anglais « murder », qui prend une autre acception dans le cas particulier d’un groupe de corbeaux.


Qu’est-ce que c’est que cette histoire de meurtre et de corbeaux ?

Quand tu apprends l’Anglais, tu peux assez rapidement savoir que murder signifie meurtre, au premier degré. Enfin j’veux pas dire « meurtre au premier degré ». Juste que c’est son acception principale.
Et là tu te demandes de quoi qu’il cause, le bison blanc.

Lorsque j’ai fouillé autour de cette chanson, au moment où je l’ai entendue pour la première fois – à l’occasion du dernier épisode de Sons of Anarchy – j’ai découvert que les anglois désignent les groupes de corbeaux sous le nom de « murder of crows ».

Et là, pareil, j’ai encore fouillé, et même trouvé. Notamment un article super intéressant (et rigolo, en plus), que tu pourras retrouver au sein de la section Crédits de cet article.


Le Corbeau, ce charognard

Oh, que ce mot est vilain. Mais c’est ainsi que l’on nomme les éboueurs naturels. Ceux qui font le ménage (de nombreux mammifères, oiseaux et invertébrés, dont ces chieuses de mouches, ô combien utiles mais tellement pénibles en été).

Alors forcément, sur les champs de bataille et autres charniers, des corbacs, il y en a en veux-tu en voilà.
De là à leur coller une image de messagers de la mort, alors qu’ils ne sont que d’opportunistes nettoyeurs des traces de celle-ci, il n’y avait qu’un pas, qui a été allègrement franchi en nos contrées.

Et paf, le pôv’ corbac devient un oiseau de malheur, associé au meurtre, d’où l’expression « murder of crows » pour désigner les bandes de corbeaux, bikers gangstas des airs et des plaines malgré eux.


Des noms d’oiseaux pour désigner les groupes de ces derniers

Ce que nous explique l’auteur de l’article (pour rappel : voir lien au sein de la zone Crédits de cet article), c’est que le vocable appliqué aux groupes de nombreux animaux en langue anglaise vient de la chasse ou d’une symbolique populaire liée à certains animaux..

Il cite notamment « piteousness of doves » (la piété des colombes – expression liée à la place accordée à ce volatile dans la Chrétienté et par extension en Occident – ce qui a notamment abouti à la Colombe de la Paix de Picasso, fait amusant quand tu sais qu’à cette époque il était membre du PCF, et qu’il y a moins anti-religieux dans le genre), ou encore « parliament of owls » (le parlement des hiboux – le hiboux étant associé à la sagesse, ce que Winnie l’Ourson et ses copains ne sauraient démentir) etc.

Fin’ bref, l’article est superbement rédigé, drôle et instructif.

Et maintenant, ce point étant éclairci – comme le seraient des plumes de corbeau peroxydées – passons au texte de la chanson.


2- De quoi qu’elle cause la chanson « Come Join the Murder » ?


Tu peux consulter les paroles, par exemple sur le site de Genius, en cliquant ici >>

Si tu ne maîtrises pas bien l’Anglois, un coup de copier-coller sur Google Traducdtion, et tu auras un aperçu (c’est tout de même devenu pas mal du tout cet outil-là).

Cette partie présente un spolier massif de la série Sons of Anarchy, jusqu’à sa cène finale (ceci n’est pas une coquille, c’est un jeu de mots donc je suis tellement fier).


Un résumé de la thématique principale de Sons of Anarchy

Ce qui est assez logique, puisque les paroles ont été écrites par Kurt Sutter, le créateur de la série, comme évoqué plus haut.

Parce que oui, SOA, c’est une série basée sur la quête de rédemption, sur une trame assez similaire à celle de Hamlet. Et comme tu le sais, on ne fait pas d’Hamlet sans casser des œufs.

En fait, cette quête de rédemption entamée par Jax Teller, c’est aussi la nôtre, à nous pôv’s spectateurs perdus, qui avons pris fait et cause pour une bande de salopards amoraux & immoraux, capables de tuer sans sourciller, parfois même des potes à eux, histoire de couvrir leurs arrières.
Ce fourbe et génial Kurt Sutter nous fait effectivement suivre et apprécier ces magnifiques enfoirés, incarnés par des acteurs sélectionnés via au casting brillant. qui enchaînent les tueries, ventes de came et trafics d’armes entre 2 parties de jambes en l’air avec leurs putes qu’ils exploitent tout en chantant l’honneur et la fraternité.

Ça m’a pris un moment – en suivant cette série – pour me dire ça (« putain mais je kiffe une bande d’enculés à la moralité légèrement douteuse, serais-je en train de dériver ? » – et si tu as vu le film Pacific Rim, tu sais que la dérive, ça le connait, Charlie Hunnam).

Et Kurt Sutter nous reprend avec maestria dans le dernier épisode. Même si pour moi et beaucoup de spectateurs (je pense), cette quête de rédemption était une évidence, il nous emporte sous son aile protectrice vers un final aussi apocalyptique que libérateur pour Jax, pour son club et pour nous.

Toute cette putain de violence, c’est mal !

Tu te demandes peut-être où nous en sommes avec les paroles de la chanson, hein…
Alors j’y viens.


Le Corbeau, messager de l’au-delà

(et cetera, comme dirait un certain Peter de Chicago)


Dans de nombreuses cultures, le corbeau est un messager de l’au-delà.
Un annonciateur, un prophète, un zozieau venu du monde des esprits afin de te causer de karma.
En France, il a été assimilé à l’un de ses parents éloignés, le pigeon, et aurait une tendance (comme son cousin) à se faire abuser par la flatterie, mais ceci est une autre histoire, que dis-je, une autre fable.

La chanson Come Join the Murder le présente comme tel.

J’veux dire comme un messager de l’au-delà, pas comme un pigeon…


Ah ben enfin, nous allons causer des paroles… Pffff, il était temps !

Le corbeau aux yeux inquisiteurs (He burns me with his eyes of gold to embers | Il me consume jusqu’à la braise de ses yeux dorés – on dirait presque Ghostrider, dit comme cela) conté par Kurt Sutter invite – tel un Charon (mais pas Stone) – l’homme à l’âme pervertie par ses innombrables péchés (He sees all my sins / He reads my soul | Il voit tous mes péchés / Il lit en mon âme) à se libérer de toute cette souffrance, en fuyant les pièges liés à la condition humaine (We’ll give you freedom / From the human trap | Nous te libérerons / Des pièges de la condition humaine).

Kurt en profite pour mettre un p’tit coup d’iconoclastie :

« On that day that he lied to me
Like Martin Luther
Like Pericles
»

Mais bon sang, que viennent faire ce bon Martin et Périclès dans toute cette affaire ?
Ils apparaissent de manière récurrente au sein de la chanson, dans un genre de second refrain dont le premier vers est variable (tantôt One day that bird, he spoke to me / On that day that he lied to me / All I can hear is what he spoke to me / The crow no longer sings to me)

Alors le Martin en question, à hauteur de ce que j’ai compris, ça n’est pas le bon pasteur afro-américain, mais plutôt le gazier à l’origine du protestantisme.
Périclès, je te laisse consulter sa fiche Wikipedia, si tout comme moi, tu as oublié l’essentiel de tes cours d’histoire depuis le temps (je ne suis d’ailleurs pas certain d’en avoir entendu parler à l’école, mais j’accorde le bénédoute du fils à cette noble institution).
Toujours est-il que comme cela est vrai pour nombre de personnages historiques – et finalement pour à peu près tout être humain vivant ou ayant vécu – tu peux lire son histoire sous plusieurs angles, et – dans son cas précis – le voir tantôt comme un parangon de vertu démocratique, tantôt comme un guerrier acharné ou un politicien populiste comme on dit de nos jours (parce que parler au peuple, en novlangue, c’est mal).

Et ce faisant, ce filou de Kurt égratigne donc les 2 icônes. Pour ce qui est de Martin Luther, j’explique cela par le fait que Kurt Sutter est catholique – et on a beau nous baratiner avec des diversions, la guerre de religions la plus ancienne, la plus sourde mais aussi la plus terrible est celle que se livrent le Catholicisme et le Protestantisme (et cette guerre a laissé des traces rien que dans notre beau pays la France, et par ailleurs je te laisse observer quel bloc domine le monde – y compris la vieille Europe – pour comprendre qui mène au score depuis quelques décennies).
Pour ce qui concerne Périclès, je m’en tiens au fait que c’est parce que Agamemnon, c’était trop long.

Je ne vais pas te passer l’intégralité des paroles en revue, d’une part parce que je viens d’en voir quelques uns bailler au fond de la salle, et d’autre part parce que bon, hein, voilà quoi.

Pour résumer, qu’il ait fumé un bédo de trop ou bien qu’il ait été vraiment visité par un corbac qui lui a dit de lâcher sa vie qui sent le fromage qui pue, le narrateur est plus ou moins invité à aller rejoindre l’au-delà, parce que la nature est catégorique, les hommes ne peuvent pas voler par eux-mêmes, ils n’ont pas d’ailes (même s’ils sont fous d’elles) et que la solution la plus simple pour aller voler avec ces zoziaux, si sociaux c’est de rejoindre le grand créateur.

Et là tu as l’enchaînement parfait avec la scène finale du dernier épisode de la dernière saison, bref de la der des der, avec Jax qui fly to the sky en se faisant emplâtrer par un camion de face.
Et le clin d’œil final avec le corbac qui vient picorer un bout de pain bientôt rejoint par le flot de sang lié à la rencontre malencontreuse entre la Harley et le camion, et tu finis avec la Cène (« Ceci est mon corps, ceci est mon sang »). Ceci est donc la Cène finale.

Paf, ça, c’est fait.

Après, que tu aies de la religion ou pas, ne me blâme pas, je n’ai pas écrit les paroles ni la série et ne t’impose rien, sinon mon analyse, que je ne t’impose pas, mais te propose simplement.

Cette chanson, finalement, c’est un genre de Solsbury Hill version hardcore et suicidaire.


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3- Bonus track


– Youtube | Ashley Lilinoe / Redemption Song (cover Bob Marley) –

Sinon…

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Bisous 🙂

Olivier


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Crédits :

Illustration principale : Image par pasja1000 de Pixabay
Vidéo & Musique : Youtube et les ayants droit


Sources Documentaires :

Wikipedia
https://bigthink.com/life/why-group-murder-of-crows/



Auteur de l’article :

Come Join the Murder de The White Buffalo
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