Child of Vision de Supertramp

Child of Vision de Supertramp

9 juin 2022 0 Par Olivier - Ride Your Life
Temps de lecture estimé : 10 minutes
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Child of Vision de Supertramp – chanson issue de l’album « Breakfast in America », c’est un de mes titres de chevet.

Une chanson qui m’avait échappé quand j’étais ado, et que j’ai découverte tardivement, quand j’avais la vingtaine (ok, je n’étais pas bien vieux non plus).
Adolescent, j’écoutais surtout quelques titres de Crime of the Century côté Supertramp, alors entre cet album puis le Harvest de Neil Young et les albums rouge et bleu des Beatles, les cassettes de compil’ des Rubettes et des Chaussettes Noires, je tournais sur quelques disques (et cassettes. T’as moins de 40 ans, t’as pas connu la cassette audio, hein ?). Plus les bizarreries de mes frangins.
Et la radio, à fond les années 1980. Puis le Top 50 en clair sur Canal+.

Bref, découverte relativement tardive mais ô combien jubilatoire.
Que je te propose de partager.


Sommaire :


1- Supertramp, Roger Hodgson et les USA
Parce que les membres du groupe british y ont établi leur QG dès 1977.

2- Child of Vision (live) par Roger Hodgson
Parce que voilà, hein. Pour moi, Roger, c’était l’âme créative de Supertramp.

3- L’album Breakfast in America
Pas moins de 4 extraits qui sont devenus rapidement des succès internationaux, et deux pépites en plus (Child of Vision et Lord is it Mine).

4- De quoi que ça cause ?
C’est intéressant, parce que ça discute. Entre Roger Hodgson et Rick Davies, comme un écho finalement plus apaisé à Casual Conversations.

5- Bonus track

6- Épilogue

En Savoir Plus >>


1- Supertramp, Roger Hodgson et les USA


IMPORTANT : l’essentiel de cet article est consacré à Rick Davies et à Roger Hodgson, pour des raisons qui me semblent évidentes, mais je n’oublie pas que Supertramp était un groupe, pas juste un duo.
Donc Dougie, John et Bob, je vous love aussi, mais là je parle des tauliers.

C’est en 1975 que le groupe pose ses valoches et ses instruments aux USA.
Les membres du groupe ont ainsi acté la version surmultipliée de la British Invasion : la British colonisation.

Il faut dire que le marché US, il était tentant : plus de 200 millions de prospects, contre environ 50 millions au Royaume-Uni. Être artiste n’empêche pas toujours d’avoir le sens des réalités et du business.

Passons sur ces contingences matérielles (mais également artistiques) et abordons le cas de Roger Hodgson. L’une des deux têtes du groupe bicéphale (mais avec un corps composé de Dougie, John et Bob, hein).


Roger Hodgson, an Englishman en Californie

Bien avant que Sting ne plante son dard d’Englishman à New-York

Si l’émigration aux USA a participé du succès planétaire du groupe, sur le plan personnel, ça a été une révélation pour Roger Hogson.

Imagine le truc : il s’est découvert végétarien au royaume du fish & chips, du haggis et d’une manière générale de la junk-food (si si et sans rancune, les amis), et est attiré par une certaine forme de spiritualité. Roger trouvait que le Royaume-Uni n’était pas le biotope idéal pour s’épanouir dans ces domaines.
Il avait goûté aux joies de la Californie dès 1973, et s’était émerveillé face à l’ouverture d’esprit qui y régnait, contrastant manifestement avec le royaume pluvieux et so foggy.

À ce sujet, Roger déclarait ceci :

« I came to California when I was 23, » he says. « I felt like I’d found my true country, if you like. There were a lot of people there who were searching for alternatives, answers. There was sun, which for an Englishman was unusual. And they were eating healthy. I was a vegetarian in England, and everyone just thought I was weird. Nowadays it’s commonplace; back then it was considered weird. But in California, there were health food stores on every corner, people were into yoga and meditation. It was a way of life. It was where I belonged, pushing boundaries »
– Source : https://eu.democratandchronicle.com/story/lifestyle/2013/06/23/roger-hodgson-delivers-unabashed-art-rock-nostalgia/2449761/

Ce qui signifie en Français :

« Je suis venu en Californie quand j’avais 23 ans », dit-il. « J’avais l’impression d’avoir trouvé mon vrai pays, si vous voulez. Il y avait beaucoup de gens là-bas qui cherchaient des alternatives, des réponses. Il y avait du soleil, ce qui était inhabituel pour un Anglais. Et ils mangeaient sainement. J’étais végétarien en Angleterre, et tout le monde pensait que j’étais bizarre. De nos jours, c’est monnaie courante; à l’époque, c’était considéré comme bizarre. Mais en Californie, il y avait des magasins d’aliments naturels à chaque coin de rue, les gens pratiquaient le yoga et la méditation. C’était un mode de vie. C’était là qu’était ma place, repoussant les limites. »
– Source : merci Google Traduction (avec une correction de ma part pour le « where I belong » (parce que « c’était là que j’appartenais », bof bof) –

Au fait d’être végétarien et en quête de spiritualité, tu peux ajouter la consommation de LSD.
Point d’achoppement sur lequel les 2 compères buttèrent (ouais, ça rime), Roger étant limite dithyrambique au sujet de cette drogue, et Rick étant du genre à dire ou penser « fais pas chier avec tes conneries new-age », incluant là-dedans la quête spirituelle et toute mention à la religion (bref, il ne kiffait pas Lord is it Mine, par exemple – Rick, parfois, tu n’étais parfois qu’un rustre, franchement).

Allez, on se l’écoute, la chanson.


2- Child of Vision (live) par Roger Hodgson


– Youtube | Roger Hodgson / Child of Vision (live) –

Ah ben oui, c’est du lourd. C’est Roger en concert, tout simplement.


3- L’album Breakfast in America


C’est un énorme succès tant commercial que critique pour le groupe.

En France, les titres Goodbye Stranger et Logical Song passent en boucle à la radio, et j’enfonce le clou sur la platine disque familiale (sans prétendre pour autant avoir contribué de manière gargantuesque à ce succès). Et ce phénomène n’a pas été propre à notre seul pays.

20 millions de copies (officielles, je précise, parce qu’en matière de nombre de copies tous circuits confondus, ça a dû être stratosphérique) vendues, 4 titres qui ont figuré au sein du classement Billboard Hot 100 en 1979, rafle en règle de récompenses prestigieuses et succès bien au-delà des USA, comme tu peux le constater en cliquant ici >>

La British Emigration tourne à la colonisation.

Tu fais ça une fois dans ta vie, tu es rentier, et probablement super fier du résultat.


Le Contexte

Voilà une bonne dizaine d’années que Rick & Roger forment l’un des duos les plus créatifs de l’histoire de la musique, entourés de musiciens tout à fait brillants (Dougie Thomason à la basse, John Helliwell aux instruments à vent et Bob Siebenberg au tamb… à la batterie).

Mais voilà, un groupe composé d’un duo ultra créatif, ça a un côté un peu Orthos (t’sais, le clebs mythologique jaloux de Cerbère parce qu’il avait moins de têtes), ou alors c’est comme le crocolion (cet animal constitué d’une moitié antérieure de crocodile et d’une moitié antérieure de lion, ce qui le rend particulièrement agressif, car il ne peut pas faire caca, vu qu’il n’a pas de trou d’balle, et que – forcément – ça l’agace).

Alors nous n’en étions pas encore tout à fait là entre Roger et Rick, mais leur collaboration en studio (sur scène, l’alchimie était encore intacte) devenait de plus en plus difficile.

Tout admirateur que je suis de Roger, je t’avoue que je me souviens avoir lu qu’il décrivait Rick comme étant le « col bleu » (c’est à dire l’ouvrier, sociologiquement parlant), super instrumentiste et talentueux compositeur, mais sans doute trop terre à terre selon Roger, qui lui gobait des p’tits papiers enduits et gravitait donc, comme qui dirait, assez haut, en quête de réponses à des questions que Rick ne se posait pas (ou n’osait pas se poser). He was flying high.

Bref, le duo chancelait, comme un couple en fin de parcours, et en guise de thérapie conjugale opta pour un chacun chez soi : Roger composait dans son studio, Rick dans le sien.
Pour ajouter à la confusion, Roger voyait la femme de Rick (devenue manager du groupe et assez omniprésente) trop envahissante.

Voilà, encore une femme qui a foutu la merde dans un groupe de légende 😀

Chacun a ensuite proposé ses compos à l’autre, et les deux amis en voie se séparation sont parvenus à s’accorder sur une sélection, avec une répartition équitable des cartouches : 5 pour Roger, 5 pour Rick (et toutes pour le plaisir de nos oreilles émerveillées).

Parce que oui, outre le contexte énoncé ci-dessus, la simple lecture plus ou moins second degré des paroles sent tour à tour la tentative de conciliation (précisément avec Child of Vision, j’t’en cause à l’occasion du chapitre suivant) ou la rupture annoncée et entérinée (Goodbye Stranger) et le constat d’échec amer (Casual Conversations).


La Série « Autour d’une Chanson » :



4- Child of Vision | De quoi que ça cause ?


Child of Vision, c’est un genre de monodialogue (oui c’est nouveau) écrit par Roger Hodgson.

Si tu as lu le contexte de l’enregistrement, tu as un indice important concernant cette chanson, qui à mon sens fait écho à un autre titre : Casual Conversations.


Un extrait de Casual Conversations

« There’s no communication left between us
But is it me or you, who’s to blame
There’s nothing I can do, yes, you’re fading out of view
Don’t know if I feel joy or pain
It’s such a shame
»
– Extrait de la chanson Casual Conversations (diffusé à titre culturel et artistique) | Auteur : Roger Hodgson –

« Il n’y a plus de [réelle] communication entre nous
Mais est-ce que ça vient de toi ou est-ce que ça vient de moi, qui faut-il blâmer ?
Il n’y a rien que je puisse faire, eh oui, tu es en train de disparaître [de ma vie]
Je ne sais pas si je ressens de la joie ou de la peine
Et j’en ai tellement honte
»
– Traduction / adaptation homemade de ces paroles –

Là, tu vois à l’issue d’un séance de thérapie de couple de ce genre, le thérapeute appelle ses copains & copines et leur dit « bon chéri(e), j’ai 2 célibataires à venir. Oué oué, j’suis sûr, c’est mort de chez mort ».

La ligne Je ne sais pas si je ressens de la joie ou de la peine, elle peut sonner étrangement (ô joie, je te quitte enfin), ou bien être comprise comme l’image de celui qui prend le train et laisse un être aimé sur le quai. Partir, c’est plus facile que de rester, parce que quand tu pars, tu as un but, un horizon, alors que quand tu restes, tu as juste de la peine. Et des souvenirs.

Toujours est-il que la globalité du message est là : ça prend l’eau, cette affaire.
Je ne développe pas plus que ça, mais le constat de la chanson est très amer et laisse peu de place à un espoir de conciliation.


Revenons à Child of Vision

Comme si – par exemple – c’était l’objet principal de cet article…

Oui, donc, de quoi qu’ça cause, cette chanson ?

Au niveau des paroles, c’est principalement un monologue (rien de grave, c’est fréquent dans le domaine de la chanson), même s’il y a quelques échanges (la réplique étant assurée par les autres membres).

On y entend Roger (supposément) parler à ce Child of Vision, qui vit pour l’argent, qui court on ne sait pas trop après quoi, qui pollue, consomme, picole, boit du soda sucré goût cola, se fait happer par la télévision… On croirait qu’il parle à quelqu’un de terriblement terre à terre, j’me demande bien de qui il s’agit.

Il y a cependant deux passages particulièrement intéressants (j’dis pas que le reste ne l’est pas, c’est juste que ces deux passages-là laissent échapper une forme d’introspection, et puis une conclusion plutôt fair-play).


Tu t’fais du mal, Child of Vision

« And you’re poisoning your body
And you’re poisoning your mind
»

Je ne suis pas psychologue mais tout de même, je me demande si Roger ne se parle pas à lui-même, sur ce coup-là. Volontairement ou non. Parce que le LSD, c’est pas le truc le plus greenwasher ni le plus diet de la planète. Côté corps, c’est pas terrible, et côté mind, il y a un paquet d’utilisateurs qui ne sont jamais redescendus de leur perchoir…


C’est nous qu’on a tous les deux raison

dit-il dans un Français tout à fait remarquable…

« We have no reason to fight (We have no reason to fight)
‘Cause we both know that we’re right (‘Cause we both know that we’re right)
»

Soit :

« Nous n’avons pas de raison de nous battre
Parce que nous savons que nous avons tous les deux raison
»

Après un procès en règle, finalement, la chanson termine (presque) sur cette note d’ouverture.

Alors interprétation personnelle, c’est fort possible, mais ce Child of Vision peut être aussi bien l’Amérique consumériste à outrance qu’un certain Rick, voire un certain Roger, ont goûté… et apprécié, jusqu’à saturation.

Quoi qu’il en soit, morceau remarquable s’il en est.


5- Bonus track


Alors si je parle d’épilogue, c’est parce que ce titre (Don’t Leave Me Now) est extrait de l’album …Famous Last Words…, le dernier disque de Supertramp qui a connu la dream team historique. Bref, le dernier album avec Roger & Rick fuckin’ playing together.

– Youtube | Roger Hodgson ft. Matthieu Chedid / Don’t Leave Me Now (live du King Roger dans l’Arène) –

J’ai choisi cette version-ci, parce que M y joue.

Paradoxalement, j’suis pas fan de M. De sa musique, je veux dire. Le bonhomme – pour ce que j’ai vu de lui en interview est tout à fait sympathique et je conviens du fait qu’il sache fort bien manier son manche – mais disons que dans la famille Chedid, je préfère de très loin le daron. Question de goûts.
Cela dit, j’aurais trouvé dommage (et limite mesquin) de ne pas proposer cette version qui – à mon avis – l’a bien fait kiffer et a dû faire kiffer ses fans.
Pour aller au bout du concept, le shred sur du Supertramp, c’est comme le shred partout ailleurs, ça me gonfle, c’est too much, ça n’amuse qu’un public dont je ne fais pas partie, mais à part ces quelques écarts, c’est propre, et donc bravo Matthieu, jouer avec Roger, ça doit faire plaiz’ et tu as bien assuré le spectacle (mais punaise, un peu de sobriété les gars, de temps en temps, la musique ça n’est pas un concours de bites).

Je préfère donc amplement la version studio, avec par exemple la partie solo de guitare, sobre comme mes oreilles apprécient.

Une fois encore, je ne peux pas m’empêcher de lire cette chanson qui traite au premier degré de rupture amoureuse d’une manière plus métaphorique, comme le dernier appel de Roger envers Rick, comme une bouteille jetée à la mer – ou à l’amer.

Sinon, à titre bien plus personnel, cette chanson fait partie des nombreuses merveilles que not’ frère Éric m’a fait découvrir.
Repose en paix, notre frangin chéri, et merci d’avoir notamment tant contribué à ma culture musicale, tant tu étais pour moi un puits de savoir en matière d’anecdotes sur les chanteurs & groupe musicaux, et avais globalement très bon goût (même si parfois, je t’avoue que je trouve que tu écoutais de la soupe :p).


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6- Épilogue


Child of Vision, c’est probablement l’expression d’un désaccord profond entre Rick et Roger, qui n’a fait que s’amplifier avec le temps.

C’est bien dommage pour nous, pour la musique, parce que la réunion de leurs 2 talents exceptionnels et de ceux de leurs compagnons de route permettait d’obtenir des résultats assez extraordinaires.

Depuis, chacun continue sa route, avec quelques chamailleries (Rick n’aurait pas respecté le contrat moral établi entre lui et Roger, consistant à ce que chacun ne joue pas les chansons de l’autre) et voilà le résultat, hein, nan mais franchement, c’est bien triste.

Ils continuent à chanter tous les deux – chacun de leur côté, donc, et si les concerts de Roger Hodgson sont magnifiques, depuis son départ de Supertramp, en ce qui concerne les compositions postérieures, j’ai bien l’impression qu’il n’a jamais vraiment retrouvé la magie de l’époque Supertramp.

Sometimes, shit happens…


Wala, c’est tout c’que j’avais à déclarer au sujet de Child of Vision, une chanson d’anthologie.

Bisous mes chéris 🙂

Olivier



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Crédits :

Illustration Principale : Image par natureaddict de Pixabay
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Les paroles des chansons citées ont été écrites par Roger Hodgson ou Rick Davies, selon le cas


Sources documentaires :

Wikipedia
https://eu.democratandchronicle.com/



Auteur de l’article :

Child of Vision de Supertramp
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