Kashmir de Led Zeppelin

Kashmir de Led Zeppelin

20 octobre 2022 0 Par Olivier - Ride Your Life
Temps de lecture estimé : 7 minutes
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Ah, le Kashmir, ce magnifique pays africain, voisin de l’Angola et cher à Led Zeppelin

Comment cela, le Kashmir, ça n’est pas en Afrique, et ça n’est pas un pays ?

Alors la chanson ne parlerait pas de Cachemire, cette matière aussi douce que l’Angola ?
Et quoi encore, c’est pas l’Angola mais l’Angora ?

Ma parole, je tombe de Caraïbes en C’est pas là, décidément.
Allez, fact-checking nécessaire, nom d’une pipe en écume de mer !


Sommaire :


1- La chanson
Avec une version live jouissive.

2- De quoi qu’ça cause ?
Euh… C’est pas bon, la drogue.

3- Le repompage crapuleux
Qui a cependant le mérite de figurer au sein de la B.O. de Bad Lieutenant.

4- Le cover pas crapuleux

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1- Kashmir de Led Zeppelin | La chanson


– Source : Youtube | Led Zeppelin / Kashmir (live from Celebration Day) –

Ah ben un peu qu’elle est classe, c’te version.

Forcément, y a plus John Bonham, vu qu’il a connu une fin très précoce et dramatiquement rock’n’roll (en clair, il est mort étouffé dans son vomi, après avoir picolé à peu près 40 shots de vodka en une soirée – âgé d’à peine 32 ans), et c’est Junior – Jason – qui le remplace aux baguettes.
Les 3 autres ont survécu à leurs excès et délivrent ici une performance tout de même monumentale, comme à la grande époque, avant le fatal vomit-stop.


2- De quoi qu’ça cause ?


Donc je te confirme, je suis allé de découverte en découverte en scrutant les paroles. Pas un mot sur les pulls en cachemire, rien sur les lapins ou les chèvres angora, alors j’te l’demande : de quoi qu’ça cause ?

Comme c’est à moi de répondre, ben je m’y colle.

Alors disons que voilà, hein, en somme…

Je vais peut-être passer pour quelqu’un qui sort « oh mais ça me fait penser à Solsbury Hill » à chaque fois que ça l’arrange, mais voilà, ça me fait penser à Solsbury Hill : c’est une histoire de révélation mystique. « All will be revealed ». Et toc, la preuve par neuf.
Sauf que ça se passe dans le désert, et qu’en guise de colline, ben y a des dunes.

« As I scan this wasted land
Try to find, try to find the way I feel
»
Oué oué Robert, moi ce qu’je pense, c’est que tu n’aurais pas dû boire de l’ayahuasca. Ça ne se siffle pas comme les shots, faut y aller mollo avec ce breuvage.

Ah ben là, ça va enfin causer de kashmir…

« Oh, pilot of the storm who leaves no trace
Like sorts inside a dream
Leave the path that led me to that place
Yellow desert stream
My shangri la beneath the summer moon
I will return again
As the dust that floats high in June
We’re moving through Kashmir
»

Ouh la Robert, mon diagnostic se confirme : t’étais encore fin défoncé quand tu as fait ton trek de star au Maroc !
Viens voir Tonton Olivier et nan, ne me mens pas, regarde-moi droit dans les nyeux et confesse-toi : ton allusion à Shangri la, ça vaut déjà une demi-confession.
T’as trop tiré sur l’bédo ou j’sais pas quoi, et puis en plein Sahara, t’as cru que tu étais à Mumbai (où tu étais allé en 1972 – oui je le sais, j’ai tes anciens passeports sous les yeux). Et Mumbai, hein, c’est à quoi ? Quelques stations de métro du Cachemire, hein ? Environ.
J’avais raison, t’as pris du LSD ou de l’ayahuasca. Ou une autre substance non prescrite par un médecin conventionné, en tout cas.

« Ooh, yeah yeah, oh, yeah yeah,
But I’m down oh, yeah yeah, oh, yeah
Yeah, but I’m down, so down
»

Ah ben oui, la came, c’est comme l’escalade : t’as la montée, puis après, t’as la descente. Forcément. Sauf si tu montes direct au ciel, comme on dit.

Bon, lecteur chéri, tu as le plot, le pitch ou j’sais pas quoi : Kashmir, c’est le résultat d’un genre de quête de vision improvisée durant le trek de Robert Plant dans le Sahara. Ou en tout cas la résultante artistique d’un gros trip de toxico.

P’tain, n’empêche, si tu leur avais interdit la schnouf, aux rockers, ben y aurait jamais eu Hotel California, ni A Horse With no Name et encore tout plein de chansons.

Bande de drogués !

Alors ça me fait mal de le dire (parce que la drogue, c’est pas bon), mais c’eut été une perte.
Hélas, des pertes, ça en a occasionné, cette saloperie.


La composition et l’enregistrement : c’est du grand Mendez

Alors si ça ne s’est pas déroulé dans un garage, oui, ça a été du sport. Plus façon marathon que sprint, d’ailleurs.

L’ami Wikipedia nous relate ce fait amusant (oh ben si, tout de même). J’ai toutefois apporté une correction (retard / absence, tu verras).

L’idée musicale de départ, elle est de Jimmy Page. Qui comme d’habitude avait du refiler de la bonne à John Bonham, et les 2 se sont entendus comme larrons en foire. John Paul Jones, lui, il n’était pas dans le studio. En fait, il a même failli quitter le groupe en 1973. Trop de pression, trop de tournées, et puis John Paul, lui, il était daron et daron responsable, qui plus est.

Alors s’il n’avait pas quitté le groupe, il avait pris du recul, d’où – non pas son retard aux sessions d’enregistrements, mais plutôt son absence (nan parce que quand t’es en retard, tu demandes à ta femme de te faire un mot d’excuse puis t’arrives le lendemain au studio avec une bouteille de sky pour ces boit-sans-soif, quoi).
Finalement, la chanson aura mis près de 3 ans à être bouclée, entre les premières jams sessions de Jimmy et John, l’ajout des paroles par Robert l’amoureux du désert, et finalement les arrangements de John Paul.

Et ça a tout de même donné un p’tain de bon résultat.


Le Kashmir, c’est au Maroc ?

Enfin le Kashmir de Led Zeppelin, pas celui de l’atlas mondial.

Ah ben quand je te dis que c’est la grande révélation, hein…

Wikipedia est formel : le texte a été inspiré à Robert Plant situé à un voyage au Maroc (et après y en a qui vont s’étonner que j’ai situé le Kashmir en Afrique…).

Parce que voilà, s’il a nommé la chanson Kashmir, le Robert, ben même pas il pensait au Kashmir dis donc. Soi-disant. Et même pas il y était déjà allé (et quand t’es allé à Mumbai, petit filou, t’aurais pas fait un crochet par là-bas ? Paf, 2 coups de pagaie et tu mangeais des champis avec tes cousins népalais).


3- Le repompage crapuleux de Kashmir de Led Zeppelin


– Source : Youtube | Schoolly D / Signifying Rapper –

Lecteur chéri,

Ceci n’est pas un cover. Il s’agit d’un repompage crapuleux.
C’est simple, c’est du sample, mais sans accord de l’artiste samplé.

Auteur du délit : le rapeur Schoolly D, AKA the poet of rap (fouille sa discographie, tu verras, c’est de la poésie).
Le contexte : a été inséré à la B.O. du film Bad Lieutenant (l’une des plus grandes claques dans la chetron qui soit en matière de film policier).
Le résultat : plusieurs procès. Et une condamnation à verser 50 000 $ de dommages et intérêts aux ayants droit (les membres survivants de Led Zeppelin et Junior Bonham). Plus une injonction de passage au pilon des copies non vendues adressée à Live Home Video et au distributeur Aries Film Releasing.

Ça a fait gueuler Abel Ferrara, le réalisateur du film, qui a tout de même eu la mauvaise foi de faire savoir à Led Zeppelin qu’ils n’étaient rien que des rats, et que la version de Schoolly D était vachement plus meilleure grave bonne.
Bon alors Abel, la drogue, c’est mal. Mais ton film, il est bien.


Le Comte de Buderbala a-t-il donc totalement raison ?

Dans son fameux sketch sur le rap, l’ami Sami Ameziane s’interroge au sujet de l’entourage de rapeurs disons… légèrement illettrés, soulignant le fait que personne n’ait été choqué par les abominations grammaticales déployées par un groupe.

Donc là, je me pose une question vaguement connexe : mais bordel, y avait personne pour dire à Schoolly D « fais gaffe, si tu ne demandes pas d’autorisation, tôt ou tard, tu vas te prendre un scud dans la face ? ».

Cela fait partie des mystères du show quand il oublie le bizness.

Alors n’en déduis pas que je m’en prends au rap ou aux rapeurs. Je n’ai rien contre ce genre musical. J’dis juste que sur ce coup-là, le Scholly a été un peu trop gangsta, et sans filet.

Après, ce genre de mésaventure est survenue en France, notamment à l’occasion du single Rockcollection de Laurent Voulzy. Le Lolo et l’Alain – et tout le staff de la maison de disques – avaient comme qui dirait omis de mentionner les crédits des chansons anglo-saxonnes ponctuant les différents couplets écrits et composés par leurs soins.

Sur 9 morceaux repris (même partiellement), 5 des familles des ayants droit ont intenté une action judiciaire à l’endroit des 2 filous malgré eux. Enfin filous, j’en doute fort, juste des étourdis pas très bien conseillés par leur maison de disques (y a des gens dont c’est le taff, dans ces sociétés, non ?).
Bilan : leurs droits d’auteurs ont été gelés durant 3 ans (tu me diras, c’est préférable au sort du pauvre Karlo Štajner, qui écrivit « 7 000 jours en Sibérie » suite à sa malencontreuse expérience au goulag).
À cette issue, il semblerait qu’un arrangement à l’amiable ait été conclu, et qu’un dédommagement forfaitaire ait eu raison de l’ire des ayants droit concernés. Quel délire.


4- Le cover pas crapuleux


– Source : Youtube | Jaz Coleman –

Je te sens à la fois ébahi(e) et interpellé(e).

Ébahi(e) par la qualité de ce cover, et interpellé(e) genre « mais c’est qui Jaz Coleman ? ».

Dans l’ordre : oui, c’est beau, c’est effectivement ébahissant.
Et Jaz Coleman, en plus d’être le cofondateur et membre encore actif du groupe Killing Joke , c’est juste un monstre en matière de musique.

Comment ça, « c’est qui Killing Joke ? »

– Source : Youtube | Killing Joke / Love Like Blood –

Nan mais quand j’te dis que c’est un monstre dans le domaine musical, j’te dis pas ça comme si j’étais (simplement) un groupie.

Jaz Coleman, c’est un fanatique de musique. Il est tombé dans la marmite quand il était petit, et contrairement au malheureux Obélix, il a eu le droit de replonger dedans à chaque fois qu’il le voulait.
Curieux et polyvalent (auteur, compositeur, interprète, arrangeur, multi-instrumentiste, chanteur et j’en passe), la musique orientale figure parmi ses nombreux centres d’intérêt. Il l’a même étudiée au Conservatoire du Caire.

Fin’ bref, j’vais pas te faire tout son CV, mais celui-ci est impressionnant.

Ce morceau est un extrait de son troisième album de rock symphonique – nommé fort à propos Kashmir: the Symphonic Led Zeppelin.

Si tu apprécies sa version de Kashmir, tu peux écouter sa version de Stairway to Heaven, extraite du même album.


Encore du Led Zep’


Oh ben voui. Ayant évoqué le cinéma (voir le chapitre 3 avec Schoolly D en mode gangsta du sample) avec le film Bad Lieutenant, le prochain article portera précisément sur les chansons de Led Zeppelin au cinéma. Enfin surtout sur une en particulier. Un genre de berceuse viking.

J’veux dire que ça sera le sujet du prochain article, pas que je vais t’en parler de suite là maintenant à brule pourpoint.


Bisous mes chéris 🙂

Olivier


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Crédits :

Illustration principale : Image par Roger Sexton de Pixabay
Musique et vidéos : Youtube et les ayants droit
Les sociétés, personnages et marques cités demeurent l’entière propriété de leurs détenteurs respectifs
Texte de la chanson « Kashmir » | Auteur : Robert Plant


Sources documentaires :

Wikipedia



Auteur de l’article :

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