Jack Talking de Dave Stewart & The Spiritual Cowboys

Jack Talking de Dave Stewart & The Spiritual Cowboys

17 février 2023 0 Par Olivier - Ride Your Life
Temps de lecture estimé : 7 minutes
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Mais bon sang, mais c’est bien sûr…
C’est en écrivant l’article consacré à la chanson « This City Never Sleeps » de Eurythmics, et tout particulièrement en proposant le duo de Dave Stewart & Candy Dulfer que je me suis remémoré un bien agréable souvenir : le premier extrait du premier (aussi) album d’un groupe nouvellement formé : Dave Stewart & The Spiritual Cowboys, et la chanson du jour s’appelle « Jack Talking ».

Même que j’avais acheté le CD 2 titres. CD qui a du être zigouillé par ces serial-killers de CD que sont les auto-radios.

Et j’en profite pour te dresser un panorama sélectif de l’année 1990. Puisque le titre est de 1990, donc.


SOMMAIRE :


1- La Chanson

2- Le contexte

3- De quoi qu’ça cause ?

En Savoir Plus >>

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1- La Chanson


– Source : Youtube | Dave Stewart & The Spritual Cowboys / Jack Talking (live @ Rockpalast) –

2- Le contexte et la formation du groupe


Nous sommes en 1990. Année charnière s’il en est.
Le monde va mal.

Les USA, en mal d’ennemis (ils ont eu les « cocos » européens) ouvrent un nouveau front au Moyen-Orient : c’est décidé, l’industrie militaire ne va pas crever comme ça, le programme de développement du chasseur-bombardier furtif F-117 a coûté une blinde, celui du char M1 Abrams aussi, alors autant se payer un salon de l’armement bien rentable. C’est l’Irak qui a gagné/perdu au tirage au sort. Ils récidiveront avec le même pays en 2003, pour une histoire de fiole de talc.

En Grande-Bretagne, la dame de fer va achever son 27ème mandat consécutif et faire de son pays le premier à emboiter le pas des USA dans sa nouvelle lutte pour la démocratie à coups de canon.

Au Canada, Jean Leloup chronique l’année – même que la chanson s’appelle « 1990 », pas moyen de se tromper sur la marchandise – de manière bien rigolote et, ne nous mentons pas, parfois grivoise (le coup du porte-avion, petit gredin…).
Un extrait du texte : « Les morts qui seront faits là-bas [en Irak] / seront en bonne santé je crois ».

Allez, puisque tu insistes, lecteur chéri :

– Source : Youtube | Jean Leloup / 1990 –

En Europe – continentale – ton serviteur se fait offrir un séjour non linguistique mais sportif en Allemagne, peu après la chute du mur de Berlin (c’est pas moi, promis, j’ai toujours été contre le vandalisme) – tous frais payés par l’état, nourri (mal), logé, blanchi (plutôt verdi, pour être exact, mais sans Giuseppe) et même payé (enfin indemnisé, pour être précis, une fois encore) : 500 Francs + 30 Marks par mois, jusqu’à l’obtention du grade stratosphérique de brigadier-chef, et là ça passe à 900 boules par mois + encore les 30 DM.
La population de mon pays d’accueil va passer de +/- 62,7 millions à environ 79 millions d’habitants, ce qui, si mes calculs sont bons, doit représenter environ 40 millions de femmes. Tu retires les mineures, les vieilles… vénérables, ça doit faire dans les 20 millions de femmes en zone cible.
En outre, je fais des trucs de ouf : je tire au Famas, au canon de 105 mm, au canon-mitrailleur de 20 mm, fais de la plongée bouteille en piscine et dans une eau chelou au camp d’entrainement de La Valbonne, je franchis le Rhin, sous l’eau (alors que sans vouloir pinailler, il y a un pont à même pas 1 kilomètre), je vais en manœuvre à Stetten – AKA « la petite Sibérie », je dors à la belle étoile en Forêt Noire et survis aux rations militaires ainsi qu’à un capitaine retors (et, ne nous mentons pas, franchement con comme un balais). J’évite les coups de boule de mon pote Richard le manouche (heureusement), un super mec (mais parfois un peu nerveux).
C’est trop pour un seul homme, français, fiancé et fidèle, qui plus est.

Je rentre épuisé, mais le devoir accompli (je parle du service national, pas des 20 millions d’Allemandes, j’suis pas Superman non plus), avec dans mon sac mon barracuda (un insigne, pas le dangereux poisson avec des dents acérées), ma fourragère et la médaille de bronze de la Défense Nationale. « Parce que t’es le suce-boules du lieutenant » m’avait lancé un collègue jaloux.
Ouais, j’suis devenu un bonhomme, la promesse du service militaire a été tenue.

Et pour couronner le tout – oui, j’y viens – le groupe Eurythmics annonce une pause pour une durée indéterminée. La belle Annie manifeste des velléités d’entamer une carrière solo.
De plus, le groupe susnommé vient d’essuyer un échec commercial relatif (qui satisferait bien des artistes, mais là nous parlons de THE Eurythmics) avec son album « We Too are One ».

Trop, c’est trop.


Dave (Stewart, pas not’ Dave national), en bon coquinou, avait tout de même senti le coup et sorti un duo instrumental avec la belle Candy Dulfer, dès 1989.
Là, je me suis tout de même inquiété en me disant « zut alors, Dave ne chante pô. P’t’être même qu’il sait pô chanter ».
Mécréant (mais surtout inquiet et étourdi) que j’étais…, si, il avait déjà commencé à pousser la chansonnette, précisément et officiellement au sein de l’album « We Too are One ». Et puis il chantait parfois avec Annie en concert, notamment sur « The Miracle of Love ».

– Source : Youtube | Eurythmics / The Miracle of Love (live @ Sidney / 1987) –

Dave et ses cowboys spirituels

Donc, après le miracle de l’amour (version Eurythmics, pas version Jean-Luc Azoulay, au cas où je serais en train de t’égarer), v’là qu’en 1990 le Dave m’apporte une grande joie : il monte un nouveau groupe – Dave Stewart & The Spiritual Cowboys. Et il y chante.
Youpi.

Le line-up est fort sympathique : Dave, bien entendu, à la guitare et au chant, Chris Bostock à la basse (il a notamment joué avec The Style Council), Jonathan Perkins AKA Wild Mondo (aux claviers), la charmante Nan Vernon à la guitare et aux chœurs (sacré Dave, tu as décidément bon goût en matière de dames), John Turnbull (à la guitare eurythmique rythmique) – qui a joué notamment avec Paul Young et Talk Talk, également membre (encore de nos jours) des Blockeads, le groupe fondé par Ian Dury, Olle Romo à la batterie et Martin Chambers (ancien et membre fondateur de The Pretenders, la bande à Basile Chrissie Hynde), également à la batterie, parce que les cowboys spirituels, ils jouaient avec 2 batteurs qui partageaient la même batterie sur scène, c’est comme ça et picétou.

Fin’ bref, ce line-up est tout de même super excitant, avec des membres qui ont un joli CV, et le résultat, c’est un super groupe qui tournait bien rond.

Le groupe a tourné – bien rond, donc – durant deux belles zannées, sorti deux albums et puis s’en est allé.
T’sais c’que c’est, « les feuilles mortes se ramassent à la pelle » toussa toussa.

Finalement, si Dave est un papillon amoureux et musical, son grand amour, ça reste Annie Lennox.
Et comme je le comprends, en fait.


Ci-contre, une photo du Dave avec un joli chapeau haut-de-forme.

« Jack Talking » de Dave Stewart & The Spiritual Cowboys.
– Source : Wikipedia / Eva Rinaldi, CC BY-SA 2.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0, via Wikimedia Commons –

3- De quoi qu’ça cause, « Jack Talking » ?


De Jack Nicholson !

C’est keski est écrit sur le site Ultimate Eurythmics Archives (voir « En Savoir Plus » et la zone de crédits en bas d’article).

Je cite : « The song itself was conceived by Dave Stewart after a phone call with Hollywood star Jack Nicholson who is a personal friend of Dave Stewart and Annie Lennox ».

Le texte commence en fanfare et donne le ton (ironique et très second degré) :

« Jack talking, this is Jack talking / He said I’m coming to London / I’m sick and tired of the sun / He said I’m coming to London / I’m gonna have some fun »

« Ici Jack, c’est Jack qui parle / Il a dit « Je viens à Londres » / J’en ai marre du soleil (de la Californie) / Il dit « J’arrive à Londres, je vais m’éclater » »
Personne ne quitte volontairement la Californie pour aller en Angleterre. Soyons sérieux. Jack est cinglé, c’est clair.

Ce texte est bourré de références cinématographiques, par exemple le « There’s only love and hate time and fate », avec une référence au love / hate tatoué sur les doigts des 2 mains de Robert Mitchum dans « La Nuit du Chasseur ».
Il y a également une tournure volontairement erronée au niveau de la syntaxe « I says… » (« Je diT »… si ça ne te choque pas, file au coin), qui est finalement raccord avec la narration, qui jongle entre la première et la troisième personne, et va de « he’s such a fool » (« il est complètement cinglé » – ptit clin d’œil à « Vol au-dessus d’un nid de coucou » ?) à « He’s divine » ou encore « We better listen to that man / Because he knows things well we don’t understand » | « Nous ferions mieux de l’écouter / Parce qu’il sait des choses que nous ne comprenons pas ».

Texte bien fichu (teinté d’humour so british), ma foi, et au niveau musical, c’est simplement jouissif.


Voilà (presque) toute l’histoire de la chanson, version RYL, sous réserve de fact-checking par les autorités zappropriées zé compétentes, et donc valide jusqu’à nouvel ordre.
Sache cependant que d’après mes estimations, 57% à 74% du contenu de cet article est historiquement (et bien entendu factuellement) vérifiable & vérifié (par mes soins).

La prochaine chanson à passer sur le grill de Songs From the Attic : ça cause de rupture, d’aéroport mais j’peux pas t’en dire plus.


Bisous mes chéris 🙂

Olivier



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Illustration principale : Image par Picography de Pixabay
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Extraits du texte de la chanson « Jack Talking » | Texte & musique de Dave Stewart & Jonathan Perkins. Les décors ne sont pas de Roger Harth et les costumes ne sont pas de Donald Cardwell


Sources documentaires :

Wikipedia
Ultimate Eurythmics Archives / https://eurythmics-ultimate.com/2014/08/24-years-ago-today-dave-stewart-the-spiritual-cowboys-released-their-single-jack-talking-6th-august-1990/

https://books.openedition.org/psn/4903?lang=fr (pour la population des 2 Allemagnes et le total, ce qui m’a évite un calcul fastidieux – merci les zamis)


Notes rédactionnelles & mises à jour :

Article mis à jour le 13/03/2023 (ALPC).


SÉLECTION MUSIQUE :


AUTEUR(S) DE L’ARTICLE :

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