Contribuable | Étymologies | Épisode 1

Contribuable | Étymologies | Épisode 1

1 avril 2021 1 Par Olivier - Ride Your Life
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Contribuable | Étymologie : voilà l’histoire presque véridique de l’étymologie de ce mot.


Certains pseudo-historiens ont dit quasiment tout et n’importe quoi concernant l’Histoire de France, et notamment la période qui a précédé la révolution française. Et celle qui l’a suivie.

Il est temps de rétablir certaines choses, forts de nombreux témoignages vidéos de l’époque longtemps tenus secrets, mais auxquels nous avons eu accès grâce à un ami vénal travaillant au sein d’une division occulte d’un célèbre institut audiovisuel français.


Les faits générateurs prennent place durant un conseil des ministres de Louis XVI et demi. Première rectification historique : Louis XVI, l’original, est en fait parti au Bahamas en 1879, à l’âge de 25 ans, en raison de lourdes difficultés conjugales ; il a été rapporté que son mariage avec Marie-Antoinette ne fut pas consommé durant 7 ans. En fait il ne le fut jamais, et Louis XVI, le vrai, embarrassé par de lourdes réformes très difficiles à mettre en place en raison d’importants lobbys (producteurs de sel, noblesse, clergé etc…) et sa vie sexuelle désastreuse partit donc loin de tous ces tracas, avec l’une des servantes du Palais, une fort jolie jeune fille de 19 ans (la morale est sauve), d’origine Thaïlandaise. Son pays d’origine ne s’appelait pas encore « Thaïlande » à l’époque, mais elle en venait bien de là-bas, pourtant.

Revenons à sa doublure, Louis XVI et demi. Un sosie parfait du brave Louis XVI, qui, fait étonnant, trouva grâce auprès de la Marie-Antoinette. On ne discute pas de l’alchimie entre les êtres, cela nous échappe bien souvent.

Donc : conseil des ministres de Louis XVI et demi. Séance extraordinaire dont l’objet est de trouver une solution à l’état piteux des finances (ça n’est donc – hélas – pas nouveau) du royaume (le nom a changé, mais pas le problème).

Le système fiscal est obscur. Abscons disent certains : « Notre système fiscal est abscons comme mes pieds », pouvait-on ainsi souvent entendre. Parce que je vous l’apprends (si si), si notre système fiscal actuel vous semble complexe, sachez que le système fiscal de l’époque n’était pas mal non plus. Pas moins de 3 fiscalités existaient : fiscalité royale, fiscalité de l’église et fiscalité seigneuriale. Avec chacune ses subtilités…

Bref, d’une part on ne racle pas assez de pognon, d’autre part personne n’y comprend rien (ça non plus ça n’a pas beaucoup changé…). Mais là, un des conseillers de Louis XVI et demi lance une idée géniale :

« Mais, Sire, et si nous réformions tout cela ? »

Je me dois de modérer le terme « idée géniale », parce que d’une part dire qu’il faut réformer ce qui ne va pas, c’est disons juste raisonnable, et d’autre part ce couillon n’a rien proposé.

Cela dit, notre Louis XVI et demi est homme de réflexion. Il se tape déjà une autrichienne cyclothymique à la maison, alors les problèmes il connait.

Il interroge alors son homme de confiance, toujours présent à l’occasion du conseil des ministres (Louis XVI et demi est roi, je vous le rappelle. Il invite qui il veut à ses soirées privées et réunions étatiques).

L’homme est malin et lui dit :

« Sire, tout cela est un problème d’assiette (fiscale). Mettons une assiette plus grande, enrobons le tout de calculs un peu foireux, et changeons donc quelques terminologies de ci de là. »

 « Pourquoi pas mon brave Jacques. Mais tout de même, le peuple va y comprendre quelque chose et voir l’entourloupe… »

« Sire, n’ayez crainte, le peuple est ignorant de la réalité de ces choses ; il se fie aux médias, et aux hommes politiques. Tout cela étant sous notre contrôle, le risque d’éveil est nul, sauf à avoir des opposants, qui une fois au pouvoir feraient de toute façon la même chose et seraient tenus au secret par le partage d’intérêts communs. Vous pensez bien que si il en était autrement, ça se saurait. »

« Vous avez sans doute raison, mon bon Jacques. Continuez. »

« Merci Sire. L’idée est simple. Nous pouvons soit réduire les dépenses, soit augmenter les recettes. Réduire les dépenses, c’est inepte. Nous ne nous faisons pas suer chaque semaine au conseil des ministres pour voir notre train de vie diminuer. Par ailleurs, vous savez que nous sommes tenus par nos partenaires sociaux tels que le clergé, la noblesse, le syndicat des transports, et j’en passe et des pires. Imaginez donc une réforme trop brutale ; certains nous bloqueraient les églises, d’autres nous couperaient les routes, et ça serait la guerre civile ou le chaos. Donc pas le choix : on fait payer un plus gros tribut à tous ces cons, mais nous noyons le tout avec quelques artifices de l’ordre du maquillage, en créant quelques aides. »

« Jacques, vous êtes brillant. De plus, vos mots m’amusent. Les cons qui payent un tribut, c’est fort drôle ! Ce seront des cons tributables. Quoi que ceci n’est pas très euphonique. Je préfère dire des cons tribuables. »

Un vote fut soumis. Par un résultat de 2 votes pour, 1 vote contre (y a toujours un type qui veut se faire remarquer) et une dizaine de ronflements (les Jacques de l’époque étaient bavards et assommants), le projet de réforme fut accepté par suffrage absolu, la voix du Roi et de son conseiller ayant valeur de majorité absolue. Sinon franchement, à quoi bon être roi. Ou même président.

La réforme fut mise en place à grands coups de cosmétique, et le sort du peuple ne s’améliora pas. Le déficit public non plus. N’empêche, ils ont pu gratter un peu plus de pognon, le roi et sa bande d’artistes.


Quelques années seulement après ces faits, des grosses manifestations ouvrières – consécutives à une opération étrangère sous faux drapeau – aboutirent à la « Révolution Française ».

Là encore, nous avons à faire à de véritables pros du marketing.


La scène prend place dans un lieu aujourd’hui oublié de tous ou presque, le Palais de la Marqueterie. Les chefs de la révolution y ont établi leur conseil stratégique (le terme de « marketing » vient donc en fait de la marqueterie et de ce fameux palais. Encore une révélation). Nous ne sommes pas très loin de ce qui est devenu la rue de Solferino. Je ne sais pas trop pourquoi je pense à cela. Passons.

Les dirigeants de l’époque étaient toujours d’aussi mauvais financiers, la ruine guettait la France.

Cela dit, le peuple étant occupé à s’entretuer, nos braves révolutionnaires ont un peu de temps devant eux pour s’occuper de réformes ne visant pas à rétablir les finances, mais plutôt à endormir l’opinion.

La fine équipe visionne la vidéo du conseil des ministres de Louis VXI et demi, dont nous vous avons révélé le contenu plus haut, et met le doigt sur le fait que si le bon peuple prend connaissance de l’expression « con tribuable », ça va encore valser dans les paniers de la guillotine, et que cela pourrait être compromettant pour leur propre santé, puisque maintenant ils sont aux affaires.

L’un d’entre eux, Jacques Ce-Garsla, imagine alors une réforme tenant plus de la sémantique que du reste :

« Bon, moi j’aime bien cette idée de con tribuable. Après, je suis d’accord, ça va choquer si ça se sait. Cependant, avec un petit tour de main, je vous fiche mon billet que ça peut passer crème »

« Nous n’avons qu’à dire contribuable, inventer une étymologie bidon, et utiliser désormais ce terme afin de désigner le racket de tous ces couillons. »

L’assistance reste muette un temps, ébahie par tant de génie et d’audace conjugués.

La motion est acceptée à l’unanimité (la vraie : tous les gens ayant voté pour et n’ayant pas été guillotinés par la suite ont voté « pour »). L’un d’entre eux s’exclama même :

« Ce Jacques Ce-Garsla, il sait s’y prendre pour faire bonne publicité. »

C’est pas faux.


Pour ceux d’entre vous qui s’intéresseraient au sort du vrai Louis XVI, sachez qu’il termina paisiblement sa vie aux Bahamas, et y fonda de nombreuses banques devenues célèbres depuis.


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– Source : Image par Lisa Larsen de Pixabay

Et eu de beaux enfants avec sa jolie compagne.


Voilà qui est fait pour ce qui concerne l’étymologie du mot Contribuable.

La prochaine à passer sur le gril : l’étymologie de l’expression « Muet comme une Carpe ».


Les Étymologies Saugrenues de RYL





Crédits :
Illustration Principale : Image par dagmarbendel de Pixabay

Aucun contribuable n’a été taxé par mes soins à l’occasion de la rédaction de cette étymologie


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