Un Batteur n’est pas un Métronome

Un Batteur n’est pas un Métronome

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Ou : un Batteur ne doit surtout pas être réduit à cela.
Pourtant…

Sinon, il est très joli ce métronome vintage.


Salut les loulous,

Je vais vous parler aujourd’hui d’un instrumentiste assez emblématique de la musique Rock -et pas que – à savoir : le Batteur.
Celui qui tient les baguettes – ou les balais (surtout utilisés dans le Jazz) et poutre avec plus ou moins de délicatesse des futs et cymbales.


Celui qui utilise ceci, donc :

Batterie - L'instrument de musique, pas le batteur ménager.
– Source : Image par F. Muhammad de Pixabay – Une batterie, l’instrument de musique –

Pas le batteur électroménager :

Cette fois là, par contre, il s'agit bien d'un batteur ménager
– Source : Image par Jean-Paul Jandrain de Pixabay – Un batteur ménager –

Donc, un Batteur ne doit surtout pas être juste un Métronome


Pourquoi kejdiça ?

Parce que dans certains morceaux de musique et/ou formations musicales, le batteur semble manifestement avoir été utilisé comme tel.

Et c’est chiantissime à entendre. Et probablement chiantissime à vivre.


Mais alors qu’est-ce qu’un bon batteur ?


La différence entre le bon batteur et le mauvais batteur ?

Alors tu as le mauvais batteur, tu vois.
C’est un gars – ou une gazette – qui voit une batterie, qui s’approche d’elle, puis qui s’installe ; il utilise des baguettes et se met à taper sur des futs et des cymbales.
Ça, c’est le mauvais batteur.


Puis il y a le bon batteur, tu vois.
C’est un gars – ou une gazette – qui voit une batterie, qui s’approche d’elle, puis qui s’installe ; il utilise des baguettes et se met à taper sur des futs et des cymbales.
Ça, c’est le bon batteur.

– Merci aux Inconnus :p –


But seriously?

Voui, ceci est une allusion super subtile à Phil Collins.

Plus sérieusement, je ne m’intéresse pas spécifiquement à la qualité technique du batteur.
Déjà parce que je ne suis pas suffisamment qualifié pour en parler proprement.

A mon sens, la véritable question est :

Qu’est-ce que la bonne utilisation d’un batteur ?

La bonne utilisation d’un batteur, je vais plutôt la définir par exclusion.

La bonne utilisation d’un batteur, c’est de ne surtout pas le réduire à une fonction de métronome, c’est à dire de musicien dont le seul rôle est de donner le tempo.
Sinon autant prendre une boîte à rythme, ou jouer au clic avec un casque.
[Note pour moi-même : à l’époque des « zipodes » et des casques haute qualité, je me demande si c’est une bonne idée de suggérer cela…]

Bien entendu que la fonction rythmique du batteur est essentielle.
Encore faut-il qu’il y ait dans la structure du morceau des variations rythmiques, sinon je ne vois pas bien comment il pourrait en placer. Des variations.


Si tout cela semble abscons (comme un balais)


Je ne vais pas balancer des exemples de mauvaise utilisation du batteur / de la batterie.

D’une part parce que d’une manière générale, j’évite d’être désagréable (ok, j’ai mes têtes, parfois je taquine un brin, mais mes victimes ne ménageant pas les autres, m’en branle. Z’avaient qu’à réfléchir avant d’être infects).
D’autres part, parce que cela m’attirerait probablement les foudres de certains fans des musiciens concernés :p
Sans compter les musiciens du dimanche – ou mêmes des pros – qui viendraient me dire « mais t’es qui pour dire ça, t’es pas musicien toi ».

Je vais donc proposer quelques exemples de ce que je trouve être la bonne utilisation d’un batteur.


Mon batteur chouchou


Je pense que vous connaissez le groupe Blondie. Oui, ce groupe précurseur du genre pop-punk avec une chanteuse – la formidable Debbie Harry – qui a dû faire fantasmer environ 95% des mâles hétérosexuels de ma génération.

Ce groupe est aussi un rassemblement de très bons musiciens.
Dont l’un qui est mon batteur fétiche : Clem Burke.
Un monstre technique et un batteur qui a su imposer ses vues, ou qui est tombé sur des musiciens qui ont tout compris. Je penche pour un mélange des 2.

Un exemple, à mon sens très révélateur.


Blondie – Dreaming :

– Source : Youtube – Blondie / Dreaming –

Je reviendrai plus longuement – à l’occasion d’un autre billet – sur le groupe Blondie, mais je m’attarde un moment sur Clem Burke.

Oui, Clem Burke est un monstre technique, mais pas que.

Ses références sont – notamment – Keith Moon, un autre batteur légendaire, et Ringo Starr, un batteur pas forcément ultra technique (attention, je n’écris pas « pas bon », loin de là) mais qui a su imprimer les morceaux des Beatles de sa marque.


Clem Burke : le batteur de Blondie, une référence dans son domaine
– Source : shiver_shi [CC BY-SA 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)] –

Clem Burke, batteur historique du groupe Blondie.


Clem a une capacité à délivrer un jeu parfois brutal – dans le bon sens du terme, dans le contexte de la batterie – ET subtil.
Une grosse puissance, une cadence élevée – je ne suis pas du tout expert, mais je pense que Dreaming tourne facilement à 160/180 BpM.
Et à mon avis, ça « blaste » pas mal, à côté de lui.

Il est tellement important dans le jeu de Blondie qu’il est souvent placé à côté des autres (et non pas derrière, genre le cousin dugland que l’on tente de cacher lors de la photo de mariage) ou au minimum sur une estrade. Je ne dis pas que ce point-là est unique, juste qu’il est révélateur.

Je passe à un autre exemple.


Phil Collins – In the Air Tonight :

– Source : Youtube – Phil Collins / In the Air Tonight –

Alors oui, Phil Collins est au départ un batteur. Un très, très bon batteur.
Ce morceau étant l’une de ses compositions (chanson tirée de l’album Face Value), forcément, il ne s’est pas auto-flagellé en se donnant le rôle de faire-valoir rythmique caché derrière un rideau.


Phil Collins : batteur de Genesis, et chanteur du groupe depuis le départ de Peter Gabriel
– Source : « Paris, Grevin Wax Museum » by wattallan594 is licensed under CC BY-NC 2.0

Phil Collins à la batterie.


Outre le fait que ce morceau plait bien à mes oreilles de gourmet, je pense que ce qu’attend le public en concert, lorsqu’il interprète In the Air Tonight, c’est le solo de batterie.
J’en veux pour preuve, dans cette vidéo, la clameur du public qui commence à 5m 20s.
« Putain trop d’la balle, il va pécho les baguettes et envoyer la sauce, je vais jouir des oreilles ».

J’écris cela parce que l’un des éléments que j’apprécie dans la musique, c’est une espèce de libération pour ainsi dire orgasmique. Au bon moment. Avec le bon tempo, koa.

Il y a de très nombreux exemples pour illustrer mon propos ; je me limite à 2 pour ce billet, et ne doute pas du fait que vous avez aussi les vôtres.


Tu es Batteur dans un groupe et…


… cela fait longtemps que tu trouves que tu te fais chier à un niveau sidéral, ou encore la lecture de ce billet vient d’allumer en toi la mèche de la révolution à venir.
Voire tu te dis « Putain j’en ai marre, je vais leur fourrer mes baguettes dans le rectum et claquer la porte ».

Tout d’abord, sauf urgence vitale, je désapprouve toute forme de violence.
Il y a d’autres manières de résoudre un conflit, ou une situation délicate. Nettement moins violentes, et bien plus hygiéniques.

Je t’ai tutoyé parce que je te parle comme l’on parle à un proche, ou à quelqu’un qui se trouve en situation d’urgence.

Pour la suite, je vais revenir à un niveau de distance plus convenable, et cela n’entache en rien toute mon affection pour toi / vous :p


Avant de claquer la porte…

… et donc sans avoir fourré vos baguettes dans le rectum de vos partenaires de jeu.

Discutez-en.

Si vous avez l’impression d’être utilisé comme un métronome, il peut y avoir de nombreuses raisons à cela. Je passe sur le cas qui consisterait à ce que vous vous déguisiez en métronome, bien entendu.


Quelques raisons envisageables


1- Vous et vos camarades jouez principalement des compositions personnelles, et personne ne vous demande votre avis dans le process.

Solution : proposez votre avis.

Bonus : les morceaux que vous jouez s’en trouveront sans doute bonifiés par le fait que cela induira des compositions plus structurées.


2- Vous et vos camarades interprétez essentiellement des reprises de morceaux existants.

Solution : réécoutez bien les versions originales. Si vous les trouvez aussi chiantes, proposez d’en modifier la structure. Faire un cover, c’est une chose ; cloner un morceau chiant (à cet égard), c’est peut-être une mauvaise idée.

Bonus : vous étendrez peut-être le répertoire de votre groupe, ou marquerez bien mieux votre appropriation des morceaux.


3- Les gens avec lesquels vous jouez n’en ont rien à cirer de votre avis.
D’ailleurs, ils vous font souvent jouer près des WC ou derrière un rideau.

Solution : quittez ces rustres, et allez trouver un autre groupe.

Bonus : vous quitterez des gens qui ne vous veulent pas de bien.


Je dis cela pour vous, parce que je trouve dommage pour un musicien (et une personne en général) – quel que soit son niveau et son instrument – d’être mal considéré.


La zebi les loulous Ride Your Lifers 🙂


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Crédits :
Illustration principale : Image par Mark Schaefer de Pixabay
Crédits vidéo et musique : Youtube et les ayants-droit

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